Une charte contre le bizutage pour éviter les drames lors des week-ends d'intégration

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FÊTES À RISQUE - Un an après la mort d'un étudiant aux cours d'un week-end d'intégration en Bretagne, une charte et une campagne d'information sont lancées ce mercredi par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal. Objectif : non pas interdire, mais obliger les étudiants à encadrer ces moments festifs à risque.

Ils sont les lieux de fête, de "tradition" mais aussi, parfois, camouflent bizutage, dérapage et humiliation. Les week-ends d'intégration battent leur plein en cette période de rentrée étudiante.  Frédérique Vidal ambitionne de mieux encadrer ces rendez-vous estudiantins, plus connus sous le raccourci WEI. La ministre de l'Enseignement supérieur va réunir ce mercredi 10 octobre les représentants des associations étudiantes et des responsables d’universités pour signer une charte relative à l'organisation de ces événements festifs. 

Le nombre de litres d'alcool connu à l'avance

La signature de cette charte survient un an tout juste après la mort de David Marret. Cet étudiant de la faculté dentaire de Rennes avait été retrouvé mort dans sa tente en octobre 2017 lors d’un WEI particulièrement alcoolisé. Il avait alors près de 3,7g d'alcool dans le sang. Aujourd’hui son frère, Sébastien, veut alerter sur la dangerosité de ces événements. Il s'engage pour "rendre hommage à [son] frère". "Si sa mort peut permettre une prise de conscience collective de l'ensemble du milieu étudiant, et si sa mort peut servir à quelque-chose, alors, on aura réussi" a-t-il ainsi témoigné pour LCI. 

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FRERE VICTIME BIZUTAGE

Pour réduire les risques, Sébastien demande donc un strict contrôle de l'alcool emmené lors de ces événements et la présence d'un service de santé. Selon lui, "le gain d'argent lié à la réduction d'alcool pourrait servir à financer une présence médicale sur place." Une piste reprise par la ministre. Frédérique Vidal demande aux représentants étudiants de jouer la carte de la transparence. Ils devront notamment renseigner le nombre de litres d'alcool prévus lors du week-end. Mais aussi détailler les programmes des journées, les budgets alloués à chaque activité et les "risques accidentels liés au lieu".  De quoi donner des pistes de travail aux associations qui, selon la ministre de l'Enseignement supérieur  "n’ont pas vraiment toutes les clefs pour organiser des événements responsables et manquent de formation".

Un guide pratique distribué

Des clés de compréhension que les étudiants ont pu d’ores et déjà découvrir en cette rentrée. Un guide pratique a été distribué, comme chaque année, aux responsables des week-ends d'intégration. Réalisé en partenariat avec  le Comité National Contre le Bizutage (CNCB), il rappelle notamment que le bizutage est un délit. Ainsi, si l’événement  en tant que tel n’est pas illégal, certaines activités peuvent l’être. Comme le fait d’amener une personne à commettre des actes humiliants ou à consommer une quantité trop importante d’alcool. 

Il y a une volonté de mobilisation massiveMarie-France Henry, présidente du CNCB

La Présidente du CNCB, Marie-France Henry, salue l’initiative. "Il y a clairement une volonté de prise de conscience  et de mobilisation massive", explique-t-elle à LCI. Elle salue la volonté de mettre tous les acteurs concernés autour de la table : "Tout le monde doit s’engager pour éradiquer ce problème. 

Tout le monde ça veut dire aussi bien les organisateurs des événements que  les chefs d’établissements." Car il faut le rappeler: les directeurs d’école ou d’université sont garants de ces événements, qu’importe s’ils se déroulent dans l’enceinte ou non du lieu d’études.

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