Faillite de Thomas Cook : quelle est l'activité du voyagiste en France ?

Social

EFFET DOMINO - Lourdement endetté, le groupe britannique Thomas Cook a annoncé sa faillite ce lundi. Cette annonce, au-delà des réservations à venir, impacte 9842 touristes français actuellement en vacances. L'incertitude demeure sur la question de la sauvegarde des emplois dans les plus de 400 agences du territoire.

Thomas Cook va mettre la clé sur la porte. Le plus ancien voyagiste du monde, créé en 1841, s'est déclaré lundi 23 septembre en faillite après avoir échoué au cours du week-end à trouver les fonds nécessaires (200 millions de livres soit 227 millions d'euros) pour sa survie. Placé en "liquidation judiciaire avec effet immédiat", le groupe britannique, à la fois tour-opérateur et compagnie aérienne, laisse sur le carreau ses quelque 600.000 clients en vacances et 22.000 salariés dans le monde.

En France, "c'est avec une grande tristesse que nous avons appris que le Groupe Thomas Cook s'est déclaré cette nuit en insolvabilité au Royaume-Uni", a déclaré la filiale française du pionnier du voyager moderne dans un communiqué diffusé depuis Paris. Avant d'ajouter : "Même si ce n'est pas sans conséquence pour la France, la situation du Groupe Thomas Cook n'entraîne cependant pas l'insolvabilité immédiate de Thomas Cook France, dont l'avenir reste conditionné à certains paramètres et différentes mesures conformément à ce que prévoit strictement la loi française dans un tel contexte."

Le casse-tête pour les voyageurs français

Selon les chiffres communiqués par Thomas Cook France, 9842 de ses clients français se trouvent actuellement en vacances. Sur RTL, Jean-Claude Mas, président des Entreprises du Voyage, organisation professionnelle représentant les entreprises du voyage et du tourisme, a estimé à environ 80.000 le nombre de personnes ayant réservé des voyages à venir.

Un numéro d'urgence (01.45.05.40.81) a été mis en place pour les voyageurs déjà en villégiature afin de les renseigner. Le voyagiste explique qu'ils pourront ainsi le composer, s'ils rencontrent "des difficultés dans la poursuite de leur séjour ou pour leur retour en France." "Nous ferons le maximum pour assister nos clients, en lien étroit avec les différentes organisations professionnelles ainsi que le ministère des Affaires Étrangères", poursuit la filiale française. "À court terme, notre principale priorité est de veiller à limiter les désagréments et inquiétudes que cette situation ne manquera pas d'occasionner". 

Pour les voyageurs français qui ne sont pas encore partis, l'entreprise leur préconise de ne pas prendre le départ. "Il nous parait plus raisonnable de procéder ainsi, afin d'éviter davantage de difficultés", recommande Thomas Cook France. 

Voir aussi

Quoiqu'il en soit, un grand nombre de vacanciers devraient être protégés ou remboursés par une directive européenne du 11 décembre 2015, intitulée "Voyages à forfait". Celle-ci, valable et applicable en France, concerne tous les voyages organisés achetés dans l'Union européenne. Les touristes déjà en vacances pourront finir leur séjour puis rentrer normalement, affectés sur des vols d'autres compagnies. Pour les clients en attente d'un départ, elle prévoit le remboursement des acomptes versés. L'APST (Association professionnelle de solidarité du tourisme) va prendre contact avec eux pour les aider dans les démarches. 

Le tour-opérateur ajoute que les personnes ayant réservé leur séjour seront remboursés "si et lorsque Thomas Cook France se placera en cessation de paiements." Ce qui, au maximum, est une histoire "de jours", précise à l'AFP une source proche du dossier. Les autres passées par des distributeurs partenaires sont invités à s'en rapprocher pour plus de renseignements. 

Des agences impactées, d'autres épargnées

Si la faillite du groupe britannique impacte les voyageurs français, un effet de domino est attendu chez les salariés de la filiale française, qui aurait demandé aux agences de ne pas s'exprimer sur la situation. En France, l'entreprise compte 750 employés dans plus de 400 agences, dont environ 200 intégrées et le reste en franchisées, disséminées sur l'ensemble du territoire. 

Pour ce qui est des agences "propres", qui dépendent donc de Thomas Cook, il n'est pas possible pour l'heure d'évaluer les dommages collatéraux de la descente aux enfers de la maison-mère. Pour les franchisées, qui servent de distributeurs, l'impact devrait être moindre puisqu'elles sont indépendantes financièrement et judiciairement. De fait, elles ne sont pas directement concernées par cette faillite. Les structures ne devraient pas fermées et les emplois pourraient être pérennisés. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter