Philippe Martinez : la fermeture de l'usine Renault est "une décision de justice, pas de la CGT"

Philippe Martinez : la fermeture de l'usine Renault est "une décision de justice, pas de la CGT"
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REACTION - Invité d'Elizabeth Martichoux ce mercredi 13 mai, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez est notamment revenu sur la fermeture de l'usine Renault de Sandouville, fermée lundi 11 mai sur décision de justice en raison d'une protection jugée insuffisante contre le Covid-19.

Invité politique d'Elizabeth Martichoux mercredi 13 mai, Philippe Martinez a eu l'occasion de s'exprimer sur la fermeture de l'usine Renault de Sandouville. Saisi par la CGT parce que les élus du personnel n'avaient pas été consultés sur le protocole de réouverture de l'usine, le tribunal judiciaire du Havre a condamné jeudi 6 mai Renault "à suspendre la reprise de la production" à Sandouville, "cette reprise ne permettant pas d'assurer la santé et la sécurité des travailleurs de l'usine face au risque lié au Covid-19". "On a demandé à la direction de Renault de rediscuter du protocole de déconfinement" précise ce mercredi le patron de la CGT. En vue d'une réouverture prochaine ? "Cela dépend de la volonté de la direction de prendre en compte la décision de justice" affirme-t-il, rappelant que qu'il s'agissait "d'une décision de justice, pas de la CGT". 

Philippe Martinez pointe en revanche du doigt les griefs notamment le problème des vestiaires : "Mettre des flèches au sol ne suffit pas", assure-t-il. "Il faut veiller à respecter les distances. Il y a aussi la question de la restauration, même si le tribunal, sur ce point, ne nous a pas suivi. La CGT appelle à la reprise d'activité partout, à condition que la santé des salariés soient protégés" souligne-t-il.

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Pas de concessions sur le temps de travail

Philippe Martinez ajoute que la CGT dresse actuellement "la liste des les entreprises où il y a des problèmes d'emplois" : "Certains employeurs d'ailleurs profitent de cette période pour essayer d'appliquer des plans de restructuration qui n'ont rien à voir", s'inquiète-t-il. "Nous nous battons depuis des mois dans une usine, Luxfer, pour qu'elle rouvre, pour fournir les hôpitaux. Nous nous battons à Chapelle Darblay (...) On se bat pour l'emploi, même si ce qui compte aujourd'hui, c'est la santé".

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On l'aura donc compris : Philippe Martinez prône une reprise économique "progressive en veillant à la santé" : "Il faut discuter avec les syndicats, les salariés, prendre en compte les problèmes des transports, de l'école...". Sur ce sujet, la CGT serait-elle prête à négocier, à signer des accords d'entreprise pour maintenir l'emploi contre des concessions sur le temps de travail ? La réponse est non : "Reprendre l'activité, c'est remettre des gens au travail" mais cela ne signifie pas "qu'ils travaillent plus", explique-t-il, mettant en exergue les conséquences sur la santé des travailleurs, alors que le débat sur l'accroissement du temps de travail a été remis sur la table, d'abord par le Medef, puis par la droite : "Vous imaginez un peu travailler 60 heures par semaine sur une chaîne automobile ? Ceux qui proposent cette option devraient faire un stage en usine." 

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