"J'en ai marre de survivre" : le coup de gueule de l'éleveur de volailles qui fournit l'Elysée

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A BOUT - Eleveur dans l’Ain, Aloïs Gury interpelle directement le président de la République pour l’alerter sur sa situation. Alors que ses volailles de Bresse ont été servies aux plus grands chefs d’Etat le 11 novembre dernier, il assure ne gagner que 700 euros par mois…

Lors des cérémonies du centenaire de l’Armistice de la guerre 14-18 le 11 novembre dernier, les plus grands chefs d’Etat, de Donald Trump à Vladimir Poutine en passant par Angela Merkel, ont dégusté le fruit de son travail lors d’un repas à l’Elysée. Pourtant, lui ne gagne que 700 euros par mois. 


A 33 ans, il travaille seul et élève 16 000 volailles de Bresse chaque année. Mais depuis trois ans, il n’a pas trouvé son modèle économique et cumule les factures alors qu’il doit payer plus de 2000 euros de loyers et de crédits par mois. 

"C’est valorisant de savoir que ses volailles sont à l’Elysée, explique Aloïs Gury. Mais c’est aussi frustrant parce qu’on se dit qu’on travaille 80 heures par semaine et qu’on a parfois du mal à joindre les deux bouts, alors que les produits sont mis en grande pompe sur les tables. J’en ai marre de survivre."

Ma mère m’amène une cinquantaine d’euros de nourriture chaque semaine… Aloïs Gury, éleveur

Avouant ne pas pouvoir acheter lui-même toute la nourriture pour son foyer (il vit en couple, avec un enfant), Aloïs Gury doit faire face à une situation très compliquée : "Quand on va faire des courses, on va dans des magasins hard-discount, on essaie de trouver le moins cher ainsi que des promotions. Ma mère m’amène une cinquantaine d’euros de nourriture chaque semaine… Des relances, on en a parce qu’on a dépassé le délai de paiement. On reçoit aussi parfois des lettres d’huissier parce qu’on n’a pas répondu à une deuxième lettre de relance."

Arborant un gilet jaune, cet éleveur bressan y est également allé de sa petite vidéo sur les réseaux sociaux pour interpeller Emmanuel Macron. Emu aux larmes, il a prévenu : "Faîtes ce que vous voulez mais faîtes quelque chose parce que c’est en train de péter. On en a tous marre, tous. J’aimerais bien que vous donniez des solutions. J’attends votre réponse, monsieur Macron."

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