Gilets jaunes : 12 musiciens verbalisés à Caen pour un concert improvisé dans la zone interdite aux manifestations

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AMENDES - Ce samedi après-midi à Caen, un collectif de musiciens a été verbalisé par la police pour s'être produits dans une zone interdite aux manifestations.

Le concert a tourné court. Alors que la mobilisation des Gilets jaunes a rassemblé 22.300 personnes selon l'Intérieur - soit le plus faible niveau depuis le 17 novembre - ce samedi, un événement survenu à Caen a fait réagir plusieurs partisans du mouvement sur les réseaux sociaux : douze musiciens qui avaient tenté de braver l'interdiction de manifester dans le centre-ville de la cité normande ont été verbalisés, chacun, d'une amende de 135 euros. 1620 euros au total.


Tout a commencé à 11h, quand les membres du collectif "Le Chœur de l'Art Mais Rouge" ont entonné des "Macron y a le téléfon qui son", le tout en musique, place Bouchard, dans le périmètre interdit, avant de quitter les lieux à la demande des forces de l'ordre, a indiqué la préfecture du Calvados à France 3 Normandie

Sauf que deux heures plus tard, vers 13h, la même troupe va faire son retour rue Saint-Pierre, toujours dans le périmètre interdit, où elle a finalement été verbalisée pour "infraction à l'arrêté préfectoral interdisant les manifestations dans le périmètre" du centre-ville caennais.

Nous avons juste joué de la musique.Emmanuel Constant, membre du collectif, à Ouest-France.

Emmanuel Constant, membre du collectif, a raconté le déroulé des faits au quotidien Ouest-France : "On s'est installé dans le centre-ville à 11h du matin, on a chanté trois chansons, à la suite de quoi sont arrivées les forces de l'ordre. On a subi trois sommations, pour nous demander de sortir de la zone 'protégée'. Nous sommes sortis de cette zone dans un premier temps, et nous sommes revenus à la lisière de cette zone, à savoir à l'Eglise Saint-Pierre. Nous avons, à ce moment-là, joué un morceau, nous avons été encerclés par les forces de l'ordre, qui nous ont interpellés. Douze personnes, et nous avons tous 135 euros à payer."


"Nous n'avons absolument pas manifesté dans la zone interdite, nous avons juste joué de la musique. Ce que nous voulons faire valoir, c'est que nous avons utilisé comme mode d'action le fait de s'exprimer en musique, justement pour ne pas faire une manifestation et pour continuer de s'exprimer librement. Apparemment, cela ne fonctionne pas", a-t-il ajouté, précisant que le collectif allait être aidé "juridiquement pour contester cette amende de 135 euros que nous ne sommes évidemment pas en mesure de payer".

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