Lyon, Nantes ou Toulouse : un "acte 26" en région ce samedi, à quoi faut-il s'attendre ?

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CONTESTATION - Après un "acte 25" plus que décevant pour le mouvement des Gilets jaunes, qui a vécu sa plus faible mobilisation depuis le 17 novembre, les manifestants appellent pour ce samedi à quitter la capitale pour battre le pavé en région.

Pour une fois, l'Intérieur et le Nombre jaune tombent d'accord : le "25e acte" fut un échec. Pour le premier, les manifestants n'étaient que 18.900 dans les rues, quand le second, mis en place pour contredire les données de la place Beauvau, en décomptait 60.700. Dans les deux cas, ils représentent la plus faible mobilisation depuis le début de la contestation. Les Gilets jaunes appellent donc à un retour en force pour ce samedi 11 mai, et notamment dans les grandes villes en région. 


Objectif : éviter un nouveau dépeuplement des rues. Une désertification que Maxime Nicolle explique par la "répression" à laquelle doivent faire face les manifestants. "Beaucoup de personnes ont peur de se faire démonter la tronche, c’est normal", estimait le Breton dans un live publié le 5 mai. Un point sur lequel Eric Drouet tombe d'accord. Cette figure du mouvement évoquant même les "guet-apens" que sont devenues les manifestations déclarées. "C’est ce qui a démotivé beaucoup de personnes : on va dans un truc où le gouvernement à la main mise et fait ce qu’il veut de nous", déclarait-il face caméra ce lundi. 

Pour redonner de l'énergie aux troupes, les Gilets jaunes demandent donc un "acte 26 massif". Notamment sur la page "Cerveaux non disponibles", qui propose de "vivre la mobilisation via des contenus indépendants et alternatifs". "La faible mobilisation du samedi est perçue comme la preuve que c'est fini, enfin ! Sauf que non, loin de là", écrivent les créateurs de la page. Ajoutant que le meilleur argument est donc de se rassembler "massivement dans les rues (...)  pour préparer la suite d'un mouvement qui n'en finit pas de rebondir et de se renouveler." Mais pas à Paris. C'est donc essentiellement à Nantes, Toulouse et Lyon, que les cortèges défileront ce samedi. 

Manifestations à Lyon, Nantes, Strasbourg ou Toulouse

Sur les groupes Facebook, on appelle depuis plusieurs jours à un "acte 26" à Nantes. Événement auquel Maxime Nicolle a d'ores et déjà répondu présent "parce qu’apparemment ça motive les troupes". Outre celui qui s'est fait connaître sous le nom de Fly Rider, un groupe local de contestation tente lui aussi d'encourager les manifestants, et ce avec une vidéo galvanisante. En fond sonore, un puissant discours de l’Abbé Pierre contre les riches accompagne des images de répression policière. Et les titres de ce clip ne laissent aucun doute sur les intentions de ses créateurs. Vu plus de 77.000 fois en quatre jours, il appelle à se "soulever" contre "la violence des puissants" ou encore "l'arrogance du pouvoir". 


Un appel qui inquiète la préfecture de la Loire-Atlantique. Dans un communiqué, elle fait part de ses craintes. "Nous anticipons la venue de 500 membres de l’ultra gauche prêts à attaquer les forces de l’ordre et les symboles de notre société, et animés par un esprit de revanche", explique le préfet Claude d'Harcourt. 

Des inquiétudes partagées également du côté de Toulouse, l'un des bastion de la contestation. D'autant plus que c'est dans la Ville rose où un CRS a tiré la sonnette d'alarme ce jeudi. Il a confié auprès de nos confrères de France 3 avoir atteint un "point de rupture". "Il faut vraiment que cela s’arrête parce qu’on va tomber malade, il va y avoir des burn out, des situations familiales ingérables qui peuvent entraîner des suicides." Un message qui n'a pas été entendu, ou qui a été snobé, par les Gilets jaunes qui appellent à un "acte 26" pour la "fin du règne".


Cependant, l'événement le plus suivi dans les groupes Facebook est celui qui propose de se rassembler à Lyon contre "la privatisation des biens publics". Un "appel national", Place Bellecour, qui compte ce vendredi 1200 participants et 5200 intéressé(e)s. Si c'est moitié moins que pour le second "ultimatum" qui avait eu lieu dans la capitale, ce chiffre reste élevé pour la troisième ville de France. 

Un événement qui s'annonce donc d'ampleur. La préfecture du Rhône a réagi en interdisant quatre secteurs de la ville aux manifestants. 


Enfin, un rassemblement pourrait également avoir lieu à Strasbourg, certains appelant à un "contre-meeting" devant le Palais des congrès. Un lieu qui n'a pas été choisi au hasard : "Le parti de Macron, président des riches, vient ce samedi y faire sa propagande avec un meeting dans le cadre des élections européennes", écrivent ainsi les organisateur sur Facebook. En effet, c'est là que la tête de liste LaREM pour les Européennes, Nathalie Loiseau, doit se rendre. Elle sera accompagnée dans la capitale de l'Alsace par Edouard Philippe. La candidate avait déjà été la cible de moqueries et de sifflets lors d'un déplacement à Caen.

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