Gilets jaunes : la moitié des Français critique la couverture médiatique du mouvement, selon un sondage

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SONDAGE - Plus d'un Français sur deux juge que la couverture médiatique du mouvement des Gilets jaunes était mauvaise, selon un sondage ViaVoice publié sur France Info ce samedi. Les raisons de ce désaveu sont nombreuses et parfois contradictoires.

Entre insultes, attaques virulentes et parfois violences physiques, les journalistes sont au cœur des critiques depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. Un désaveu mis en lumière ce samedi 9 mars par un sondage réalisé par ViaVoice. Il dévoile que 53% des Français estiment que les médias ont mal couvert le mouvement des Gilets jaunes.

L'étude, réalisée pour les 12e Assises internationales du journalisme de Tours, a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française.  Elle permet de savoir comment les Français ont perçu la couverture des journalistes depuis le 17 novembre. 

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Plus d'un Français sur deux jugent que les médias ont mal couvert le mouvement

53% des sondés jugent que la couverture médiatique de cette crise inédite a été mauvaise. Au cœur des critiques : l’effacement de "certains aspects du mouvement" et le temps de parole divisé entre les Gilets jaunes, le gouvernement, l’opposition et les experts. 

Un ressenti très divisé par rapport à l'origine sociale des sondés. Ainsi, 35% d'entre eux, dont près de la moitié sont des d'employés ou ouvriers, estiment que le gouvernement et à la majorité présidentielle ont trop eu de temps de parole. À l'inverse, près de deux Français sur dix,  dont 28% de cadres et professions intellectuelles vivant en agglomération parisienne, auraient préféré que les Gilets jaunes soient moins interrogés. 

36% des Français interrogés se disent cependant satisfaits du travail des journalistes, estimant qu’ils ont bien couvert la contestation en montrant les différents aspects du mouvement et en partageant équitablement la parole. 

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Le sondage, réalisé en partenariat avec France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et le JDD permet également de dégager les critiques les plus récurrentes. Une large majorité des sondés (77%) déplore ainsi que "les médias privilégient toujours les informations sensationnelles ou la violence". Arrive en deuxième position la critique du partage du temps de parole (72%) et l’influence des actionnaires sur les contenus des médias qu’ils financent (70%).

Cependant, sur la question récurrente de la déconnexion des journalistes par rapport au terrain, 46% des personnes interrogées ne sont pas d’accord avec cette affirmation : "Les journalistes ne peuvent pas comprendre les gens du peuple, car la plupart vivent à Paris avec des revenus élevés". Sans surprise, ceux qui sont d’accord avec cette affirmation (43%) sont pour la moitié des citoyens vivant dans des communes rurales. Enfin, si 15% des sondés disent comprendre que certains manifestant "s'en prennent physiquement à des journalistes" à cause de leur travail, une très large majorité (77%) considère qu’il est "inadmissible" d’agir ainsi. 

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