Gilets jaunes : à quoi s'attendre pour le 1er anniversaire du mouvement ?

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La colère des Gilets jaunes

UN AN, 53e ACTE - Le premier "acte" des Gilets jaunes a été organisé sur les Champs-Elysées il y a un an. Un an après, les manifestants parient sur un sursaut de la mobilisation pour ce samedi sur les Champs-Elysées, le boulevard périphérique et même "250 points de rassemblement" dans toute la France.

"Les gens vont revenir." La menace est brandie de toute part. Gilets jaunes anonymes, star des réseaux sociaux ou internautes en colère, tous promettent de faire leur retour dans la rue pour fêter l’anniversaire du mouvement, ce 16 novembre. Le rendez-vous est donné à Paris et est largement relayé sur Facebook, où tout à commencer. On fait le point sur ce qu’on sait de cet "acte 53".

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"Fêter" un mouvement social inédit

Si les cortèges se sont vidés au fil des actes, les groupes Facebook restent toujours très actifs. Les manifestants y sont en contact perpétuel et l’idée de fêter la mobilisation devrait suffire à les faire redescendre massivement dans la rue. "On sait tous que nous sommes encore hyper nombreux derrière nos écrans", note ainsi l’un d’eux sur le groupe d’Eric Drouet "La France en colère", qui comptabilise toujours près de 287.400 membres. "Nous sommes beaucoup à avoir lâché sur le terrain, mais nous sommes aussi beaucoup à pouvoir et vouloir se remobiliser." Une façon de "rendre hommage à tout ce qui a été fait depuis un an". 

Pour d’autres, cet événement permettra de se faire entendre à nouveau. Rappeler que "les revendications sont toujours les mêmes". C'est d'ailleurs ce message que veut faire passer une campagne lancée sur les réseaux sociaux. Accolée du hashtag #1anDeColère,  et relayée notamment par Jérôme Rodrigues, son message est clair : rien n'a changé, au contraire. 

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En première ligne Maxime Nicolle, toujours très actif sur son groupe "Fly Rider infos blocage" suivi par 165.000 personnes, et dorénavant aussi dans une émission de QG - le média d'Aude Lancelin - qu’il anime. Dans un "live" sur Facebook, il met ainsi "en garde" le gouvernement et Emmanuel Macron. "Ça, c’est ta dernière sommation populaire : le peuple te dit, tend l’oreille et imprime." Selon cette figure médiatique,  qui ne sera présent que dimanche dans la capitale, la mobilisation de la veille servira essentiellement de signal d’alerte avant une "paralysie" de la France. "On va tout bloquer, faire un pays mort pour prouver que la vie du pays, c’est nous", lance-t-il face caméra en référence à la grève générale "reconductible" prévue à partir du 5 décembre par un bon nombre de syndicats, que les Gilets jaunes ont déjà appelé à rejoindre. "Si tu [le Président de la république] ne comprends pas les gens, la fin de l’année elle va être catastrophique, tu ne vas pas kiffer."

Un avis repris en chœur dans les rangs. "Si nous ratons cet anniversaire,  plus jamais nous ne serons pris au sérieux !", estime ainsi un internaute. "S’il y a bien une mobilisation à ne pas rater, c’est celle-ci !"

Mettez les gilets de côté, ce sont les citoyens qui seront là- Eric Drouet

Enfin, les plus optimistes espèrent une réelle "convergence". Fort d'une rentrée sociale particulièrement mouvementée, nombreux sont ceux qui prédisent une concentration de tous les corps de métier. Parmi eux, Eric Drouet, qui était notamment présent lors de la manifestation des pompiers, pour marquer son soutien. Et demande désormais qu'on lui rende la pareille : que "chaque corps de métier" réponde présent pour cet anniversaire. Pour lui, hors de question que chacun "manifeste dans son coin", comme c'est le cas depuis quelques mois. "Faut arrêter d’aller sur Paris séparément pour aller gratter des miettes, ce qu’on veut, nous, c’est le gâteau en entier", à savoir une "vraie démocratie". 

Un optimisme qui commence à faire ses preuves. Deux syndicats d'étudiants ont d’ores et déjà appelé à soutenir les Gilets jaunes. L’Union syndicale Solidaires, par exemple, explique sa prise de position dans un communiqué, soulignant que la "place" de ce mouvement social est "légitime", et que le rejoindre c’est prendre "conscience" de la "nécessité de compter sur toutes les forces". 

Un acte 53 sur les Champs-Elysées

En pratique, pour Eric Drouet - qui n’a jamais réellement quitté la rue, et qui refuse de déclarer les manifestations - le "programme est clair". Evidemment, un rendez-vous est donné sur les Champs-Elysées. Allée dorénavant symbolique de cette lutte, elle a aussi été le spectacle de confrontations violentes avec les forces de l’ordre. Mais le routier balaye les peurs des uns et des autres d’une manifestation qui pourrait dégénérer comme lors des derniers "ultimatums" dans la capitale. Oui, les forces de l’ordre "[les] attendront" dès le petit matin, mais il défend que "la sécurité, ça ne paye pas".

Plusieurs événements vont donc dans ce sens-là. L’un d’eux, intitulé "Anniversaire sur les Champs-Élysée", affiche 5.000 "participants". C’est à peine plus que "l’appel mondial, un an après on revient", qui en affiche 4.000  ce mercredi et 7.300 "intéressés". En comparaison, le premier "ultimatum" lancé dans la capitale en mars dernier avait comptabilisé 6.500 inscrits. 

Après un sondage auprès des membres de son groupe, Eric Drouet propose également une "opération escargot" sur le périphérique dès 10h. Sans donner de lieu particulier, le routier enjoint : "Organisez-vous, motivez tout le monde !" Est prévu ensuite une convergence vers les Champs-Elysées pour bloquer la place de l'Etoile. 

Ce rond-point ne devrait cependant pas être le seul à revoir surgir la colère jaune.  "250 points de rassemblements" ont été comptabilisés à travers le pays par Maxime Nicolle et ses administrateurs. Un  nombre "carrément" plus élevé qu'auparavant. "En terme de points de mobilisation, ça repart!", se félicite cette figure. Lille, Lyon, Nantes, Montpellier, Bordeaux… Des appels à manifester sont effectivement organisés dans toutes les grandes agglomérations, "pour ceux qui ne peuvent pas monter à Paris". On prévoit alors de se rassembler sur les places devenues lieu de la contestation mais aussi à faire des blocages sur les ronds-points, peu à peu repris depuis la rentrée. 

Un périmètre d'interdiction "considérablement élargi"

De quoi pousser les autorités à prendre des précautions. D'une part en refusant un parcours déclaré notamment par Priscillia Ludosky, qui désirait marcher de la gare Saint-Lazare aux Invalides. Dans un communiqué, l'initiatrice de la pétition contre la hausse de la taxe carbone, explique que la préfecture aurait interdit tout rassemblement à cause du "plan Vigipirate" et d'une menace "terroriste". Pourtant, un autre parcours a été accepté plus tard, celui-là rejoignant la place d'Italie, dans le 13ème arrondissement parisien,  et la gare de l'Est. De quoi pousser ces manifestants à écrire qu'il est "tout de même singulier" que les interdictions de manifester ne concerne que "les quartiers huppés, qui sont pourtant le symbole de [leur] lutte".

Plus symbolique encore, une note a été envoyée à toutes les unités afin de leur demander une disponibilité, de jour comme de nuit, tout au long du week-end, avec comme seule exception, les congés prévus. Sont concernés par cette "mobilisation exceptionnelle" les services de police secours, les compagnies de sécurisation et d'intervention ou encore les Bridages anti-criminalité de Paris et de la petite couronne. 

Si le nombre de Gilets jaunes qui répondront présents reste incertain, ces signaux poussent certains Gilets jaunes à prédire le succès de ce 53ème acte. Et Maxime Nicolle à décrire ce rendez-vous comme "un week-end qui fait flipper". 

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