Gilets jaunes : vers un "acte VI" samedi ? Sur Facebook, c'est le grand flou

Social

Toute L'info sur

La colère des Gilets jaunes

IMBROGLIO - Alors qu'un porte-parole des "Gilets jaunes libres" appelle ce mercredi à poursuivre la mobilisation en bloquant les "énormes structures qui ne paient pas d’impôts", d'autres lieux sont évoqués dans les groupes Facebook de Gilets jaunes, tels Versailles, les frontières ou 14 grandes villes de France. Un casse-tête qui entretient le flou autour d'un sixième "acte".

"Les lumières de Noël ne cacheront pas la misère cette année." Ce mercredi 19 décembre, Benjamin Cauchy, porte-parole des "Gilets jaunes libres", a appelé à poursuivre la mobilisation samedi. Figure très décrédibilisée au sein des groupes Facebook de Gilets jaunes, il avait pourtant conseillé la semaine dernière de ne pas se rendre dans les rues afin de poursuivre la négociation avec les élus.


Mais, déçu d’un dialogue social qui "ne va que dans un sens", cette figure du mouvement désire désormais un "acte 6". Interrogé sur BFMTV, Benjamin Cauchy explique que "si un acte 6 doit avoir lieu samedi, il aura lieu", et considère qu’il faut désormais bloquer les "énormes structures qui ne paient pas d’impôts en France". Une énième proposition qui s’ajoute à la liste, déjà longue, des lieux proposés sur Facebook pour un possible sixième week-end de mobilisation.


"On ne comprend plus rien à son micmac", attaque alors une internaute après le changement de cap de ce porte-parole, le décrivant comme "une blague". Un avis répété massivement dans les prises de parole, certains considérant qu’il est même un "allié" du pouvoir. Et pourtant, ce "micmac" n’est pas propre aux "Gilets jaunes libres". Bien au contraire. Depuis le début de la semaine, sur les réseaux sociaux, l’heure est à l’imbroglio. 

"On sent un découragement venir"

Après la démobilisation de samedi dernier, beaucoup appelaient à un changement de stratégie. Mais, sans structure, cette évolution a mené à la désorganisation. Pour réagir à cette demande, Eric Drouet, figure très appréciée par les internautes, a posé la question d’un nouveau lieu dès dimanche 16 décembre dans un sondage. Lundi, un événement est donc créé. Celui qui est à l'initiative du premier "acte" sur Facebook, et dont le groupe rassemble près de 260.000 membres, propose de "montrer à tout le monde [qu'ils] sont toujours là" en se mobilisant autour des sièges de grands médias, et notamment de BFMTV. Puis, à peine quelques heures après, nouveau rebondissement. Le "messager" fait marche arrière. Alors que, dans son sondage, les propositions qui remontent sont "on arrête le pacifisme" et "Rungis", il choisit de changer le nom de son événement. C’est parti pour Versailles


Pourtant, et contrairement à toutes ses autres demandes de mobilisation, qui avaient été particulièrement relayées, celle-ci ne prend pas. Ce mercredi, seules 1200 personnes disent vouloir y participer. C’est trois fois moins que la semaine dernière au même moment. 


Car, dans le même temps, une multitude d’autres propositions émergent. Une carte tourne sur Facebook, proposant 14 grandes villes, à l'exception de Paris, laissée "vide". D’autres suggèrent de se rendre à Paris, mais en évitant soigneusement les Champs-Élysées.

Les porte-parole se font discrets

Le flou n'est pas dissipé par les "messagers". Lundi, le charismatique Maxime Nicolle, alias Fly Rider, dont les directs sur Facebook sont vus pour certains plus de 400.000 fois, ne prend pas parti. Dans une publication, il se contente de lister les différents projets, terminant par un "on lâche rien" écrit en majuscule. Un message de renfort qui ne change pas grand-chose. 


L’heure est au désenchantement. Une internaute fait remarquer en commentaire qu'"on sent un découragement venir Fly Rider" et lui demande de "faire une vidéo pour mobiliser les troupes". "Besoin de t’entendre", dit une autre. Car jamais, depuis le début du mouvement, cette personnalité n’avait gardé aussi longtemps le silence. Jusqu’à mardi, dans la nuit. À 3 heures du matin, le Breton a pris la parole pendant près d’1h30. Mais sans toutefois répondre à l'appel à l’aide. Interrogé sur la raison qui pousse Éric Drouet à vouloir se rendre à Versailles, il réplique simplement : "Et pourquoi pas ? Versailles est un lieu historique". Se rendra-t-il, lui, sur place ? Non. Se rendra-t-il aux frontières ? Non plus. Il explique ne pas avoir assez d’argent pour se mobiliser près de la Belgique. Alors où sera-t-il ? "Il y a de grandes chances pour que je sois à Dinan, samedi, parce que j’aimerais bien rentrer chez moi un peu."  


Si Éric Drouet assure que le plus important est "d'être dans la rue, peu importe où", ce dernier micmac pourrait être le coup de grâce de mobilisations déjà en perte de vitesse.

Le plus probable : un rassemblement aux frontières

Enfin, quelques-uns désirent se mobiliser aux frontières, afin de faire cause commune avec les Gilets jaunes des pays voisins.  Les gilets jaunes des Pyrénées-Orientales notamment sont particulièrement mobilisés sur l'événement "tous aux frontières" par les Gilets jaunes de "La France en colère". Sur Facebook, l'objectif se répand : "Bloquer tous les camions à l'import comme à l'export". Comme le rapporte La Tribune, des affrètements de bus pour des gilets jaunes venant de toute l'Occitanie sont même prévus. 


Dans le sud-ouest, les Gilets jaunes de Catalogne Nord appellent leurs voisins espagnols à se retrouver aux frontières de Port-Bou, le Perthus et l'A9, ce samedi à partir de 10 heures du matin. La veille, une marche pacifique est prévue dans le Lot, sur l'A9 en direction de la Jonquera, pour une remise de flamme symbolique aux Catalans du sud. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter