Opérations "péages gratuits" des Gilets jaunes : Vinci Autoroutes veut envoyer la note aux automobilistes

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FACTURE - Vinci Autoroutes a confirmé à LCI sa volonté de demander par courrier aux conducteurs ayant profité des opérations "péage gratuit" organisées par les Gilets jaunes le remboursement du prix du ticket. Mais même le gouvernement critique l'initiative de la société autoroutière.

Un mois après le début du mouvement des Gilets jaunes, Vinci compte envoyer la facture aux automobilistes qui ont profité des opérations "péage gratuit". La société d'autoroute, jointe par LCI, confirme sa volonté de demander par courrier aux conducteurs n'ayant pas payé le péage lors de ces opérations de régulariser leur situation.

"On ne peut pas faire cela", estime Rugy

Pour récupérer ces sommes, Vinci compte s'appuyer notamment sur les images de vidéosurveillance enregistrées au cours des actions des Gilets jaunes. Ces automobilistes, identifiés à l'aide d'un "dispositif technique" que n'a pas souhaité expliquer l'entreprise, devraient ensuite recevoir un courrier leur demandant de régler le montant dû. Selon Le Dauphiné Libéré et Le Progrès, qui révélaient cette information lundi, les autoroutes A7, A72 et A89 étaient notamment concernées. 


L'entreprise insiste sur le fait que son objectif n'est "pas de pénaliser" les clients, et indique qu'elle ne compte pas demander la majoration de 20 euros exigible en cas de non-paiement. Vinci a également précisé à LCI ne pas vouloir engager d'action en justice à ce stade, et affirme que "de nombreux automobilistes" ont déjà contacté la société afin de s'acquitter de leur facture.

Interrogée sur le nombre d'automobilistes concernés par ces demandes de régularisations, Vinci n'a pas donné de chiffrage précis. Dimanche, la société a cependant estimé le coût total des dégradations pendant le mouvement des Giles jaunes à "plusieurs dizaines de millions d'euros". L'exploitant, qui gère la plupart des autoroutes dans le sud de la France, a exprimé dans un communiqué son "indignation" et indique que 250 sites ont été touchés au quotidien par les manifestations.


Mais l'initiative de Vinci irrite les automobilistes. Et le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a lui-même estimé qu'"on ne peut pas faire cela". "Sans doute que c'est l'Etat qui va devoir payer une grande partie de la facture, et donc cela va être une dépense supplémentaire simplement pour réparer les dégâts ou les pertes financières. Ou sinon, cela sera répercuté d'une façon ou d'une autre sur les tarifs d'autoroutes, ce qui est bien dommage", a-t-il estimé lundi sur Europe 1.


"Je trouve ça très incongru, pour le dire avec politesse. Ce n'est pas une bonne manière de procéder dans la période", a surenchéri Benjamin Griveaux mardi sur franceinfo. "J'invite les cadres dirigeants du groupe Vinci à aller sur les ronds-points. Il faut savoir entendre ce que les Français ont dit", a ajouté le porte-parole du gouvernement. "C'est ma conviction personnelle (...). Je considère que le comportement n'est, à mon avis, pas optimal."

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