Gilets jaunes : dans les rangs, on appelle au "blocage du pays" ce samedi

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La colère des Gilets jaunes

CHANGEMENT DE CAP - Face à une démobilisation qui bat des records chaque semaine, les Gilets jaunes veulent changer de mode d'action en organisant des blocages localement, et ce dès ce samedi.

C’est la date de la dernière chance. Alors que le mouvement est à bout de souffle, les Gilets jaunes prévoient de revenir sur des actions locales, samedi 22 juin. Prévu depuis déjà quelques semaines, cet événement devrait mettre un terme aux cortèges dans les villes pour marquer le retour aux blocages, notamment de péages, de centres-commerciaux ou de ports.

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C'est la seule chose à faire pour la suite- Eric Drouet

Car le mouvement est à bout de souffle. Lors du 31e "acte", les manifestants n’étaient plus que 7000 selon l’Intérieur et 18.500 selon le Nombre jaune. Et même pour les administrateurs de cette page, créée en réponse aux chiffres de la place Beauvau, la situation est devenue "critique". Sur Facebook, ils s’interrogent : "Faut-il continuer les samedis qui viennent de la même façon, en perdant force et crédibilité ? Ou faut-il réfléchir sérieusement à une transformation ?"

Des interrogations en écho avec ce qui se dit depuis plusieurs semaines dans les rangs. Notamment venant d’Eric Drouet. Alors que c’est lui qui est à l’initiative du tout premier "acte" parisien, il demande depuis plus d’un mois un "changement de cap" face à l’essoufflement de la mobilisation. Parmi les pistes envisagées, figure en bonne place celle d’un retour "aux sources", à savoir le blocage sur les péages ou les ronds-points.

C’est donc cette initiative-là, "voulue par la majorité" selon la totalité des figures du mouvement, qui devrait voir le jour ce samedi. D’ailleurs, elles s’accordent toutes pour changer de modes d’action. Jérôme Rodrigues publie massivement des messages avec le hashtag #Bloque22 quand Maxime Nicolle a fait savoir qu’il soutenait l’initiative, bien qu’il ne soit pas certain d’y participer – sa fille étant hospitalisée. Mais le plus gros défenseur de l’organisation de ces blocages, c’est le routier de Melun, qui estime que ce mode d’action est "la seule chose à faire pour la suite". Devant sa caméra ce mercredi, il s’expliquait : "On aimerait bien que ça se passe dans la facilité, qu’on aille marcher dans la rue deux, trois samedis et qu’on obtienne ce qu’on veut, sauf qu’avec ce gouvernement-là, ça ne se passera absolument jamais comme ça. Il est nécessaire de faire quelque chose qui les gêne et qui les bloque financièrement." Au sein des groupes de Gilets jaunes, on espère également que cela permettra de donner un second souffle au mouvement. "Maintenant, nous avons l'expérience, nous connaissons nos erreurs", écrit ainsi l’un d’eux, quand un autre s’imagine déjà que le 22 juin débutera un blocage "sans précédent de la France".

Bloquer quand et où?

Le souci d’une telle tactique : les groupes locaux de Gilets jaunes ne sont plus assez nombreux pour espérer un impact comparable à celui du début du mouvement, en novembre dernier. Comme le notait Le Monde en janvier, l’activité en ligne s’est concentrée sur trois groupes Facebook nationaux, délaissant ceux sur laquelle la contestation était née. C’est pourquoi, alors qu’Eric Drouet expliquait en début de semaine que chacun devait trouver le blocage le plus proche de chez lui, il est désormais moins optimiste. "Je pense que ça va prendre du temps à démarrer, parce que tout se passe en dehors des réseaux sociaux, alors que ça n’avait pas commencé comme ça." Alors blocage de péages, de centre commerciaux, de plateformes de livraison ou raffineries, d’accord, mais lesquels ?

Certains journaux de presse locale ont quelques informations. Dans le Vaucluse, Le Dauphiné explique que les manifestants ont prévu d’ouvrir les barrières d’autoroute dès 6h dans la région, notamment aux entrées et sorties de Cavaillon, Orange, ou Avignon. Mais du côté des groupes Facebook locaux, l’initiative est passée sous silence. Sur la grande majorité de ceux auxquels nous avons accès,  aucune indication de lieu n’est donnée. De quoi se demander si ce 22 juin signera un réel renouveau du mouvement ou son baroud d’honneur.

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