Gilets jaunes : quel avenir pour les propositions du Vrai débat ?

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REVENDICATIONS - Les consultations en ligne du Vrai débat, une initiative lancée par un groupe de Gilets jaunes, sont closes depuis dimanche. Reste à attendre la synthèse des propositions que Maxime Souque, l'un des administrateurs du site, espère pouvoir partager avec le gouvernement.

Phase une terminée. La première étape de participation en ligne au Vrai débat, la consultation lancée par les Gilets jaunes en réponse au Grand débat national du gouvernement, est close depuis ce dimanche 3 mars. Selon ses administrateurs, près de 45.000 personnes se sont inscrites, laissant plus d’un million de votes.

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Une synthèse "dans les règles de l'art"

La consultation, hébergée par la même plateforme que le Grand débat voulu par Emmanuel Macron, est donc désormais rentrée dans sa "phase deux" : celle de la synthèse des propositions. Pour ce faire, l’équipe, constituée majoritairement de Gilets jaunes du Vaucluse, a fait confiance à des chercheurs capables d'analyser toutes les données. "Nous voulions que ce soit fait dans les règles de l’art", nous indique Maxime Souque, l’un des administrateurs du Vrai débat. "Les chercheurs nous ont expliqué que, pour que ce soit vraiment bien fait, il fallait une analyse en profondeur". 

Il faut dire qu'avec plus de 20.000 propositions rédigées, les redites sont nombreuses. Tout comme les requêtes enchaînant plusieurs idées. Par exemple, celle appelant à "réduire le train de vie de l’ensemble des élus" propose ainsi l’arrêt de tous les avantages accordées aux anciens élus, la suppression de l’allocation versée au conjoint du président mais aussi la mise en place d’un réel contrôle des notes de frais.

Trois laboratoires chargés d'analyser les données

Les Gilets jaunes du Vrai débat ont donc démarché plusieurs laboratoires de recherche. Dans la liste : LERASS à Toulouse, qui a déjà publié trois rapports sur les multiples formes d'expression du mouvement en analysant les groupes Facebook, l’équipe du Triangle, à Lyon, qui est rattachée au CNRS, et l′Institut des systèmes complexes de Paris Île-de-France. Pourquoi trois laboratoires ? "Chacun à sa proposition de travail, de méthodologie, face à la complexité du corpus. Donc nous allons les laisser faire." Selon Maxime Souque, il faudra attendre au moins un mois avant d’avoir "tous les détails" sur chaque méthodologie. "On ne veut pas brusquer les choses."

Pour cet ancien salarié des métiers de la sécurité privée, désormais exclusivement dévoué au mouvement, l’équipe du Vrai débat possède "le plus grand sondage d’opinion jamais réalisé". Et il compte bien le faire savoir au plus haut de l’État. Pour la première fois en trois mois, le père de famille de 34 ans se rendra à Paris avec d’autres membres de l’équipe. "Nous avons sorti le Top 10 des revendications, une par thème, pour donner une tendance", précise-t-il, ajoutant que ses partenaires et lui comptent "monter avec ça et le remettre à qui veut bien le prendre". Problème : aucun destinataire n'a été trouvé pour le moment.

Le secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi, s’était pourtant engagé, le 26 janvier, à prendre en compte cette consultation. Invité sur le plateau de "C L’Hebdo" face à Maxime Nicolle, il lui assurait : "Si vous contribuez sur la plateforme et qu’après vous rendez public ce que vous avez (…) je prends l’engagement de tout lire." Et pourtant, Maxime Souque certifie à LCI avoir cherché à contacter plusieurs fois celui qui a récemment fait acte de candidature pour les municipales à Paris

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L'équipe lui aurait envoyé une vingtaine d’e-mails, proposant une rencontre afin de "remettre les premières tendances" et d'expliquer "les démarches". Une invitation refusée par son directeur de cabinet, affirme le Gilet jaune. "Ce qui ne l’arrange pas, c’est l’ampleur qu’a pris la plateforme", suppose l'Avignonnais. "Il est au courant qu’on a essayé de le contacter mais il fait la sourde-oreille. Il n’a pas forcément envie de nous faire de la publicité." 

Un argument que ne nie pas le secrétariat d’État au numérique. Si l’initiative des Gilets jaunes est sincèrement saluée, on préfère attendre la fin de la consultation voulue par le président de la République. "Nous serons disposés à recevoir leurs propositions, une fois la phase de Grand débat national terminée", assure-t-on à LCI. Avant de souligner que Mounir Mahjoubi continue à "garder le contact avec les Gilets jaunes" en les rencontrant lors de déplacements ou en passant "beaucoup de temps à regarder des vidéos et ce qui se dit sur les groupes Facebook".

Quoi qu’il en soit, l’équipe du Vrai débat compte persister. Elle sollicitera Mounir Mahjoubi aussi longtemps qu'il le faudra afin que sa parole soit entendue, ou plutôt écoutée. "Ils nous disent que les Gilets jaunes ne sont pas d’accord, que sur les ronds-points on dit tout et son contraire. Mais voilà, les Français se sont exprimés, alors écoutez." Et si le mutisme perdure ? "S’ils se taisent ce sera un appel à rester dans la rue. Car s’ils refusent nos propositions, il nous restera quoi ?"

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