Gilets jaunes : environnement, fiscalité et démocratie... la réponse critique de Priscilla Ludosky à Emmanuel Macron

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La colère des Gilets jaunes

COMMENTAIRE À COMMENTAIRE - Répondant à Emmanuel Macron, mercredi 26 décembre, Priscillia Ludosky, auteure de la pétition monstre contre la hausse de la taxe sur les carburants, a souligné l'insatisfaction que lui avait procuré l'intervention du président.

Le mécontentement des Gilets jaunes qui a suivi les annonces d'Emmanuel Macron l'avait déjà établi : les réponses présidentielles n'étaient pas suffisantes pour que le mouvement cesse. Nouvelle illustration de cette idée avec la discussion entre le président et Priscillia Ludosky par commentaires interposés, sous la pétition que la figure des Gilets jaunes avait mis en ligne en mai 2018. Le post présidentiel du 20 décembre n'a pas franchement satisfait la pétitionnaire, qui a battu froid le chef de l'Etat dans sa réponse, mercredi 26 décembre. 

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"Sauver la planète n'est-il pas l'affaire de tous ?"

Regrettant que la réponse du président soit, "après tant de temps [...], si peu constructive", l'auto-entrepreneuse reprend la réponse du chef de l'Etat, critiquant le fond de sa politique environnementale. A la suspension de la hausse de la taxe carbone pour 2019 en réponse à la première revendication, elle s'interroge, après avoir rappelé que ni le "kérosène utilisé dans l'aérien", ni le "fioul maritime" ne sont taxés (en raison d'une législation internationale contraignante, que la ministre des Transports a envisagé de remettre sur la table, ndlr): "Sauver la planète n'est-il pas l'affaire de tous ?"

Priscilla Ludosky ne s'arrête pas à la question du carburant. Elle souligne aussi la contradiction entre le fait "qu'il faille financer la transition écologique" et l'absence de "mesures mises en place allant dans [ce] sens" : le glyphosate toujours pas interdit (la majorité n'a pas légiféré sur la question et a assuré que le pesticide serait proscrit en 2021, ndlr), l'activisme pro-voiture électrique, "pas moins polluants [...] en comparaison avec un véhicule conventionnel" et le peu de politiques publiques dans les régions dépourvues de transports en commun et dont les habitants "n'ont d'autres choix que d'utiliser leurs véhicules".

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"Baisse sérieuse" des taxes et impôts sur "les produits de première nécessité"

Outre l'attente de réponses à des promesses de François de Rugy (transparence sur l'utilisation des taxes sur le carburant, qui ne vont pas intégralement à la transition écologique, état des lieux sur la création de bio-carburants favorisant la transition énergétique), la figure francilienne des Gilets jaunes pointe également "l'insuffisance" des mesures prises au nom de "l'urgence économique et sociale". Et propose, dans la lignée du ras-le-bol fiscal exprimé par le mouvement : "une baisse sérieuse de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité", assorti "d'un effort supplémentaire à faire sur les produits bios, sains et fabriqués en France". Et, nouvelle preuve de la défiance envers les élites, à qui elle demande de "la solidarité", "une baisse significative de toutes les rentes, salaires, privilèges et retraites" des élus et hauts fonctionnaires.

Outre les questions de pouvoir d'achat et d'environnement, Priscilla Ludosky remet également sur la table l'idée du référendum d'initiative citoyenne. Dans un esprit pour le moins opposé à la démocratie représentative, elle rappelle, "dans un rôle de transmission des besoins exprimés par beaucoup de citoyens Gilets jaunes", les revendications : possibilité de toucher à la Constitution et de veiller à sa modification, de "rédiger ou abroger une loi", "le droit de demander un référendum sur toutes les lois votées par le Parlement" et celui de faire avaliser les engagements internationaux de la France par "référendum avant ratification". 

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