Gilets jaunes : Eric Drouet confirme qu'il cherchait à se faire arrêter

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GAV - Éric Drouet, l'une des figures du mouvement des Gilets jaunes, est sorti jeudi soir de garde à vue. Il dénonce une interpellation "politique" mais reconnait avoir chercher "à en arriver là" pour "montrer aux Français qu'on n'est pas libre".

D'un côté, un gouvernement qui affiche clairement ces derniers jours sa volonté d'en finir avec le mouvement des Gilets jaunes. De l'autre, l'une des plus médiatiques figures du mouvement : Eric Drouet. Le bras de fer entre les deux a pris de l'ampleur cette semaine. Arrêté mercredi soir près des Champs-Elysées à Paris, le chauffeur routier est resté une vingtaine d'heures en garde à vue. A sa sortie, il a dénoncé une interpellation "politique". Les forces de l'ordre répliquent qu'il a été interpellé pour "organisation d'une manifestation sans déclaration préalable".

Une opération purement et bassement politique, qui n'a rien de juridiqueKheops Lara, avocat d'Eric Drouet

Le Gilet jaune avait retrouvé d'autres sympathisants au coeur de Paris. "C'était juste un rendez-vous pour aller au restaurant tous ensemble. Surtout qu'on n'avait pas de gilet jaune, on n'est pas allé sur la route, on a marché sur le trottoir, respecté les passages piétons", a-t-il justifié à la sortie de sa garde à vue jeudi soir. "Du début à la fin on a été droits et ça n'a pas suffi." La garde à vue de trois autres personnes interpellées avec lui avait été levée un peu plus tôt, dans la matinée, indique une source proche du dossier.

   

"Éric Drouet est libre aujourd'hui, dans une opération purement et bassement politique, qui n'a rien de juridique", a ajouté son avocat, Me Kheops Lara, présent à ses côtés. Il a expliqué que son client a eu droit à "trois, quatre policiers différents au niveau des auditions". "On vous a invoqué l'Etat de droit. Je ne peux simplement que constater qu'aujourd'hui c'est l'Etat qui a bafoué le droit." 

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Le portrait d'Eric Drouet, l'un des leaders des Gilets jaunes

Un regain de mobilisation ?

Une chose est sûre, cette arrestation a ravivé la colère des Gilets jaunes qui prévoient une nouvelle manifestation ce samedi. Un acte VIII. Car si la mobilisation a nettement décru ces dernières semaines, de nouveaux appels à manifester sur "les places symboliques" à Paris, à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Besançon, Clermont-Ferrand ou Nice, ont été lancés ces derniers jours sur les réseaux sociaux et rencontrent un certain succès. 


Le gouvernement se prépare déjà à contenir les manifestants. Emmanuel Macron avait appelé, lors de ses voeux, à "l'unité retrouvée" et affirmé que "l'ordre républicain sera assuré sans complaisance" face aux violences. Mais il est bien seul. Les Gilets jaunes peuvent compter sur le soutien des Français : 55% d'entre eux souhaite que le mouvement se poursuive, soit un point de plus que début décembre, et l'amélioration du pouvoir d'achat est désormais en tête des attentes pour 2019, selon un sondage Odoxa Dentsu consulting publié ce jeudi.

L'opposition dénonce "l'amateurisme" du gouvernement

Soutien affiché du mouvement, la responsable du Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé une répression de l'exécutif : "Les voeux de hargne du 31 décembre et la violation systématique des droits politiques de ses opposants dessinent un visage terriblement inquiétant d'Emmanuel Macron". 


"Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune", avait tweeté de son côté Jean-Luc Mélenchon, juste après l'arrestation de celui pour lequel il avoue sa "fascination".


Taxant le gouvernement d'"amateurisme" sur le plateau de LCI, le président des Centristes Hervé Morin a appelé à "sortir de l'arrogance et du mépris" vis-à-vis des Gilets jaunes.

Le coup de maître d'Eric Drouet ?

Pour le mouvement, l'arrestation d'Eric Drouet est donc clairement un coup gagnant. Et le Gilet jaune assume un "coup de com". Dans une vidéo publiée en live sur le réseau social Facebook jeudi soir, un internaute lui a demandé :  "Tu penses qu'ils font exprès de te mettre en garde à vue pour attirer la haine du peuple?". "C'est plus nous qui avons fait ça pour en arriver là", lui a-t-il répondu. "On voulait montrer aux Français qu'on n'était pas libres." Une donnée que l'on devinait déjà mercredi au vu des messages concernant le rassemblement sur les Champs postés sur sa page Facebook. "Plus t'es médiatisé, plus c'est sympa pour ces actions-là", ajoute-t-il encore, après avoir indiqué : "Il va falloir trouver d'autres idées comme ça."

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