Gilets jaunes et sécurité routière : 60% des radars vandalisés, les excès de vitesse en hausse

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EFFETS SECONDAIRES - Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, 60% des radars ont été vandalisés, a annoncé Christophe Castaner jeudi 10 janvier. Certains automobilistes en profitent et ne respectent plus les limitations de vitesse. Face à ce "danger de mort", la Délégation à la sécurité et à la circulation routières insiste sur l'urgence à réparer les radars.

C’est une conséquence des manifestations des Gilets jaunes : selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, environ 60% des radars sont hors d'état de flasher depuis un mois et demi. Brûlés, bâchés, tagués...  Certains appareils continuent toutefois d’envoyer des mesures. Résultat ? Une hausse de 30% des excès de vitesse a été constatée en décembre. Mais certains automobilistes ne seront jamais sanctionnés : l'appareil photo est couvert et les clichés inexploitables pour identifier les véhicules. 

D'où l'urgence, pour la Délégation à la sécurité et à la circulation routières, à réparer les radars. Selon elle, si le nombre d'accidents en décembre n'est pas encore connu, il pourrait lui aussi être en hausse. "La sécurité routière c’est pas un jeu, c'est la vie et la mort", rappelle Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière. "Le fait que l'augmentation de la vitesse engendre des accidents, c'est pas une opinion, c'est pas une conviction, c'est une réalité de nature scientifique étayée par plus de 500 études dans le monde", ajoute-t-il. "Si vous baissez les vitesses moyennes, vous baissez le nombre des morts et si vous augmentez les vitesses moyennes, vous augmentez le nombre des morts." 

"Ceux qui font ça mettent en danger leur propre vie"

Invité à réagir sur le lien entre cette hausse et l’émergence mi-novembre de la mobilisation nationale des Gilets jaune, le délégué interministériel a indiqué que "ce qu'on voit c'est qu'à partir de juillet il y a eu une légère hausse de la dégradation des radars, mais qu'elle commence vraiment le 15 novembre" évoquant des graphiques qui le "montrent de façon extrêmement claire". Présentant le radar comme un "exécutoire", il a ajouté qu'"il faut que ce mouvement cesse parce que ceux qui font ça seront à l'origine de morts, de blessés graves, de mutilés" et "mettent en danger leur propre vie." Pour rappel, les radars auraient permis d'épargner 23.000 vies en quinze ans.

Interrogé sur le nombre exact de radars vandalisés depuis mi-novembre, Emmanuel Barbe n'a pas souhaité répondre "pour éviter la surenchère". "Je peux vous dire qu'il reste encore beaucoup de radars qui marchent", a-t-il ajouté. S'agissant du coût des dégradations,  ce dernier mise sur "plusieurs dizaines de milliers d'euros ça c'est sûr, peut-être plusieurs centaines", ajoutant que "c'est de l'argent public" destiné à la sécurité routière et à l'entretien des routes. "C'est navrant, ça n'ira pas à l'entretien des routes."

Une "responsabilité de mort"

A ceux qui prétendent que les radars ne sont là que pour remplir les caisses, Emmanuel Barbe balaie d'un revers de la main "un argument de facilité" : "Si vous ne voulez pas payer la TVA sur la baguette, vous faites votre pain, si vous ne voulez pas payer d'amende, vous respectez les limitations de vitesse." Et d'insister : "Les radars sont utilisés dans tous les pays qui ont des résultats en sécurité routière".

Pour finir, Emmanuel Barbe a rappelé que ces dégradations tombent sous le coup du délit. "Ça relève du tribunal correctionnel, il y a des peines de prison qui sont élevées, mais le vrai point c'est plutôt la condamnation inscrite au casier judiciaire", a-t-il expliqué, précisant que "ceux qui sont attrapés, on a leur demande la réparation du préjudice subi par l'Etat c'est à dire la réparation en elle-même mais aussi la non-recette amende." Et de conclure : "Mais pour moi, le vrai point n'est pas là, c'est la responsabilité de mort."

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