Gel du tarif de l'électricité : et si l'augmentation n'était finalement que retardée ?

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SOCIAL - Le gouvernement a annoncé ce mardi qu'il allait geler les hausses des tarifs de l'électricité, une mesure prévue au 1er janvier 2019, pour apaiser la crise des Gilets jaunes. Sauf que le Conseil d'Etat pourrait annuler cette décision, si les autres fournisseurs venaient à s'y opposer.

Le tarif régulé de l'électricité ne bougera pas jusqu'au 31 mars. Voici l'une des annonces faites ce mardi par Edouard Philippe, pour tenter d'apaiser les Gilets jaunes. Seulement voilà : la facture pourrait malgré tout être envoyée à ces derniers… dans quelques mois !


En gelant le tarif de l'électricité, Matignon répond dans l'immédiat aux attentes des associations : ces dernières redoutaient une probable augmentation de 8% à 10% du prix au 1er janvier, provoquant un surcoût pour les consommateurs qui se serait élevé à 1,47 milliard pour la seule année 2019. Mais si le gouvernement dispose de cette faculté, il peut aussi se heurter aux concurrents d'EDF. En effet, réunis au sein de l’Anode (l'Association nationale des opérateurs détaillants en énergie), ils n'hésitent pas à saisir la justice dès lors qu'ils estiment que des mesures relèvent de la concurrence déloyale.

28 millions de consommateurs impactés en 2016

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé en 2016. Le Conseil d'Etat avait en effet annulé une décision prise deux années plus tôt par Ségolène Royal, à l'époque ministre de l'Ecologie. Alors qu'une hausse de 5% des tarifs réglementés (bleus) était prévue depuis un an, elle avait pris la décision d'annuler celle-ci. Trois mois plus tard, le gouvernement avait finalement coupé la poire en deux en fixant la hausse à 2,5% par le biais d'un arrêté. 


Cela n'avait pas suffi à calmer l'Anode, dont les membres espéraient capter des clients qui auraient fui EDF dont les tarifs seraient devenus trop élevés. Ceux-ci ont saisi le Conseil d'Etat. Bilan ? En juin 2016, ce dernier a décidé d'annuler le décret de Ségolène Royal. Ce qui a eu une conséquence directe sur près de 28 millions de consommateurs : ceux-ci ont subi une augmentation rétroactive des tarifs EDF de l'ordre de 1,50 euro par mois pendant 18 mois…

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