Gilets jaunes : la direction de l’AP-HP s’explique sur le fichage des manifestants blessés

Social
MISE AU POINT - Après avoir reconnu un usage "inapproprié" d’un fichier recensant les blessés, l’AP-HP s’explique par l’intermédiaire de son directeur général adjoint. S'il confirme une erreur, il défend un dispositif "indispensable" selon lui.

Alors que la direction des hôpitaux publics de Paris avait reconnu ce mercredi matin qu'un fichier nominatif recensait les blessés pris en charge lors de grands événements, notamment les manifestations de Gilets jaunes, le directeur général adjoint de l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) s’est confié au Figaro. François Crémieux reconnait certaines erreurs mais avance un "fichage indispensable".


Dans un entretien, il a tenu à clarifier la situation. Revenant sur les faits, il indique que des erreurs ont été commises mais défend son dispositif. François Crémieux reconnaît d’abord le "fichage" lors de trois samedis depuis 2019. "Ce dispositif a été déclenché à l’initiative des autorités sanitaires qui craignaient un grand nombre de blessés", dit-il. Avant de préciser que ce dispositif avait aussi été déclenché pour d’autres situations : "l’incendie rue de Trévise, le marathon de Paris ou d’autres grands événements". "Il sert à suivre l’ensemble des blessés et des victimes", ajoute François Crémieux.

Mais alors pourquoi fait-il polémique ? Si le suivi de victimes est indiqué dans un fichier spécifique, il a manqué aux règlements. Selon le Canard enchaîné, des informations médicales de certains patients ont été inscrites dedans, or cela est interdit. Des faits que regrette le directeur adjoint de l’AP-HP. 


"Soyons clair, aucune information médicale ne doit être contenue dans SI-VIC (Solution informatique sécurisée de gestion de victimes). La commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a défini l’objet et l’usage de ce dispositif et les informations doivent figurer uniquement dans le dossier du patient. Or cette case ‘commentaire’ a été utilisée à mauvais escient, de manière inopportune et inappropriée chez une grosse dizaine de patients", avoue-t-il.

Pas d’accès pour les ministères

François Crémieux souligne qu’il est "nécessaire"  d’utiliser le SI-VIC. "On en a besoin", dit-il. "Je n’aime pas vraiment le verbe ‘ficher’ mais il est indispensable". Il tient enfin remettre les choses au clair sur un point : la confusion entre ce fameux SI-VIC et le Sinus (Système d’information numérique standardisé). 


Depuis plusieurs jours, les agences régionales de santé, les ministères de la Santé, Justice et Affaires étrangères, avait été accusés d’avoir accès à ce fichier (en référence à un décret de mars 2018). Or ce décret ne concerne que le SINUS. "Le SI-VIC, est accessible par chaque hôpital, qui a une vision uniquement sur ses propres patients", tient à préciser François Crémieux. De quoi apaiser, un petit peu, la polémique ?

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter