Gilets jaunes : le "street medic" de Belfort a récupéré ce lundi ses deux filles placées en foyer

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SOULAGEMENT - Deux semaines après avoir été placées en foyer, les deux fillettes ont pu rejoindre leur domicile et retrouver leurs parents ce lundi 6 mai. L'affaire avait suscité de nombreuses critiques, le placement s'étant déroulé alors que le père, un Gilet jaune, était en garde à vue.

Heureux dénouement pour le Gilet jaune du territoire de Belfort qui s'était vu retirer la garde de ses deux enfants le 24 avril dernier. Ce lundi, le juge pour enfants a décidé de mettre fin au placement provisoire des fillettes de 3 et 5 ans. Elles ont pu retrouver leurs parents et regagner leur domicile. 


L'affaire avait été largement relayée par le mouvement des Gilets jaunes. Les uns estimant que ce placement était un moyen de pression de l'Etat envers un manifestant - par ailleurs mis en garde à vue puis inculpé pour avoir proféré des menaces sur les réseaux sociaux -, la justice soulignant de son côté que cette décision n'était pas corrélée au mouvement et que les deux affaires n'étaient pas liées.

"Plusieurs petits détails ont été montés en épingle pour justifier le placement des enfants. Cela n’a pas été maintenu car il n’y avait pas de vraie raison, au final", a estimé Jonathan Le Bris, le père, dans l'Est Républicain, alors que des dizaines de personnes étaient venues au tribunal de Grande instance de Belfort pour marquer leur soutien. "On nous a accusés que notre frigo ne marchait pas alors que seule la lumière ne marchait pas. On a des animaux à la maison. La perquisition a eu lieu à 6 h 30, et ce jour-là, le chien avait décidé de faire ses besoins dans le couloir et puis dans le balcon. Il fallait arrêter un des leaders locaux, ce fut moi", a-t-il ajouté dénonçant une fois encore une décision politique.


Dans un communiqué, le procureur de Belfort a tenu à dénoncer ce point de vue. "Certains commentateurs se sont saisis de cette situation pour faussement la présenter comme liée aux activités du père des enfants ("street medic" dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes et indépendantiste breton) et constitutive de manœuvres de pression pour l'intimider." Il a ainsi rappelé les faits qui ont conduit au placement des deux enfants résidant à Valdoie : "'état de saleté de l'appartement, odeur pestilentielle", "excréments" du chien, présence de "viande avariée" dans un des deux réfrigérateurs, "un sabre et une hache, à hauteur accessible aux enfants par escalade du bureau se trouvant à l'aplomb", "port de couches par les deux fillettes, dont l'une aura 4 ans au mois de juillet 2019 et l'autre 6 ans ce mois de mai 2019."

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Les services sociaux ont cependant "constaté la mobilisation des parents dans la remise en état du logement" et leur "attachement aux enfants". Si la famille est de nouveau réunie aujourd'hui, un suivi "sous la forme d'une mesure judiciaire d'investigation éducative" a toutefois été mis en place par le juge pour enfants pour l'accompagner.


M. Le Bris reste par ailleurs poursuivi pour "provocation publique à commettre un crime ou un délit" et "provocation à s’armer contre l’autorité de l’Etat", suite à ses publications postées sur le réseau social Facebook. Cette enquête se poursuit, en attendant, le Gilet jaune est interdit de manifester sur tout le territoire.

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