Gilets jaunes : comment le pouvoir a réagi aux violences

Gilets jaunes : comment le pouvoir a réagi aux violences
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MANIFESTATION - Les scènes de guérilla urbaine samedi autour des Champs-Elysées et ensuite dans d'autres quartiers de Paris ont choqué la majorité. Emmanuel Macron a convoqué une réunion de crise dimanche matin.

"Je respecterai toujours la contestation, j’écouterai toujours les oppositions mais je n’accepterai jamais la violence". Pour sa première prise de parole après les événements de ce samedi, Emmanuel Macron a condamné les "coupables de ces violences", à la veille d'une réunion de crise à l'Elysée. 

"Ce qui s'est passé aujourd'hui à Paris n'a rien à voir avec l'expression pacifique d'une colère légitime (...) Les coupables de ces violences ne veulent pas de changement, ne veulent aucune amélioration, ils veulent le chaos", a déclaré le président Emmanuel Macron depuis Buenos Aires, à la fin du sommet du G20. "Aucune cause ne justifie que les forces de l'ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des passants ou des journalistes soient menacés, que l'Arc du Triomphe soit souillé", a ajouté le président français.

"Rien ne justifie de s'attaquer aux symboles de la Nation"

"Ceux qui s'attaquent à nos forces de l'ordre, cassent et saccagent, s'en prennent à l'essentiel: la République", a déploré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, tandis que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé "une stratégie des professionnels du désordre". Édouard Philippe et d'autres membres du gouvernement ont été particulièrement "choqués" par les tags sur l'Arc de Triomphe et les images de manifestants casqués et encagoulés entonnant "La Marseillaise" autour de la flamme du soldat inconnu. "Rien ne justifie de s'attaquer aux symboles de la Nation et aux lieux sacrés de la République", s'est offusqué le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

L'effet de surprise passé, quelle réaction de la part du pouvoir ? Depuis Buenos Aires, Emmanuel Macron a annoncé qu'une réunion est prévue dimanche matin, dès son retour en France. Outre le tandem exécutif, cette réunion à l’Élysée doit rassembler le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et "les services compétents", a précisé le chef de l'Etat. Au programme : gérer la crise, à l'heure du bilan des violences parisiennes et en province. Et apporter des réponses pour tenter de calmer la fronde. 

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Alors qu'une journée de mobilisation est d'ores et déjà prévue pour samedi prochain, le pouvoir devrait aborder la question de l'instauration de l'état d'urgence. Questionné sur cette possibilité, Christophe Castaner a répondu ce samedi soir : "Tout ce qui permettra de sécuriser plus, moi je n'ai pas de tabou. Je suis prêt à tout regarder". Ce régime d'exception avait notamment été mis en place après les attentats terroristes de Paris de 2015, mais aussi après les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues. 

Dans un communiqué, le syndicat de police Alliance a demandé samedi l'instauration de l'état d'urgence. "On est dans un climat insurrectionnel", a dénoncé auprès de l'AFP le numéro 2 du premier syndicat de gardiens de la paix, Frédéric Lagache. Et d'ajouter : "Il faut taper du poing sur la table". Alliance réclame le "renfort de l'armée pour garder les lieux institutionnels et dégager ainsi les forces mobiles d’intervention", a détaillé le syndicat dans son communiqué.

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