"Acte Commun" : Gilets jaunes, Marche des solidarités et Printemps climatique défileront samedi

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La colère des Gilets jaunes

CONVERGENCE - Les représentants d'associations pour le climat, de Gilets jaunes et des collectifs contre les violences policières se sont retrouvés pour la première fois ce mardi lors d'une conférence de presse. Objectif : organiser un week-end de mobilisation commune.

"Complémentarité" et "cohésion" étaient les mots à l'ordre du jour. Une conférence de presse inédite avait lieu ce mardi 12 mars dans le dixième arrondissement parisien afin de dévoiler les mobilisations qui auront lieu dans la capitale ce week-end. Étaient présents aussi bien des associations de victimes de violences policières dans les banlieues que des Gilets jaunes ou des écolos. Un melting-pot qui "fait sens" pour les différents organisateurs. 

Marie Pochon, l'une des coordinatrices de Notre affaire à tous, reconnait facilement que "comprendre cette convergence est une rude tâche". Pour elle, il est cependant nécessaire de prouver, via cette conférence à la portée "symbolique", que les combats "sont communs". Comme ses voisins, elle estime que face à l'urgence climatique et sociale, il est désormais nécessaire de s'unir. 

Marches pour les solidarités, le climat et le pouvoir d'achat

De prime abord, un mouvement né de la lutte contre la taxe sur les carburants et celui qui cherchent à alerter sur le réchauffement climatique ne peuvent se retrouver. Et pourtant, c'est la deuxième fois que Priscillia Ludosky se joint à des associations écologistes. Déjà le 25 février dernier, elle avait tenu une réunion publique appelant notamment à soutenir les démarches des groupes d'actions Alternatiba et ANV COP21. Cette cohésion nouvelle, c'est d'ailleurs celle qui est à l'initiative de la première pétition contre la hausse du carburant qui en parle le mieux. Selon elle, le mouvement des Gilets jaunes reprend des problématiques sur lesquelles "des associations alertent depuis des années sans être entendues". "Le mouvement des Gilets jaunes recense tout ce qui ne va pas, que ce soit en terme de démocratie, de pouvoir d’achat, d’écologie et de violences policières." Preuve que les liens se resserrent d'après cette figure historique de la convergence des luttes : les actions communes réalisées depuis le 27 décembre, comme le blocage d’un entrepôt Amazon. "Lorsque les associations pour le climat se rendent sur certaines cibles, on se rend compte que les Gilets jaunes les visaient aussi. Ce sont toujours les mêmes qui sont sur la black list." Et de conclure par un "tout est lié".

Une opinion clairement partagée par sa voisine Elodie Nace, du groupe Alternatiba Paris. Selon elle, cette alliance permettra de porter un "message commun" et de "hausser le ton contre un gouvernement qui reste sourd". Pour celle qui prône la "Marche du siècle" pour l'urgence climatique et sociale qui aura lieu samedi,  il faut que manifestent côté-à-côte : "le mouvement pour le climat et les Gilets jaunes". Et d'ajouter à cette liste la Marche des solidarités qui "fait enfin la Une".

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Car il existe bien une nouveauté par rapport au mois dernier : les banlieues s'unissent à l'appel. Mais peut-on vraiment être surpris par cette nouvelle alliance lorsque les Gilets jaunes dénoncent depuis "l'acte 12" les violences policières?

Pour Anzoumane Sissoko, porte-parole de la Coalition Internationale des sans-papiers et Migrant-e-s , les banlieues étaient les premières à alerter sur cette problématique. "Les violences policières sont parties des quartiers populaires et touchent maintenant tout le monde", estime celui qui était là pour représenter la Marche des solidarités qui a lieu samedi. Plusieurs collectifs ont déjà répondu présents à cet appel, comme Vérité et Justice pour Adama Traoré ou le groupe Désarmons-les. Sont donc appelés à se joindre au cortège : les collectifs de familles de victimes de violences policières, les habitants des quartiers populaires, les sans-papiers.... et les Gilets jaunes. "Conjuguons nos forces et désarmons la police", insiste-t-il. 

Une invitation saisie par le groupe des Gilets jaunes de Rungis. Représenté par Adel, il appelle à se joindre à cette marche. Selon lui, la très large majorité des personnes dans ses rangs sont issus des quartiers populaires. "Ce que subissent les Gilets jaunes ça fait quarante ans qu’on le subit dans les quartiers populaires." Yann, un  représentant du collectif Désarmons-les, est même allé plus loin. Reprenant le terme "ultimatum" utilisé par les Gilets jaunes des groupes Facebook pour le 18ème "acte",  il appelle à dénoncer les armes utilisées par les forces de l'ordre dans "l’impunité la plus totale". Concluant d’un solennel et menaçant : "L’État mutile, désarmons-le. L’État assassine, renversons-le."

#ActeCommun

Les points de crispation sont donc très similaires chez ces trois partis. En tête de liste la "violence de l'État", qu’elle soit faite par le biais des forces de l’ordre ou par le silence face à l’urgence climatique. Mais aussi le Grand débat national, les militants présents estimant pour certains qu'il est une perte de temps amenant la société "droit dans le mur" ou de "l’enfumage" pour d’autres. Mais alors si tout le monde s’accorde à dire que le moment de l'union n'était qu’une question de temps, pourquoi avoir organisé plusieurs cortèges ? Car si la Marche des solidarités se rejoindra à la Madeleine à 13h ce samedi pour se rejoindre jusqu'à Stalingrad, la Marche du Siècle pour le climat et la justice sociale a prévu de partir du Trocadéro à midi. Elle convergera ensuite avec d'autres cortèges plus disparates sur la Place de la République.

 À cette question, Anzoumane Sissoko répond qu'"il y a de l'unité dans la diversité". Et d'ajouter, sous les applaudissements de l'audience: "Nous sommes ensemble mais avec des cortèges différents, pour que chaque voix ait son sujet." Une volonté appuyée par Élodie Nace pour qui l'important est d'avoir "un message multi-facettes" pour que chacun "puisse montrer ses propres revendications". Les organisateurs de ces différents événements ont cependant prévu une action commune. Dans l'après-midi, sur la place de l'Opéra, doivent se croiser tous les cortèges. Et là, à 15h, l'ensemble des participants sont invités à "mettre un genou à terre et se tenir la main". Un symbole ultime d'union, lancé sous le hashtag #ActeCommun.

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