Gilets jaunes : à quoi s'attendre pour l'"ultimatum" à nouveau lancé à Paris pour ce "23e acte" ?

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GILETS JAUNES - Depuis plusieurs semaines, les appels pour un nouvel "acte" parisien pour ce 23e samedi de mobilisation de Gilets jaunes se multiplient, faisant craindre un retour des scènes de violences dans la capitale.

L'incendie de Notre-Dame de Paris et la fin du Grand débat national n'y auront rien changé. Le deuxième "ultimatum", lancé depuis près d’un mois, aura bien lieu. Les Gilets jaunes appellent à se mobiliser massivement dans la capitale ce samedi 20 avril avec la volonté clairement affichée de réitérer la manifestation du samedi 16 mars, émaillée de nombreuses dégradations. Sur Facebook, les similitudes avec le "18e acte" sont nombreuses. Et présagent d’un "acte" 23 particulièrement tendu alors qu'Emmanuel Macron tiendra une conférence de presse le jeudi 25 avril pour conclure le Grand débat et tenter d'apporter des réponses aux sympathisants des Gilets jaunes.  

Eric Drouet conseille au gouvernement de se "préparer"

Au lendemain du 18e "acte" Maxime Nicolle estimait déjà qu’un "très gros acte" allait à nouveau avoir lieu à Paris. Sur les groupes de Gilets jaunes, l’envie ne manquait pas de suivre cette initiative, et ils étaient nombreux à avancer la date du 20 avril.  De quoi pousser Eric Drouet à officialiser la date. Dans un direct enregistré le 28 mars, intitulé "Mr Castaner, Mr Macron, le 20 avril arrive : Préparez-vous!!", il envoie un "petit message" au ministre de l’Intérieur et au président de la République. "Le 20 avril arrive, là on s’y prend trois semaines à l’avance", prévient-il, avant de leur demander de "s’organiser". "Démerdez-vous comme vous voulez, mais ne faites pas passer les Gilets jaunes pour des cons. C’est votre métier de faire le maintien de l’ordre."

Un avertissement qu’il accompagne d’un "conseil", celui de "répondre aux demandes [des Gilets jaunes] qui sont très simples : plus de démocratie, plus de pouvoir d’achat, le RIC, etc.". Cette annonce n’est pas anodine. C’est également Eric Drouet qui avait donné de l’ampleur à l’événement du 16 mars en estimant sur sa chaîne YouTube qu’il allait être "très, très important". 

"Ultimatum 2"

Suite à cette déclaration, une flopée d'événements a  été créée. Et leur titre est pour le moins explicite. Le plus populaire reprend l’intitulé du "18e acte", demandant un "ultimatum 2". Vendredi matin, 18.000 personnes se disaient intéressées. C’est 2000 de plus que pour son prédécesseur. Et sur Facebook, les organisateurs l’écrivent noir sur blanc, ils appellent "tous les citoyens" à se rendre dans la capitale "de manière non pacifique et jaune". 

D’autres initiatives, tout aussi  hostiles, rencontrent un franc succès. 5500 personnes se disent intéressées par l'événement nommé "Paris Ultimatum Et Révolte Du Peuple ! " C’est autant que pour celui qui donne "RDV à l'Elysée !" ce samedi. Ce dernier propose comme point de rencontre le siège de la présidence de la République. Une zone évidemment interdite aux manifestations depuis le début du mouvement. Enfin, un dernier événement peut être relevé. S’il rencontre moins d’adhésion il a été créé par une page de Black blocs et réclame un "acte 23 la France en noir". 


Comme pour le 16 mars, les initiatives locales proposant de se rejoindre à Paris ce sont donc multipliées. 

Quant à savoir où se réuniront les Gilets jaunes, aucun des événements principaux ne le diffuse. S’ils s’étaient naturellement retrouvés aux Champs-Elysées lors du "18e acte", il sera plus compliqué d’y accéder ce samedi. Comme chaque week-end depuis un mois, un arrêté interdit tout rassemblement sur l’avenue des Champs-Elysées ainsi que sur les voies perpendiculaires sur une distance de 100 mètres à partir de cette portion. Les cortèges, défilés et rassemblements des Gilets jaunes, sont également interdits dans le périmètre de Notre-Dame-de-Paris. 


Un autre parcours a également été déposé par Priscillia Ludosky, et partagé ce vendredi par Eric Drouet. Il prévoit un départ devant le ministère des finances à 12h30, avant de rejoindre Montmarte. Le cortège devrait ensuite se séparer, une partie ira jusqu'au forum des Halles tandis que l’autre se dispersera sur la place Charles-de-Gaulle-Etoile. Un lieu interdit qui explique pourquoi cette manifestation n’a pas été autorisée par la préfecture. Didier Lallement, préfet de Paris, a ainsi annoncé qu’un seul cortège avait été admis. Il concerne celui organisé par le groupe de Sophie Tissier, qui ne rencontre pas un franc succès, et prévoit de se rendre de la basilique Saint-Denis à Jussieu. 

Les autorités s'inquiètent

Nouveauté cependant, les autorités s’inquiètent. Une note interne, que Le Point s’est procuré, prévoit ainsi qu’un "bloc radical" composé 1500 à 2000 personnes "ultra-jaunes" ou "membres de la mouvance contestataire" devraient "chercher à faire dégénérer les rassemblements organisés dans la capitale par des déambulations erratiques parsemées d'actes violents et par des velléités d'exactions dans des lieux symboliques comme le secteur des Champs-Élysées et le plateau de l'Étoile". 


Christophe Castaner a lui aussi tiré la sonnette d’alarme. Lors d’un point presse organisé ce vendredi, le ministre de l’Intérieur a assuré que, d’après leurs informations, "les casseurs seront à nouveau au rendez-vous demain" et de préciser qu’ils seront présents "à Toulouse, à Montpellier, à Bordeaux par exemple et tout particulièrement à Paris". "L'objectif affiché est clair", a-t-il poursuivi : "reproduire le 16 mars". 

En région, plusieurs préfectures ont donc pris les mêmes arrêtés que les samedis précédents. Par exemple à Nantes, où les manifestations non déclarées seront interdites dans le centre-ville car des "individus radicaux" sont "susceptibles de mener des actions violentes", selon la préfecture de la Loire-Atlantique. Une initiative prise également sur la place de la Capitole à Toulouse.  Sur tout le territoire, ce ne sont pas moins de 60 000 policiers et gendarmes qui seront mobilisés ce samedi, selon l’Intérieur, et 5000 uniquement dans la capitale, d'après nos informations. Une présence aussi forte que lors du 18e "acte" .

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