Près de 300 lycées et collèges perturbés ou bloqués, plus de 700 interpellations dans tout le pays

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TENSIONS - Environ 280 établissements de niveau secondaire ont été bloqués ou perturbés ce jeudi. Plusieurs incidents ont été recensés. Les forces de l'ordre ont procédé à plus de 700 interpellations, dont près de 150 devant un lycée de Mantes-la-Jolie. De nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Au quatrième jour de ce mouvement de contestation né dans la foulée des Gilets jaunes, plusieurs incidents ont été recensés, conduisant à plus de 700 interpellations au total. Sur l'ensemble du territoire, environ 280 collèges et lycées ont été perturbés ou bloqués. Et rien ne semble indiquer une baisse de la mobilisation, les syndicats lycéens ayant appelé à maintenir la pression et intensifier le mouvement par une "mobilisation générale" avant de nouvelles manifestations ce vendredi.


Signe d'une certaine inquiétude, dans l'Oise, pas moins de 17 établissements afficheront portes closes, notamment à Beauvais, où cinq lycées sont concernés par l'arrêté de fermeture pris par la préfecture du département (voir la liste ci-dessous).   

153 arrestations à Mantes-la-Jolie

Ce jeudi, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), 153 jeunes ont été arrêtés après des heurts et des dégradations, a indiqué le commissaire Arnaud Verhille. Selon nos informations, 122 d'entre eux ont été placés en garde à vue. Ces arrestations, dont les images ont suscité une vive émotion, ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures avaient été incendiées mercredi et où des heurts avaient éclaté avec la police. Pour l'ancienne ministre Cécile Duflot, désormais à la tête d'Oxfam France, "ce qu'il s'est passé avec les lycéens de Mantes-la-Jolie (...) est simplement intolérable".

Les situations sont très hétérogènesMinistère de l'Education nationale

Au total, 45 collèges et lycées ont été bloqués ce jeudi en France et près de 240 autres ont vu leur fonctionnement perturbé. "On est sur des chiffres à peu près similaires aux jours précédents", indiquait dans la journée le ministère de l'Education. "Selon les établissements, les situations sont très hétérogènes, entre les blocages totaux, partiels, les barrages filtrants, des feux de palettes..."

Les tensions étaient également fortes dans les Hauts-de-Seine ou en Seine-Saint-Denis, où on recensait jeudi pas moins de trente-sept lycées et deux collèges bloqués. A la Courneuve, devant le lycée Denis-Papin, une trentaine de jeunes cagoulés ont notamment jeté des cocktails Molotov et incendié une voiture, selon la police. Dans le Val-de-Marne, ce sont environ 150 jeunes, dont certains portaient des gilets jaunes, qui se sont rassemblés devant le lycée polyvalent de Cachan. 

Plusieurs milliers de lycéens ont manifesté jeudi à Marseille, dans le cadre d'un mouvement suivi dans tout le sud de la France. Partis de la faculté Saint-Charles vers 11H00, les lycéens marseillais se sont d'abord rendus vers le Vieux Port avant de revenir à leur point de départ, encadrés par plusieurs enseignants CGT, SUD-Solidaires et SNES. Survolés par un hélicoptère, les manifestants étaient sous la surveillance étroite des forces de l'ordre, avec une quarantaine de véhicules de police sur le Vieux-Port. 


Plusieurs lycées marseillais avaient été fermés à l'avance jeudi par le rectorat, qui avait évoqué "trop de risques de blessés", soulignant la présence d'éléments extérieurs parmi les élèves. Dans la matinée, la tension est montée devant d'autres établissements, avec des jets de pierre et des caillassages des forces de l'ordre et de nombreux feux de poubelles. 

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À Garges-lès-Gonesse, les lycéens lancent un appel au calme après les violences de la veille

Une trentaine d'établissements ont également été impactés dans l'académie de Montpellier (Hérault), avec de nombreux "incidents et actes d'incivilité". À Béziers, deux élèves ont notamment été blessés à la pommette - et non à l’œil comme initialement indiqué par le rectorat - et à la cuisse.  


Le mouvement lycéen a également touché Nice (Alpes-Maritimes), avec des centaines d'élèves dans la rue et au moins quatre établissements touchés. La manifestation a dégénéré en un violent face-à-face entre la police et des jeunes aux abords du lycée du Parc Impérial, l'un des plus grands établissement de Nice avec plus de 1.700 élèves, avec plusieurs interpellations "musclées" selon un enseignant.

11 blessés à Toulouse

La mobilisation des lycéens à Toulouse  s'est poursuivie jeudi, avec des blocages d'établissements et une manifestation  ponctuée de violences au cours de laquelle 11 personnes ont été blessées - 8 policiers, 2 lycéens et un proviseur. Un journaliste de France 3 a par ailleurs été "bousculé". "L'un de nos journalistes sur place a été malmené, des élèves lui ont arraché et volé sa caméra", a précisé la chaîne sur son site.


Le ministre de la Culture Franck Riester a apporté dans un tweet son "soutien total aux journalistes attaqués à #Toulouse. Aucune indulgence pour  ceux qui les menacent, les pourchassent, les caillassent. Aucune excuse pour ceux qui les empêchent d'informer, d'exercer leur métier". Au total, la manifestation à Toulouse a réuni quelque 300 personnes et "environ 1.830 lycéens" se sont mobilisés sur l'ensemble du département avec une vingtaine d'établissements concernés, selon un communiqué conjoint de la  préfecture et de l'Académie de Toulouse.

Dans le Nord, où 47 personnes ont été interpellées, une trentaine d'établissements ont connu des mouvements de blocage. A Lille, des centaines de jeunes se sont rassemblés devant le lycée international Montebello. Plusieurs centaines d'élèves de différents établissements ont ensuite convergé à la mi-journée devant le rectorat et dans le centre-ville, où les forces de l'ordre les ont dispersés à l'aide de gaz lacrymogènes. La situation était revenue au calme jeudi après-midi.

Ces lycéens contestataires appellent à l'abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle et de la loi ORE, introduite l'an dernier pour l'entrée à l'université et instituant la controversée plateforme Parcoursup.

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La colère des Gilets jaunes ne s'éteint pas

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