Gilets jaunes : comment se positionnent les syndicats et les partis politiques ?

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COLÈRE – Alors que le bras de fer entre le gouvernement et les Gilets jaunes se poursuit, tous les partis d’opposition saluent la légitimité de cette lutte, qui symbolise selon eux, l’injustice sociale de la politique menée par Emmanuel Macron. Paradoxalement, les syndicats, eux, sont beaucoup plus dubitatifs.

Rarement un mouvement de protestation n’aura rassemblé aussi largement. Tous les partis d’opposition soutiennent les revendications des Gilets jaunes, tout en prenant soin de condamner les débordements observés ici ou là. Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, qui était sur le plateau du 20H de TF1 lundi soir, a demandé à Emmanuel Macron de "ne pas tourner le dos à cette France" qui réclame la suppression des hausses de taxes sur les carburants. Une revendication qu’il a fait sienne afin, dit-il, "de sortir de l’impasse". 


Sans surprise, le Rassemblement national a lui aussi pris fait et cause pour ce mouvement. Mardi, l’eurodéputé Steeve Briois a dénoncé "le matraquage fiscal" et "le mépris de moins en moins dissimulé des élites politiques totalement déconnectées", dont les Gilets jaunes seraient victimes à ses yeux. "Alors qu’il reste sourd depuis plusieurs jours aux revendications légitimes du mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement a décidé depuis quelques heures de le réprimer violemment", déplore également le maire de Hénin-Beaumont. 

Le PS réclame un "Grenelle du pouvoir d'achat"

A gauche, on dénonce également une hausse trop brutale de la fiscalité sur les carburants, qui frappe en premier lieu les foyers modestes. Pour la France insoumise, cette hausse est socialement injuste car elle est avant tout destinée à combler la suppression de l’ISF, assure la députée Sabine Rubin. Ce n’est d’ailleurs qu’en rétablissant "la justice sociale" que reviendra "l’ordre", a souligné Jean-Luc Mélenchon mardi à l’Assemblée.

Une fois n’est pas coutume, la France insoumise et le PS sont sur la même longueur d’onde. Mardi, à l’Assemblée, la députée socialiste Valérie Rabault a accusé le gouvernement, en raison de sa politique fiscale, d’appauvrir des millions de retraités et de salariés. C’est pourquoi, au nom des socialistes, elle a réclamé "un gel" des hausses de fiscalité sur les carburants ainsi qu’un "Grenelle du pouvoir d'achat".


Symbole de cet unanimisme, même les écologistes appellent le gouvernement à revoir sa copie. Si Europe Ecologie-Les Verts n’a pas appelé à manifester le 17 novembre, le parti écologiste estime néanmoins que le mouvement des Gilets jaunes exprime une "colère nourrie par un légitime sentiment d’injustice" car "ce sont les plus pauvres qui ressentiront le plus violemment la hausse du prix du carburant". 

Les syndicats dans l’expectative

Du côté des syndicats, c’est un peu plus compliqué. S’ils avaient bien senti qu’une colère grondait dans l’opinion, ils n’ont pas vu venir la montée en puissance de ce mouvement citoyen. Et pour l’instant, ils se contentent essentiellement de l’observer avant d’éventuellement le soutenir. A cette heure, seule la branche Transports de Force ouvrière a appelé ses membres à rejoindre les cortèges de Gilets jaunes.


D'autres vont-elles suivre ? Mercredi, la CFDT Transports a décidé de ne pas se joindre au mouvement, tandis que la CFTC devait également se prononcer. A vrai dire, ce mouvement provoque certains remous au sein des organisations syndicales. Car si les principaux dirigeants restent pour l’instant dans l’expectative, la base se retrouve dans les revendications portées et souhaiterait s’y associer. 


A la CGT, par exemple, beaucoup n’ont pas compris les réticences de leur secrétaire général, Philippe Martinez, qui a dit craindre un mouvement manipulé par l’extrême droite. "75 % des Français partagent cette colère. Les syndiqués de la CGT en font forcément partie", lui a rétorqué Fabrice Angéi, secrétaire confédéral de la CGT, rapporte Ouest France. A défaut de susciter une unité syndicale, les Gilets jaunes auront au moins eu le mérite de fédérer à leur cause tous les partis d’opposition. 

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