Gilets jaunes, "saison 19/20" : à quoi s’attendre pour la rentrée sociale du mouvement ?

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La colère des Gilets jaunes

RENTRÉE JAUNE - Après un été plutôt calme, les Gilets jaunes espèrent un retour de la contestation en ce début septembre. Quelles formes va prendre cette rentrée sociale ? Des actions sont-elles prévues ? On fait le point.

On ne peut pas faire plus clair : "Gilets jaunes, ce n’est pas fini, la rentrée arrive."  C’est le titre de la vidéo publiée par Eric Drouet. Après deux mois de silence, cette figure du mouvement est retournée devant sa caméra le 20 août pour promettre un retour de la contestation dès le mois de septembre. Un désir partagé dans les rangs des Gilets jaunes. 

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Lui-même l’admet. "Ça fait longtemps" qu’il n’avait pas remobilisé les troupes avec une vidéo. Il y a eu les vacances, et un bon nombre de manifestants s’est mis en "stand-by", constate-t-il. Mais hors de question de laisser tomber pour autant. Comme Maxime Nicolle, il mise sur une rentrée sociale massive. "Tout le monde me dit : 'J’espère que ça va reprendre au mois de septembre'", indique son compagnon de lutte dans un live Facebook, également publié le 20 août. "De plus en plus de personnes espèrent que ça va reprendre, et j’en fais partie", confie "Fly Rider". Un avis partagé dans les groupes Facebook de Gilets jaunes. "Vous êtes en forme pour cette rentrée ?", demande l’un d’eux, quand un autre lance que ce sera bien la "rentrée pour tout le monde". 

Quand s'attendre à un retour dans les rues?

Deux dates sont décrites comme "importantes". Tout d’abord les 7 et 8 septembre pour "le retour de tout le monde". "Beaucoup de gens n‘ont qu’une hâte : le premier week-end de septembre", prévient Maxime Nicolle. Pour l’occasion, Eric Drouet a même créé un événement, ce qui n’était pas arrivé depuis sa première garde à vue. Comme pour faire écho à la première action parisienne lancée le 17 novembre dernier, il organise le premier "acte" de la "saison 19/20", toujours dans la capitale. Pour le moment, cette date a intéressé 1200 personnes. C’est moins que celle lancée le même jour à Bordeaux. Et pour cause, c’est dans la préfecture de la Gironde qu’est organisée l'université d’été de La République en Marche. A Paris ou en région, cette date pourrait donc bien s’annoncer mobilisatrice. "C’est la rentrée des clash", promet un autre événement qui conseille de manifester partout en France. 

Une autre "très grosse date" est partagée par les figures du mouvement, le 21 septembre, en hommage à Steve Maia Caniço, jeune Nantais, décédé trois mois plus tôt à Nantes, le soir de la fête de la musique, à la suite d'une intervention policière. En attendant,  le 14 du mois est prévu une "opération Terminale" à l’aéroport d’Orly. Créée par le groupe "Opérations spéciales GJ", qui se présente comme luttant contre "le vrai pouvoir", elle a pour objectif de faire signer la pétition contre la privatisation d’ADP au plus grand nombre, alors que l'initiative pour instaurer un référendum n'a pour l'instant rempli que 15% de l'objectif final.

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La forme, toujours en débat

Marches, blocages des ronds-points, appels aux boycotts ? Comme à chaque fois, si le fond est partagé, les avis divergent sur la forme. Eric Drouet indique que les manifestations déclarées n'ont toujours pas ses faveurs. Et propose même de revenir sans gilet jaune, le symbole de la contestation qui a rapidement été synonyme de repérages policiers et d'interdictions préfectorales.

Sa préférence ? Une action du 14 juillet dernier, où plusieurs individus étaient notamment parvenus à siffler le passage d’Emmanuel Macron. Une réussite, pour le routier, qui en a tiré des leçons : il estime désormais que se mobiliser sans la célèbre chasuble permettra d’" investir les lieux où [ils] ne [peuvent] plus accéder". " C’est la seule façon."

De son côté, Maxime Nicolle espère un début de boycott de "grandes multinationales, grandes surfaces ou grands groupes". Dans la lignée des "Opérations spéciales GJ", il veut s'attaquer à ceux qui se font des "dividendes record" et des "marges de ouf". Quoi qu'il en soit, les Gilets jaunes sont nombreux à vouloir relancer le mouvement. Invité sur LCI ce jeudi, l'un d'eux, Yann Le Bihan, le promet : le mouvement né le 17 novembre dernier "va continuer" car "rien n'a été réglé".

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