Gilets jaunes : trois personnes mises en examen après la décapitation d'une effigie de Macron

Gilets jaunes : trois personnes mises en examen après la décapitation d'une effigie de Macron

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JUSTICE - Trois personnes ont été mises en examen, ce samedi 29 décembre, dans le cadre de l'enquête concernant la décapitation d'un pantin à l'effigie d'Emmanuel Macron, lors d'un rassemblement, la semaine dernière, dans la ville d'Angoulême.

La symbolique a été si forte que le parquet avait décidé d'ouvrir une enquête, après la diffusion d'une vidéo montrant un pantin à l'effigie d'Emmanuel Macron, décapité par des Gilets jaunes, en Charente, la semaine dernière. Ce samedi, trois personnes - deux hommes et une femme, âgés de 25 à 45 ans - ont été mises en examen à Angoulême pour "provocation à la commission d'atteinte à la vie" du président, qui peut aller jusqu'à cinq ans de prison, "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", qui peut être puni d'un an, et six mois pour déclaration incomplète ou inexacte de manifestation.


Les trois individus, placés en garde à vue vendredi, ont été entendus au commissariat en tant qu'organisateurs de la manifestation, qui avait fait l'objet d'une déclaration en préfecture, après une enquête ouverte pour "provocation publique à la commission d'un crime" et "outrage à personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé le parquet. Une trentaine de Gilets jaunes se sont rassemblés dans la matinée en soutien au trio, qui devait passer la nuit en garde à vue.

C'est la préfète de Charente qui avait fait un signalement auprès du parquet. Celle-ci avait, dans un communiqué samedi dernier, "dénoncé avec la plus grande fermeté" des faits "portant gravement atteinte tant à la personne qu'à la fonction du président de la République". La préfecture avait signalé "des faits graves", "susceptibles d'être qualifiés pénalement". Elle rappelait que si la manifestation avait fait l'objet d'une déclaration en préfecture, "le détail de son déroulement n'avait pas été précisé".


Lors du rassemblement pacifique au parc de Bourgines à Angoulême, auquel participaient une cinquantaine de Gilets jaunes, un "procès" fictif d'Emmanuel Macron avait été simulé, à l'issue duquel le pantin à l'effigie du chef de l'Etat avait été décapité à la hache.

Une pièce de théâtre organisée par des 'gilets jaunes', pour des 'gilets jaunes'L'avocat de l'un des trois hommes mis en cause

Un simulacre de décapitation qui avait ému jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Le Premier ministre Edouard Philippe avait dénoncé cet acte dans un tweet. "Il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l'objet d'une condamnation unanime et de sanctions pénales", avait-t-il écrit.


L'avocat des trois hommes, Me Pierre-Henri Bovis, a regretté ces prises de position donnant à l'affaire un "tournant politico-judiciaire". Il a estimé que ses clients étaient victimes d'une "lourde médiatisation", "contre leur gré", d'un "événement qui relevait d'un second degré", une "pièce de théâtre organisée par des 'gilets jaunes', pour des 'gilets jaunes'". "Si cela a choqué, ils en sont conscients et prêts à s'excuser", mais, a-t-il insisté auprès de l'AFP, "ils ont agi dans un cadre légal", et "ont usé de leur droit de manifester et d'organiser un événement déclaré en préfecture, sans haine ni violence."

Trois journalistes entendus

Par ailleurs, trois journalistes, dont un photographe de la Charente Libre, qui avaient couvert le rassemblement, ont été entendus jeudi par la police, où ils avaient été convoqués non comme témoins mais comme "mis en cause", selon le quotidien qui a défendu sa couverture de l'événement, "selon les critères déontologiques et conformes au droit à l'information".

Le Syndicat national des Journalistes s'en est ému dans un tweet : "Trois journalistes de @charentelibre mis en cause pour avoir couvert une manifestation. Mais où va-t-on ? Et la liberté d'informer ?", s'est indigné le premier syndicat national de la profession. 

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