Transports, enseignants, avocats, énergie... au 36e jour de grève, une mobilisation toujours très forte et diverse

Transports, enseignants, avocats, énergie... au 36e jour de grève, une mobilisation toujours très forte et diverse
Social

Toute L'info sur

Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

GRÈVE - La première action massive de 2020 aura lieu ce jeudi 9 janvier. A l'appel de l'intersyndicale, de nombreux secteurs d'activité se mettront en grève et descendront dans la rue contre la réforme des retraites. Alors, qui sera présent dans la rue ?

Ils veulent que le signal d’alarme soit "plus fort" qu'en décembre. En plein bras de fer avec un gouvernement qui "joue l'enlisement", l'intersyndicale parie sur une mobilisation monstre ce jeudi 9 janvier afin d’obtenir le retrait pur et simple du projet de loi sur la réforme des retraites. Un appel entendu tant les secteurs seront nombreux à se mobiliser, des transports et l'énergie en passant par les pompiers et les policiers. On fait le point. 

Lire aussi

Les transports

Comme depuis un mois, la SNCF et la RATP continueront leur grève illimitée pour protester contre la réforme des retraites et la suppression de leurs régimes spéciaux. Alors que près de quatre cheminots sur dix étaient encore en grève ce mercredi, soit à peine moins qu'au début du mouvement, seuls les Franciliens subissaient encore la grève dans leurs transports publics. Sauf que cette fois-ci, le reste du réseau français devrait lui aussi connaître des perturbations. Comme à Marseille, où la régie des transports annonce que seule la moitié des bus circuleront, ou à Lorient, où le syndicat CGT de la compagnie de transport de la région appelle à une grève de 24 heures, reconductible jusqu’au 16 janvier, selon Le Télégramme.

Voir aussi

Au-delà des rails et des routes, ce sont aussi les ports qui devraient tourner au ralenti. La Fédération nationale des ports et docks CGT a appelé jeudi à une opération "ports morts". Les ouvriers avaient déjà cessé leur activité à quatre reprises depuis le 5 décembre, créant un problème d’approvisionnement en produits frais en Martinique, où les rayons se vident progressivement. "Chers clients, en raison de mouvements sociaux dans les ports hexagonaux, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer l’ensemble de vos produits habituels", ont ainsi découvert les habitants à la place de leurs produits habituels.

L’énergie

L’industrie pétrolière devrait connaître un nouveau "grand temps fort". C’est en tout cas ce que souhaite Thierry Defresne, délégué syndical de la CGT chez Total qui appelle à la grève, tout comme ses camarades de la CGT Chimie. Ils espèrent un blocage de toutes les installations pétrolières du pays, et ce pendant quatre jours. Objectif : "Faire en sorte qu'aucun produit ne sorte de nulle part pendant 96 heures." Sur Twitter, le syndicaliste  s’est félicité que la totalité des raffineries se mobilisent. Une action d’ores et déjà décriée par le gouvernement, la secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, la jugeant même "illégale". Les agents de la centrale nucléaire de Gravelines ont eux aussi fait savoir ce matin qu’ils allaient cesser leur activité.

La fonction publique

Sans surprise, la fonction publique sera elle aussi dans la rue. Alors que la CGT, la CFE-CGC et la FSU ont claqué la porte de la réunion à Bercy, les syndicats du secteur appellent à ne "rien lâcher". C’est le cas tout particulièrement dans l’éducation. Malgré ce qui est présenté par le gouvernement comme des concessions, les organisations CGT Éduc’action, FSU, SNALC, SUD Éducation et FAEN ont choisi de participer à la grève afin d’en faire un temps "d’une ampleur exceptionnelle". "L’opinion publique, tout comme les personnels de l’Éducation, ne se laisseront pas abuser ni par les opérations médiatiques du gouvernement, ni par les tentatives d’opposer les salariés entre eux, les générations entre elles", ont-ils expliqué dans un communiqué alors que des discussions avec Jean-Michel Blanquer doivent reprendre le 13 janvier. 

Côté soldats du feu, en grève depuis juin pour dénoncer le manque d’effectifs et de reconnaissance de leur profession, les pompiers seront évidemment de la partie. Un grand rassemblement est d’ailleurs prévu à Paris le 28 janvier. D’autres forces, celles de l’ordre, pourraient elles aussi être dans la rue. C’est en tout cas ce que demande le syndicat Unité SGP Police FO, qui appelle les policiers à se joindre à la grande manifestation. La mobilisation s'annonce cependant faible dans ces rangs, les fonctionnaires n’ayant pas le droit de grève. Seuls ceux qui seront en repos pourront battre le pavé. 

La santé

Alors qu’un mouvement inédit embrase les urgences depuis plusieurs mois, c’est sans surprise que la CGT santé a déposé un préavis de grève national. Au-delà des retraites, il cherche à faire entendre leurs propres revendications, telles que la suppression des emplois jugés précaires, une "amélioration des conditions de travail et de vie" et des "augmentations salariales". Le champ d’action du syndicat recouvre aussi  bien la fonction publique hospitalière que l’action sociale, avec notamment l’Etablissement français du sang qui devrait se mettre à l’arrêt.

Voir aussi

Les avocats

Plus surprenant, les avocats rejoignent les rangs. La Conférence des bâtonniers, le Barreau de Paris et le Conseil national des barreaux – qui représente 70.000 magistrats – sont entrés dans une grève "dure" face au gouvernement qui reste sourd à leur situation jugée "critique". Ils désirent notamment se faire entendre en "cessant toute activité judiciaire". Ces derniers jours, les assemblées générales se sont d’ailleurs multipliées partout en France, avec de nombreux barreaux qui font "Justice morte", comme à La Rochelle, Lyon, Bordeaux, Béthune ou Bastia, selon les informations de Libération. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a d’ores et déjà répondu au mouvement, en invitant les magistrats à "continuer de dialoguer."

L'aviation

Deux syndicats d’Air France avaient appelé à se mobiliser cette semaine. Tandis que les pilotes faisaient grève ce lundi et mardi, c’est au tour des hôtesses et stewards du SNGAF d’inviter les personnels navigants à "descendre des nuages". Deuxième syndicat dans les rangs, il considère que les "propositions du gouvernement ne mènent qu’à la disparition pure et simple" de la caisse de retraite des pilotes, hôtesses et stewards.

Voir aussi

A Paris, toutes ces professions se retrouveront dans un cortège unique. Il partira à 13h30 de la place de la République pour se rendre à la place Saint-Augustin, dans le 8ème arrondissement. 

Comme toujours, depuis un mois, des Gilets jaunes ont fait savoir qu’ils comptaient descendre dans la rue, eux aussi. Le préfet de police a donc pris un arrêté dans la capitale. Il interdit tout rassemblement de personnes se revendiquant de ce mouvement dans un large périmètre, comprenant l'avenue des Champs-Elysées, dans un périmètre comprenant la présidence de la République et le ministère de l’Intérieur, dans les secteurs de l’Assemblée Nationale, de l’Hôtel Matignon, du Sénat, de la Cathédrale Notre-Dame de Paris et de la préfecture de Police, du Trocadéro et du Champs de Mars, du forum des Halles, de la gare Saint-Lazare et des Grands magasins.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent