Grève à la RATP : pourquoi prendre le métro reste si compliqué malgré "l'amélioration" du trafic ?

Grève à la RATP : pourquoi prendre le métro reste si compliqué malgré "l'amélioration" du trafic ?
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EXPLICATIONS - Ce mardi encore, la direction de la RATP indique que si le trafic reste "très perturbé", aucune ligne de métro ne sera totalement fermée dans la capitale. Une annonce qui semble présager d'un retour vers une situation normale, ou presque. Sauf que les usagers sont loin de percevoir cette éclaircie.

Chaque jour, on annonce une "légère amélioration". Reste qu'après plus d’un mois de grève contre la réforme des retraites, la foule était encore immense ce lundi 6 janvier dans certaines stations du métro parisien, comme à la gare Saint-Lazare où des usagers se plaignaient d’attendre trente minutes avant de pouvoir rejoindre leur correspondance. Des difficultés qui tranchent avec l'évolution du nombre de lignes accessibles, dont l'augmentation semble bel et bien témoigner d'une nette éclaircie. Mais alors comment expliquer que les voyageurs ne la ressentent pas ?

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Un plan de transport dépendant des grévistes

Mieux vaut d'abord ne pas se fier aux seules réouvertures de lignes. De fait, si "toutes les lignes" seront accessibles ce mardi, contre seulement cinq au premier jour de grève, elles le sont rarement intégralement. Et au-delà de ne pas toujours desservir les grandes gares, elles ne roulent pour la plupart que trois heures le matin et trois heures le soir en semaine, avec une fréquence réduite à minima. 

Contactée par LCI, la RATP indique que ce plan tend tout d'abord à "prioriser" les heures de pointe afin de "permettre aux voyageurs de se rendre au travail". Pas de surprise à ce niveau-là. Quant aux fermetures de stations ? "Elles se font en fonction des correspondances", nous assure-t-on. Et de prendre en exemple la ligne 8, longtemps "exploitée uniquement pour récupérer d’autres rames qui fonctionnent", comme la 1, ou bien "le réseau de surface", à savoir, les trams et les bus. "On utilise des rames comme rabattements vers d’autres transports disponibles." 

Un plan de transport complexe et surtout changeant, car totalement dépendant du taux de grévistes, souligne la régie qui, contrairement à la SNCF, ne publie pas ce chiffre. 

Pour faire fonctionner ou ouvrir une station, la RATP rappelle qu'elle a besoin de personnes pour "conduire", chacun étant rattaché à une seule ligne, de personnel pour "être au poste de commandement", mais aussi d'assez d’agents "de stations, de sécurité et de maintenance". Ce n'est qu'en fonction de tous ces éléments que des plans de transport sont donnés chaque après-midi, aux alentours de 17h, mais aussi à 6h, quand des travailleurs finissent par se rendre disponibles le matin, permettant l’ouverture de nouveaux arrêts.

Une offre réelle qui serait en baisse

Il faut cependant savoir que la hausse du nombre de rames accessibles ne rend pas forcément la situation moins déplorable. Pire encore, elle se dégraderait, fait valoir "Plus de trains". Ce collectif décortique, jour par jour, le "taux de service" réel du réseau grâce au nombre de trains annoncé, aux portions ouvertes et à la durée de circulation. Un taux qui n’atteignait que 28% ce lundi, soit à peine huit points de plus qu’au premier jour de grève et deux points de moins que la semaine dernière. 

Plus évocateur encore, le cas de la ligne 13. Présentée comme "ouverte", elle n’est en fait disponible qu’à 1%, selon cette méthodologie. 

Des ouvertures en trompe l’œil qui créent la confusion chez les usagers. C’est en tout cas ce que regrette le collectif qui va jusqu’à accuser la RATP d’être "irresponsable". Selon lui, ces effets d'annonce poussent les usagers à se rendre en gare, rendant la situation chaotique et dangereuse. Et conduisant même parfois à la mise à l'arrêt des seules lignes qui fonctionnent.

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Ce fut le cas ce matin à Saint-Lazare : tandis que des trains de banlieue, de plus en plus nombreux, affluaient vers la gare, la station s’est retrouvée "totalement engorgée" faute d’avoir suffisamment de métros accessibles pour les usagers arrivant. Une situation qui a provoqué la fermeture temporaire de la ligne 14, pourtant automatique et donc censée circuler normalement. De quoi rendre difficile la perception de l'amélioration avancée par la RATP.

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