Grève du 5 décembre : qu’est-ce que cette "caisse de grève" de 126 millions d’euros dont dispose la CFDT ?

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SYNDICALISME – La CFDT dispose-t-elle d’une "caisse nationale d’action" de 126 millions d’euros ? Oui, confirme ce lundi son secrétaire général, Laurent Berger, à LCI. En donnant quelques détails sur son fonctionnement et sa vocation.

L'ampleur de la somme peut surprendre. Le Journal du dimanche nous apprenait ce week-end que la CFDT avait provisionné pas moins de 126 millions d'euros pour faire face à un éventuel mouvement de grève. 

Interrogé à ce sujet, lundi matin sur LCI, par Elizabeth Martichoux, le secrétaire général de ce syndicat Laurent Berger a confirmé l'existence d'une telle "caisse de grève", tout en apportant quelques précisions sur les motifs qui ont poussé à la constituer. Selon lui, la somme, économisée sur les deniers des adhérents du syndicat, dépasse le strict cadre de la grève. 

Cette caisse ne concerne pas que la grève, mais d’abord la défense juridique, individuelle et collective, l’aide aux adhérents lorsqu’ils mènent un conflit dans leur entreprise...- Laurent Berger

"Cette caisse d’action n’est pas spécifiquement destinée à soutenir ce type de grèves, a-t-il répondu du tac au tac. Vous savez, la semaine dernière à Vivarte, la Halle aux vêtements, etc, les salariés ont fait grève (à Albi, ndlr), la CFDT a appelé à la grève pour des questions de salaires. Aucune augmentation de salaire, un intéressement de 13 euros, ce qui est du mépris total, presque pire que si on ne leur donnait rien... Eh bien pour un cas comme celui-là, les adhérents de la CFDT, tous les mois quand ils cotisent, il y a une part de cette cotisation qui va dans cette caisse de solidarité. Elle ne concerne pas que la grève, mais d’abord la défense juridique, individuelle et collective, l’aide aux adhérents lorsqu’ils mènent un conflit dans leur entreprise... Ça, c’est l’argent des adhérents de la CFDT."

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Cette "caisse de grève", comme on la surnomme, Caisse nationale d'action syndicale (CNAS) de son nom officiel, a en fait été instituée par la CFDT en 1973, sur la base d’un financement par une partie des cotisations, initialement à hauteur de 1,3%, aujourd’hui de 8,6%. Son but : permettre aux adhérents, outre le soutien juridique, de bénéficier, à partir du deuxième jour de grève, d’une compensation financière de 7,30 euros de l’heure, soit peu ou prou l’équivalent d’un Smic horaire. 

Ce fonds accumulé de 126 millions d’euros dépasserait d’assez loin les caisses équivalentes des autres syndicats, alimentées par des appels aux dons ponctuels durant un conflit donné. À titre d’exemple et de comparaison, en 2016, lors des manifestations contre la loi El Khomri, la CGT avait ainsi réuni environ 500.000 euros.

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En clair : seule la CFDT serait à même de financer une grève de plusieurs semaines. Mais ce n’est que de la théorie, puisque financer une seule journée pour 50.000 grévistes coûterait près de 3 millions d’euros, et la CFDT compte quelque 800.000 adhérents sur le territoire. Il n’est donc pas dit que ce fonds puisse servir à financer la grève du 5 décembre, d’abord parce qu’elle ne pourrait durer qu’un jour. 

Ensuite parce que, comme a pris soin de le rappeler Laurent Berger ce lundi matin sur notre antenne : "Personne ne fait la grève dans l’espoir qu’elle soit longue... Et de toute façon, la CFDT n’appelle pas à la grève le 5. Nos adhérents iront manifester s’ils le souhaitent, à titre individuel."

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