Grève du 5 décembre : pourquoi les Gilets jaunes appellent-ils à rejoindre les syndicats ?

5 décembre : gilets jaunes et syndicats... même combat ?
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La colère des Gilets jaunes

CONVERGENCE À RECULONS - On les disait loin du mouvement syndical. Pourtant, les figures des Gilets jaunes appellent désormais à répondre présents à la grève du 5 décembre. "Ce n’est pas un appel à soutenir les directions syndicales, mais à se joindre à leur base."

Ils ont embarrassé les syndicats pendant près d’un an. Les Gilets jaunes appellent massivement à rejoindre la grève ce jeudi 5 décembre, notamment via une vidéo où apparaissent les grandes figures du mouvement. Un soutien à une initiative portée par des représentants de travailleurs souvent critiquée dans les rangs jaunes. Alors pourquoi cette soudaine convergence ? 

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Un rendez-vous pour "écrire l'Histoire"

Depuis quelques semaines, les syndicats étaient sortis des oubliettes. Pourtant, ce mercredi, ce sont bien les Gilets jaunes qui sont revenus sous le feu des projecteurs. Devant les caméras, Christophe Castaner a expliqué que la préfecture de Police avait pris un arrêté interdisant tout rassemblement dans certain secteur car ils craignent l’arrivée de "Gilets jaunes radicaux, qui pourraient venir avec des intentions belliqueuses". Preuve que ce mouvement, qui s’est inscrit en dehors des syndicats et des partis, sera au rendez-vous.

Un bon nombre d’entre eux demande, sur les groupes Facebook, à se joindre à cet appel autant que possible. Une Gilet jaune salue en effet une grève qui semble être "jusqu’au-boutiste", avec des perturbations d’ores et déjà inédites, et non plus "perlées", comme ce fut le cas lors de la grève contre la réforme de la SNCF. Ils y voient surtout une façon d’atteindre un objectif longtemps affiché : "bloquer le pays", comme l'avance par exemple Maxime Nicolle.  Pour "tous ceux qui pensent qu’il ne faut pas être violent", cette occasion sera celle de "faire comprendre" au gouvernement leur mécontentement, selon cette figure du mouvement. 

Fly Rider n'est pas le seul à appeler à rejoindre les rangs syndicaux. Accompagné de Pricillia Ludosky, qui a lancé la pétition qui avait mis le feu aux poudres, le créateur du premier acte Eric Drouet, et le Gilet jaune blessé à l’œil Jérôme Rodrigues, ils donnent "rendez-vous avec l’histoire" dans une séquence de moins de deux minutes. En tant que militants "pour un système plus juste, pour la sauvegarde de notre environnement et pour la vraie démocratie", ils appellent, face caméra "tous les Français, épris de justice et d’égalité, jeunes, plus anciens, actifs et retraités, à se mobiliser le 5 décembre et les jours d’après". 

Le 5 c’est une opportunité pacifique de tous les n*quer- Maxime Nicolle, figure médiatique des Gilets jaunes

Une vidéo qui a atteint 25.000 vues en moins de huit heures, au cours de laquelle ils prennent leurs distances avec les syndicats. "Ce n’est pas un appel à soutenir les directions syndicales, mais à se joindre à leur base." A l'instar de Maxime Nicolle, ils restent tout de même contre les dirigeants de ces groupes, bien qu'ils saluent "les personnes qui se battent".  Celui qui admet volontiers être en "gueguerre" depuis douze mois avec les patrons des centrales leur passe d’ailleurs un message plus qu’explicite. " Faites nous voir que ça sert vraiment à quelque chose", demande-t-il en live dans sa cuisine, "si vous ne le faites pas maintenant, vous savez très bien que vos syndicats, ils sont morts." 

Un avis partagé dans les rangs, où l'on craint qu'à la première concession faite aux syndicats, ceux-là fasse "rentrer tout ce beau monde dans les rangs et hop jusqu’à la prochaine fois !!", comme l'écrit une Gilet jaune. 

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Cette convergence à reculons est la preuve que, désormais, il semble impossible de penser à un rendez-vous social qui ne soit pas "gilet jaunisé". Marche pour le climat, Exctinction Rebellion, blocage d’universités, … la chasuble est toujours présente. Et les dérapages aussi. Le temps des manifestations encadrées suivies des négociations à huit clos semble révolu, face au mouvement qui prône la transparence à toute épreuve. "Peu importe vos structures, si vous vous battez pour des choses justes et l’intérêt collectif, faites-le : là on a la possibilité de tous ensemble faire quelque-chose. "

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