Grève du 5 décembre : onze syndicats d'Air France appellent à leur tour à manifester

Grève du 5 décembre : onze syndicats d'Air France appellent à leur tour à manifester
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Les grèves de décembre 2019 contre la réforme des retraites

PRÉVISIONS - Alors qu'approche la grève du 5 décembre 2019, qui pourrait être reconductible à la RATP et à la SNCF, la liste des organisations mobilisées ne cesse de s'allonger. Vendredi 22 novembre, 11 syndicats d'Air France ont appelé les salariés de la compagnie aérienne à manifester. Cette probable mobilisation d’ampleur inquiète l’exécutif.

Les syndicats d'Air France ont à leur tour appelé à manifester le 5 décembre 2019. La perspective d’un "jeudi noir" se précise, alors que de plus en plus de syndicats appellent à une mobilisation d’ampleur à cette date, voire à une grève reconductible dans les transports. Dans le viseur : la réforme des retraites, et notamment la fin programmée des régimes spéciaux.  

Lancé en septembre, l’appel à la grève de syndicats de la RATP a fait tache d’huile. Et fait craindre à la majorité un nouveau bras de fer social à hauts risques, plus d'un an après le début du mouvement des Gilets jaunes. Voire un enlisement qui viendrait perturber les vacances de Noël. LCI fait le point sur ce à quoi il faut s’attendre. 

Qui va faire la grève ?

L’appel est parti le 20 septembre de cinq syndicats de la RATP. Quelques jours après une mobilisation très suivie qui avait paralysé les transports parisiens le 13 septembre, ces organisations, parmi lesquelles l'Unsa et la CFE-CGC, annoncent une grève "illimitée à partir du 5 décembre". SUD-Rail, troisième syndicat de la SNCF, leur emboîte rapidement le pas.

Au fil des semaines, le nombre de syndicats se joignant à l’appel ne cesse d’enfler. Après FO-Cheminots et FO-Transports et Logistique, la CGT, FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse (Fidl, MNL, UNL et Unef) appellent le 16 octobre à une "première journée de grève interprofessionnelle" le 5 décembre. A la SNCF, l’Unsa, organisation représentative, plaide elle aussi pour un mouvement “reconductible”. Le 22 octobre, la CGT-RATP dépose à son tour un préavis de grève "pour une durée illimitée" débutant le 5 décembre.

Alors que la CFDT est favorable à la mise en place d'un régime universel, la CFDT-Cheminots a pourtant à son tour annoncé jeudi 21 novembre déposer un préavis de grève reconductible car le gouvernement n'a pas mesuré les attentes des cheminots".

Du côté d'Air France, onze syndicats appellent les salariés de la compagnie aérienne aux manifestations contre la réforme des retraites qui seront organisées à Paris et "partout sur le territoire", ont-ils annoncé vendredi. La CFDT n'appelle pas à manifester. Trois syndicats particulièrement implantés auprès du personnel au sol ont déposé des préavis de grève : FO (premier syndicat toutes catégories) et la CGT, qui souhaitent un mouvement reconductible, tandis que SUD-Aérien veut mobiliser le 5, en scandant "ni retraite à points, ni droits en moins".

Chez EDF, trois des quatre syndicats représentatifs, EDF-CGT, FO et l'alliance CFE-CGC-Unsa - appellent à la grève, la CGT prévoyant aussi des coupures d'énergie, notamment de bâtiments publics non essentiels.

Et la date du 5 décembre rassemble au-delà du monde syndical. Réunis dans leur "assemblée des assemblées" à Montpellier le 3 novembre, les Gilets jaunes appellent à rejoindre la grève et à "la convergence avec le monde du travail". 

Et le mouvement pourrait encore s’élargir. Si les soignants en grève, réunis en AG le 15 novembre, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur cette date, beaucoup ont annoncé leur participation le 5 décembre. Le Conseil national des barreaux, qui représente 70.000 avocats en France, a en outre voté une journée "Justice morte" le 5 décembre pour défendre le principe des régimes autonomes de retraite. Et le 19 novembre, ce sont plusieurs syndicats de policiers, dont Alliance et l'Unsa, qui ont menacé de se joindre au mouvement.

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Alors que Marine Le Pen avait annoncé qu'elle n'irait pas manifester mais qu'il "y aura[it] sûrement des responsables du RN qui iront" à la manifestation, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a répondu vendredi 22 novembre sur France 2 que ""les thèses du rassemblement national ne sont pas les bienvenues dans les manifestations du 5 décembre".

Vers de fortes perturbations ?

Le nombre d’organisations mobilisées rend plausible le scénario d’un 'jeudi noir" le 5 décembre 2019 et d’importantes perturbations dans les transports. "Je pense que ça va être très fort", a d'ailleurs prévenu mercredi 13 novembre" Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.  Interrogé sur la possibilité que le mouvement de grève se poursuive jusqu'aux fêtes de fin d'année, il a insisté sur le fait que "la colère [était] très forte" : "Nous, on appelle à ce que, partout où c'est possible, les grèves soient reconduites, mais après c'est toujours les salariés qui décident."

71% des Français s’attendent d’ailleurs à ce que la grève à la SNCF et à la RATP "s'inscrive dans la durée", selon un sondage BVA publié vendredi.

Et c'est parce qu'elle craint une "grève générale qui plongerait dans la détresse des millions d'habitants en Ile-de-France et dans toute la France que la présidente de la Région francilienne, Valérie Pécresse, a appelé la RATP et la SNCF à "assurer le service minimum aux heures de pointe" sur franceinfo : "Si vous ne l'assurez pas, il faudra rembourser les voyageurs."

Opération déminage

Le gouvernement s’inquiète-t-il de ces multiples signaux d’alerte ? "Oui. On ne tremble pas, mais on se dit que la convergence est possible", confiait un ministre à LCI à la mi-novembre. Mais "une coagulation n'a rien d'inéluctable", a estimé de son côté un conseiller de l'Elysée auprès de l’AFP. "Sur l'hôpital il y a une urgence. Mais ce n'est pas le cas pour la réformes des retraites où le gouvernement n'a absolument pas l'intention de passer en force".

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Grève du 5 décembre : vers une convergence des colères ?

L’exécutif multiplie en tout cas les initiatives pour prévenir l’incendie. Jeudi 14 novembre, alors qu’Emmanuel Macron assurait  avoir "entendu la colère et l’indignation" du personnel soignant et évoquait un plan d'urgence pour l'hôpital, le Premier ministre annonçait qu'il recevrait les partenaires sociaux sur les retraites fin novembre. Des négociations accrues se mènent parallèlement au niveau ministériel.

"Il faut entendre les difficultés de certains personnels, que ce soit à la RATP ou la SNCF, mais c'est par la concertation que les choses se feront et avanceront", a souligné Emmanuel Macron vendredi 22 novembre à Amiens. "La concertation va se poursuivre au niveau des entreprises, c'est le bon niveau", a-t-il insisté. Se disant une nouvelle fois "convaincu du bien-fondé de la réforme".

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