Grève : à quoi faudra-t-il s'attendre après le 5 décembre ?

La ministre de la Transition écologique et solidaire était l'invitée d'Elizabeth Martichoux ce mercredi 4 décembre 2019, à la veille du mouvement de grève contre la réforme des retraites.
Social

Toute L'info sur

Les grèves de décembre 2019 contre la réforme des retraites

MOBILISATION - Mercredi 4 décembre, Elisabeth Borne a expliqué à Elizabeth Martichoux sur LCI qu'il ne fallait pas "s'attendre à une amélioration significative vendredi", concernant la suite du mouvement de grève. Et les jours suivants ? LCI fait le point.

Les syndicats l'avaient dit : la mobilisation sera massive. Mais tiendra-t-elle sur la durée ? La réforme des 42 régimes actuels en un seul et même régime universel par points a eu pour conséquence de déclencher une grève illimitée dans certains secteurs et, selon les syndicats, celle-ci pourrait être "forte et durable". 

On en veut pour preuve qu'en début de semaine, les syndicats de la régie RATP ont annoncé qu'ils étaient prêts à entamer une grève durant un mois pour "protéger leurs retraites". Même son de cloche du côté de la SNCF qui annonce une grève "illimitée". Invitée de LCI, mercredi 4 décembre, la ministre des Transports Elisabeth Borne a admis "ne pas penser qu'on puisse s'attendre à une amélioration significative vendredi". Et de relever que, comme "les salariés se déclarent (grévistes) 48 heures à l'avance, on pourra faire un point (mercredi) après-midi". 

Voir aussi

Si tout n'est pas encore déterminé, le gouvernement anticipe d'ores et déjà un mouvement d'ampleur, notamment dans les transports. La grève "sera de grande ampleur, les blocages vont être forts et longs", prédit ainsi un conseiller de l'exécutif auprès de l'AFP. Mais pour les observateurs, tout ne se jouera pas sur le front des transports. 

"Si beaucoup de fonctionnaires, étudiants, enseignants ou infirmières s'y joignent, elle ne sera plus interprétable comme une défense des régimes spéciaux, ce qui changera tout pour le gouvernement", explique le politologue Bruno Cautrès à l'AFP. Autre question brûlante à propos de la grève : "Restera-t-elle cantonnée aux retraites ou débordera-t-elle sur l'assurance-chômage ou le pouvoir d'achat ?" Pour l'heure, l'incertitude règne concernant la suite de ce mouvement et les prochaines heures seront déterminantes. 

Lire aussi

A quoi s'attendre vendredi 6 décembre ?

Une réunion intersyndicale de représentants des travailleurs, étudiants et lycéens (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, MNL et UNL) est prévue dès le lendemain du coup d'envoi de la mobilisation, vendredi 6 décembre. A en croire les différents syndicats des différents secteurs, elle sera durable car potentiellement reconductible. L'éducation et la petite enfance, ainsi que l'énergie, les carburants, les déchets, les hôpitaux, la justice, la police, compteront des grévistes dans leurs rangs. La police a notamment appelé à des "actions reconductibles", tout comme la CGT de Renault. La SNCF débrayera de façon illimitée, tout comme la RATP. Aucune amélioration n'est donc à prévoir dans ces secteurs-ci. 

Et ce week-end ?

La crainte du gouvernement s'est déplacée sur le samedi 7 décembre, avec une journée d'action des Gilets jaunes, doublée à un blocage possible dans les transports. 

La mobilisation de lundi 9 décembre : la grande inconnue

Si tout semble pointer vers une extension du mouvement au-delà des jeudi 5 et vendredi 6 décembre, la semaine prochaine est une équation à une inconnue : la mobilisation de ce lundi 9 décembre. "Que va-t-il se passer, la mobilisation reprendra-t-elle autour des enseignants notamment ?" résume auprès de l'AFP, un participant au petit-déjeuner de la majorité qui s'est tenu à Matignon. A Marseille, la CGT a déjà annoncé la couleur. Des perturbations sont ainsi à prévoir dans les jours qui suivront le 5 décembre. 

"Il y a aura des demi-journées de grève ensuite, au coup par coup", prévient un représentant de la CGT transports, auprès de nos confrères de La Provence. Ailleurs en France, la CGT a annoncé de nombreuses mobilisations dans les services publics, notamment, où des préavis de grève courant jusqu'au 5 janvier 2020 ont été annoncé. La CFDT a prévenu de son côté que si la réforme demande "aux personnes de travailler plus longtemps sur la carrière (…), en janvier, oui, la CFDT se mobilisera", a prévenu Laurent Berger, secrétaire général du premier syndicat français. Dans les semaines à venir, il vous faudra donc être patients et prévoyants. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter