Grève : Que s'est-il passé à la gare de Lyon lundi matin ?

Grève : Que s'est-il passé à la gare de Lyon lundi matin ?

ACTION - Une manifestation surprise s’est déroulée ce lundi 23 décembre à l’initiative de la RATP à la station de métro Gare de Lyon, perturbant brièvement le trafic de la ligne 1 du métro. Un signe toutefois de la détermination des grévistes à maintenir la pression en attendant la reprise des négociations en janvier. LCI revient sur la chronologie des événements.

À 10h30 ce lundi 23 décembre, un groupe de manifestants, principalement des grévistes de la RATP et de la SNCF, se retrouvent devant le siège de la régie des transports au 54 quai de la Rapée, dans le 12e arrondissement de Paris. "On a été accueillis par les CRS et la gendarmerie qui nous ont empêchés d’aller à l’intérieur", raconte à LCI Béranger Cernon, secrétaire général CGT des cheminots de Paris alors présent sur place.  

Face à cette porte close, les syndicalistes décident d’avancer en direction de la gare de Lyon, située non loin du siège de la RATP, afin d’organiser une manifestation à l’intérieur. "Rien de bien méchant, quelques fumigènes d’allumés, quelques torches", décrit le cheminot, qui se défend d’avoir voulu empêcher les voyageurs d’accéder à leur train mais plutôt d’avoir cherché une certaine visibilité. Gagné, les chaines d'infos, présentes sur les lieux, diffusent ces images en direct (cf ci-dessous). On y voit des voyageurs obligés de descendre des rames à quai, des couloirs enfumés et des syndicalistes déambuler dans les couloirs de la station de métro de la ligne 1, seule ligne à être automatisée avec la ligne 14 et à circuler normalement depuis le début de la grève. Il n’est pas encore midi. 

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Manif surprise à la gare de Lyon

Perturbation du trafic : la faute à qui ?

Face à la présence des manifestants sur les quais, la direction de la RATP ferme alors une partie de la ligne, de Nation à Chatelet, durant une vingtaine de minutes. Et invoque des "actes malveillants"  pour justifier l’interruption partielle du trafic, renvoyant à la responsabilité des grévistes. Sur Twitter, la ministre des Transports Elisabeth Borne condamne elle aussi la manifestation surprise et écrit que "le droit de grève n’est pas un droit à envahir, à bloquer, à intimider les voyageurs". Eric Coquerel, député La France Insoumise présent à la gare de Lyon, lui répond que "les grévistes n’ont pas voulu bloquer la ligne 1" mais que c’est bien "la RATP qui a bloqué la rame". 

Alors que le trafic est toujours perturbé sur la ligne, une dizaines de manifestants font bloc pour empêcher l’accès aux quais. C’est à ce moment-là que les CRS interviennent dans la bouche de métro afin de les évacuer. La manifestation n’est pas déclarée et la situation se tend peu à peu. Les voyageurs, eux, sont invités à quitter les lieux. 

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"On est dans une drôle de situation"

En parallèle sur Twitter, une information circule, notamment relayée par Révolution Permanente, affirmant que la direction de la SNCF a décidé de fermer la gare de Lyon pour la journée suite à la présence de personnes sur les voies. Contactée, la SNCF dément toute fermeture mais confirme cependant que plusieurs agents de la RATP ont circulé sur des rails au sein de la gare. Celle-ci "condamne fermement ces actes qui mettent en danger la vie de ces personnes". Aucune incidence sur le trafic ferroviaire n'est à constater.

Les manifestants évacués de la station de métro se retrouvent alors sur le boulevard Diderot, certains étant "nassés (gazés ndlr) par les policiers" selon Béranger Cernon. "Je trouve qu’on est dans une drôle de situation et que les forces de l’ordre agissent de manière démesurée", confie-t-il sur le plateau de LCI. L’arrivée d’un autre groupe de manifestants provoque la confusion chez les forces de l’ordre, qui répliquent à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Selon notre journaliste sur place, deux groupes se distinguent en effet, l’un arrivant a priori de l’assemblée générale organisée dans l’enceinte de la gare de Lyon, l’autre se trouvant déjà à l’extérieur. La situation s’apaise un peu après 13h, alors que les manifestants sont toujours tenus à l’écart de la station de métro. 

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Les manifestants évacués de la Gare de Lyon

"Ces actions vont se multiplier"

À 13h50, des stations de la ligne 1 ne sont pourtant plus desservies, alors qu’elles se situent loin de la gare de Lyon. Les stations Argentine, Charles de Gaulle, George V, Franklin Roosevelt et Champs Elysées Clémenceau se trouvent fermées par la RATP, sur demande de la préfecture, et ne rouvrent qu’une heure plus tard. Contactée, la préfecture de police indique seulement que ces stations n’ont plus été desservies "dans le cadre du rassemblement d’agents RATP qui a eu lieu ce matin dans la capitale". Sans plus de précisions. 

Alors, faut-il s’attendre à des actions similaires au cours des prochains jours afin de maintenir la pression jusqu'à la reprise des négociations avec le gouvernement le 7 janvier ? Probablement, selon Anasse Kazib, délégué syndical Sud Rail Paris Nord, qui indique au micro de LCI : "On montre qu’on est déterminés, ces actions-là vont se multiplier". "Des actions peut-être pas de blocage, mais des actions coup-de-poing pour être visibles, pour se faire entendre", certainement, d'après Béranger Cernon. "Aujourd’hui on le voit, les grèves ne suffisent plus."

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