Des CRS sont-ils contraints de travailler 16 jours d'affilée ?

JT 20H - Les fonctionnaires de la police ont reçu une lettre du ministère de l'Intérieur, mardi. Elle confirme qu'une enveloppe de 50 millions d'euros sera débloquée d'ici à la fin de l'année pour payer leurs heures supplémentaires.
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À LA LOUPE – L'écologiste Julien Bayou a avancé que, les CRS travaillant parfois 16 jours d'affilée, cela pouvait expliquer un surcroît de fatigue favorisant les violences policières observées ces derniers temps. soutien aux forces de l'ordre. Si de tels plannings sont normalement interdits, en pratique, la donne est différente.

Invité de la matinale de Public Sénat ce vendredi, le secrétaire national d'Europe-Écologie Les Verts Julien Bayou a réagi à l'actualité, et alerté sur le travail compliqué des forces de l'ordre en cette période de mouvements sociaux. 

"Vous avez des compagnies de CRS qui font 16 jours d'affilée", a-t-il lancé, estimant qu'une telle situation n'était "pas tenable". Le pouvoir en place est en grande partie responsable selon lui, puisque "durant le mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement s'est beaucoup reposé sur les forces de l'ordre". 

Un jour de repos obligatoire... qu'"on peut faire sauter"

Contacté par LCI, le Service d'information et de communication de la police nationale (SICoP) précise que "sur un cycle hebdomadaire, il y a une obligation d'observer un repos d'une journée" pour les policiers. Pour autant, "dans certains cas, si l'opérationnel le demande, on peut faire sauter ce jour de repos". Dans ce cas de figure, des compensations sont prévues, qu'elles soient financières ou avec des jours de repos supplémentaires. 

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Le SICoP admet que le contexte de l'année écoulée, avec le mouvement des Gilets jaune, a eu un impact non négligeable, et que cela a pu conduire à des sollicitations importantes pour les forces de l'ordre. Si l'on ne nie pas que de telles amplitudes de travail soient possibles, elles ne sont clairement pas la règle, résume le SICoP.

Côté syndical, le discours est plus tranché. "Depuis le 1er épisode des Gilets jaunes, c'est très fréquent", déplore Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police-Force Ouvrière. "Une compagnie, c'est généralement des déplacements de deux semaines avec un jour de repos tous les 7 jours. Il est fréquent de voir le jour de repos sauter." Il évoque aussi des périodes de repos mobilisées après des périodes de déplacement. Les compagnies, "neutralisées" en théorie pour 4 jours, se retrouvent alors contraintes de retourner dès le lendemain au travail.

"Il y a des gens qui peuvent péter un plomb lorsqu'ils se retrouvent au bout du rouleau"

Yves Lefebvre souhaiterait que les policiers soient logés à la même enseigne que leurs confrères gendarmes, pour qui on respecte "les onze heures de repos physiologique obligatoire" par jour. Une disposition "inscrite dans le droit européen", souligne-t-il. "On manque de plus de 1000 CRS", poursuit le représentant syndical, qui fait valoir : "Si on veut avoir des fonctionnaires avec toutes leurs facultés de discernement, il faut renforcer les effectifs." Il estime par ailleurs que la situation est particulièrement critique pour les CRS, car ces derniers sont très sollicités sur des opérations de maintien de l'ordre.

Sans justifier les dérapages de certains policiers, Yves Lefebvre estime que la fatigue entraînée par ces rythmes très soutenus est dangereuse. "Elle peut générer des manques de discernement. Il y a des gens qui peuvent péter un plomb lorsqu'ils se retrouvent au bout du rouleau…"

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