La France bloquée pendant les fêtes de Noël : va-t-on revivre le scénario de 1986 ?

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Les grèves contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron

NOËL SANS TRAIN - Alors que le mouvement se poursuit contre la réforme des retraites, la CGT Cheminots a indiqué, jeudi, qu'il n'y aura "pas de trêve pour Noël", à moins que le gouvernement ne retire son projet. Une situation qui s'est déjà produite au cours des précédentes décennies notamment en 1986.

Vers un conflit social en plein réveillon de Noël ? C'est la menace formulée jeudi par le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun. Il n'y aura "pas de trêve à Noël, sauf si le gouvernement revient à la raison", a indiqué le responsable syndical, dont l'organisation réclame le retrait pur et simple de la réforme des retraites. 

Alors que le mouvement est particulièrement suivi à la SNCF depuis le 5 décembre, la CGT Cheminots promet une mobilisation "qui va durer longtemps". Une nouvelle journée d'action est d'ailleurs prévue le 17 décembre, deux jours avant les congés de fin d'année. L'appel à poursuivre la grève pendant le réveillon a été qualifié "d'irresponsable" par la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. 

Si la menace est mise à exécution, ce ne sera pas la première fois que la France se trouve bloquée lors des vacances de Noël. Le principal précédent est celui de l'hiver 1986.

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Il y a 33 ans, la France à l'arrêt pendant les fêtes

Le mouvement de l'hiver 1986 à la SNCF est le plus long et le plus dur de l'histoire récente, depuis celui de mai 1968. Il avait été déclenché par les vendeurs, qui avaient entamé une grève des réservations pour dénoncer notamment la suppression d'une prime. Le mouvement s'était ensuite propagé aux cheminots, prenant de court les syndicats, dont la CGT. Les conducteurs réclamaient le retrait d'une grille de salaire prévoyant des rémunérations "au mérite". 

Alors que le préavis initial courait sur cinq jours, le mouvement avait duré du 18 décembre 1986 au 15 janvier 1987. Il s'était généralisé le 22 décembre, avant de s'étendre à la RATP, et la France était restée à l'arrêt durant l'ensemble des congés de fin d'année. Les négociations s'étaient poursuivies entre le gouvernement et les syndicats durant la période, mais n'avaient abouti qu'après la rentrée. 

Plusieurs conflits ponctuels

La situation ne s'est pas reproduite durant la grande grève de 1995, qui s'était interrompue mi-décembre après le retrait du projet du gouvernement Juppé, puis un "sommet social" organisé à Matignon le 21 décembre. Il faut dire que l'économie du pays avait été fortement affectée par le mouvement à la veille des fêtes de fin d'année. 

Malgré le contexte d'affaiblissement syndical qui a suivi les grèves de 1995, plusieurs mouvements ont affecté les transports en fin d'année. En 1998, une série de grèves conduites par les cheminots et les contrôleurs avaient perturbé la circulation, mais elles s'étaient achevées le 10 décembre. 

En décembre 2011, le syndicat FGAAC-CFDT avait annoncé un mouvement pendant les fêtes de fin d'année. Le préavis national avait été dénoncé par FO, mais aussi par la CGT. Celle-ci avait fustigé "une méthode visant à stigmatiser les agents de la SNCF" et à "détruire l'image de l'entreprise publique", soupçonnant la direction de s'arranger avec ce mouvement de grève. Malgré tout, le PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, avait promis que tous les trains circuleraient durant les fêtes de fin d'année. 

Fin 2012, un préavis des contrôleurs SNCF relatif à l'emploi et aux conditions de travail avait entraîné des perturbations, sans toutefois toucher les lignes TGV. 

En 2017, la CGT dénonçait une grève des TER pendant les fêtes

Le 23 décembre 2017, le syndicat FO avait déclenché un préavis jusqu'au 8 janvier sur les lignes de TER en Paca pour dénoncer "les suppressions de postes" durant les congés. Le mouvement avait entraîné des perturbations, avec 4 trains sur 5 en moyenne. L'initiative avait été lourdement condamnée par la CGT, qui assurait que ce n'était "pas sa conception" du syndicalisme et que le recours à la grève durant les fêtes contribuait à "jeter l'opprobre" sur les cheminots. 

Cette petite recette de grève pendant les fêtes, ce n'est pas la conception du syndicalisme CGT [...] Elle est contre-productive puisqu'elle vise à jeter l'opprobre sur les cheminots- Le syndicat CGT en 2017

Fin 2018, en plein conflit des Gilets jaunes, la CGT Services Publics avait annoncé le dépôt d'un préavis courant du 8 au 31 décembre. La CGT Cheminots avait organisé une seule "journée d'action" le 14 décembre. 

Des conflits locaux en région parisienne avaient toutefois perturbé plusieurs lignes (RER C, D, lignes P et R) le soir du réveillon de Noël et les jours suivants, sur la base d'un préavis de la CGT courant jusqu'au 1er janvier 2019, pour dénoncer le manque de matériel et l'exclusion de certains conducteurs d'une prime de 400 euros. 

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