Hérault : une banderole déployée dans le ciel pour réclamer l'arrêt de l'usage des LBD et des grenades

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La colère des Gilets jaunes

DANGERS - Une trentaine de personnes se sont mobilisées ce jeudi pour dénoncer les dangers liés à l'usage de LBD et de grenades par les forces de l'ordre. Professionnels de santé, associations, Gilets jaunes et simples citoyens se sont réunis sur une plage du Languedoc-Roussillon, pour sensibiliser les vacanciers et interpeller les pouvoirs publics. Ils ont fait déployer une banderole par un avion.

Allongés sur leur serviette de plage, dans le Languedoc-Roussillon, des vacanciers ont aperçu ce jeudi après-midi un avion, traînant derrière lui une banderole, survoler la mer. A la place des traditionnels publicités, un message de contestation : "Stop mutilations par LBD 40 et grenades des Gilets jaunes", comme le dévoile la vidéo ci-dessous, publiée par France Bleu Hérault.

A l'initiative de cette mobilisation, Laurent Thines, un neurochirugien du CHU de Besançon qui assure n'être ni pro, ni anti Gilets jaunes mais exercer ici son "devoir de médecin", c'est-à-dire "apporter son concours à l'action entreprise par les autorités compétentes en vue de la protection de la santé et de l'éducation sanitaire", et "participer aux actions de vigilance sanitaire", a-t-il indiqué à l'AFP.

Rassemblés autour de lui ce 1er août, sur la plage du petit Travers de Carnon, près de Montpellier, des soignants, des Gilets jaunes, des hommes politiques et de simples citoyens. "Il s'agissait de rappeler que même en vacances, certaines personnes continuent de vivre avec des mutilations", explique Laurent Thines à nos confrères de France 3.

D'après les chiffres officiels, communiqués en mars dernier, 2200 Gilets jaunes avaient été blessés lors des manifestations. Pour le neurochirurgien, 500 personnes gardent de lourdes séquelles suite à des tirs de LBD. Parmi eux, 15 manifestants originaires de la région, présents pour l'occasion. "Une médaille du courage et de la dignité" leur a été symboliquement décernée.

"L'important est surtout d'alerter la population, a assuré à l'AFP Yvan, victime à l'oeil droit d'un tir de LBD le 29 décembre dernier. Aujourd'hui, personne ne nous reconnaît comme victimes, à part au sein du mouvement des Gilets jaunes. Or, la blessure est réelle. J'ai des séquelles. Je ne dors plus, j'ai des pertes de mémoires. Aucune cellule psychologique n'existe".

C'est en se retrouvant face à ce genre de victime que Laurent Thines a décidé d'agir. "En tant que médecin, cela m'était insupportable de voir la vie de ces gens foutue en l'air par des armes qui ne devraient pas être autorisées. A une contestation sociale, il faut apporter une réponse politique et pas simplement répressive. C'est devenu, de plus, un problème de santé publique majeur."

Selon les responsables de cet événement, 7 Gilets jaunes ont été amputés d’un membre, 25 éborgnés, et 80 autres ont subi des traumas cranio-faciaux.

Lors d'allocutions publiques, ils ont également tenu à rappeler que les Gilets jaunes ne sont pas les seuls victimes. Ont notamment été cités Zineb Redouane, dont la mort a été imputée à un tir de lacrymogène à sa fenêtre, Steve Maia Caniço, mort noyé dans la Loire lors de la Fête de la musique à Nantes dans des conditions qui n'ont pas été éclaircies, ainsi qu'un supporter de foot éborgné.

Entre mi-novembre et la mi-mars, les forces de l'ordre ont utilisé plus de 13.000 fois le LBD dans leurs opérations de maintien de l'ordre, d'après le ministère de l'Intérieur. En janvier dernier, Laurent Thines réclamait déjà, à l'aide d'une pétition en ligne, un moratoire sur l'usage de ces armes, assimilables à "des armes de guerre". Cette pétition réunit aujourd'hui plus de 176.000 signataires. 

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