Macron lui dédie sa première visite "hors Covid" dimanche : ce qu'il faut savoir de la bataille de Montcornet

Macron lui dédie sa première visite "hors Covid" dimanche : ce qu'il faut savoir de la bataille de Montcornet
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ZOOM - Le chef de l'Etat commémore dimanche dans l'Aisne une bataille où s'illustra Charles de Gaulle en 1940, l'occasion de célébrer "le refus de la résignation" et "l'esprit de résistance" qui résonnent dans l'actualité.

Ce déplacement présidentiel prendra une dimension toute particulière, à l'heure où Emmanuel Macron cherche à surmonter une crise sans équivalent, qu'il a lui-même comparée à une "guerre". Le chef de l'Etat ouvre dimanche dans l'Aisne les manifestations commémoratives de l'année De Gaulle sur les lieux d'un épisode relativement méconnu de la bataille de France, aussi qualifié de "défaite courageuse". 

C'est  dans ce village des Hauts-de-France que, 80 ans plus tôt, le colonel de Gaulle, alors commandant la 4e division cuirassée, rentre pour la première fois dans l’Histoire. Et pour cause : le lieu est d'une importance stratégique majeure car situé sur l'axe routier Reims - Laon - Saint-Quentin, point de passage obligé pour la logistique allemande. 

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L'armée française y livre une contre-offensive en pleine déroute, avec 85 blindés dépourvus d’appui aérien, qui eut le mérite de retarder l’avancée des panzers allemands vers Paris, mais aussi l’évacuation des soldats britanniques à Dunkerque.

"Ce que j’ai pu faire par la suite c’est ce jour-là que je l’ai résolu"

"C'est à Montcornet que j'ai forgé mes résolutions", racontera le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, avant de poursuivre : "Si je vis, je me battrai, où il faudra, tant qu’il faudra, jusqu’à ce que l’ennemi soit défait et lavée la tache nationale. Ce que j’ai pu faire par la suite c’est ce jour-là que je l’ai résolu". 

Et de dénoncer la désertion du commandement, frappé par une "sorte d’inhibition morale (des chefs) qui les fait douter de tout et, en particulier, d’eux-mêmes". Un mois après la bataille, il rejoignait Londres où il lançait son appel du 18 juin appelant à poursuivre le combat.

"Cet épisode méconnu de la bataille de France, dont nous commémorons cette année le 80e anniversaire, est un fait d'arme militaire du futur général de Gaulle, théoricien de l'emploi autonome des chars de combats depuis le milieu des années 1930", commente l'Elysée.

"Chef de guerre visionnaire"

Ce 17 mai 2020, Emmanuel Macron prononcera d'ailleurs un discours au cours duquel il devrait "saluer le chef de guerre visionnaire" qu'était de Gaulle en 1940 et auquel le commandement français avait donné l'occasion d'appliquer ses idées, sur les manières de mener une guerre moderne, rapide, mobile, alliant les blindés à l'aviation. Et il "honorera le refus de la résignation et l'esprit de résolution et de résistance" dont le haut-gradé avait fait preuve face à "l'esprit de défaite" de certains responsables militaires et politiques français, précise-t-on dans son entourage.

Premier chef d'Etat à se rendre sur les lieux de cet épisode fondateur du destin du Général, il assistera au préalable, en format restreint, à deux cérémonies militaires à Dizy et La-Ville-aux-bois-les-Dizy. Emmanuel Macron se recueillera à la mémoire des combattants de la "Bataille de France" qui, malgré ses 60.000 morts, "est un angle mort de la mémoire militaire française", selon l'Elysée.

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