Hôpital : les médecins rejoignent le mouvement de grèves aux urgences, 233 services concernés

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CONTESTATION - Plusieurs syndicats de médecins ont annoncé ce lundi qu'ils rejoignaient le mouvement de grève des personnels hospitaliers des urgences, un renfort qui pourrait être décisif à la veille d'une audition des paramédicaux du collectif InterUrgences à l'Assemblée nationale ce mardi. 233 services d'urgences - soit près de 1 sur 2 - sont désormais en grève dans toute la France.

La torpeur de l'été n'a pas eu raison de la mobilisation des services d'urgences. Quasiment six mois après le début du mouvement initié à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, le nombre de services en grève n'a cessé d'augmenter. A ce jour, un décompte du collectif de paramédicaux InterUrgences a dénombré 233 services mobilisés soit près d'un service sur deux, un chiffre qui continue d'a. 

Ce lundi soir, au terme d'une rencontre avec des représentants des médecins, le collectif annonce que ces derniers rejoignent le mouvement de grève initié par les personnels paramédicaux en mars dernier. Des revendications communes ont, semble-t-il, été trouvées par l'AMUF, le Printemps de la psychiatrie, le Syndicat national des médecins hospitaliers, Action praticiens hôpital, jeunesmedecins.fr, Sud Santé, ainsi que le Samu Urgences de France ou encore le syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHARE). 

Un renfort de poids avant l'audition de deux membres du collectif InterUrgences ce mardi 3 septembre à l'Assemblée nationale dans le cadre de la mission confiée à Pierre Carli, chef du Samu de Paris et Thomas Mesnier, député LaREM, chargés tous deux d'un rapport sur les structures d'urgences. Prévu pour la fin novembre, ce rapport est attendu de pied ferme par les professionnels des urgences. 

Quelles sont-elles ?

Ceux-ci demandent notamment la fin des "restrictions budgétaires" de l'Hôpital public qui permettront selon eux, de valoriser l'attractivité des "carrières soignantes de l'Hôpital" afin de ne plus recourir aux intérimaires et aux contractuels. Ils réclament également "l'arrêt des fermetures de lits pour des raisons économiques" ainsi qu'un moratoire sur celle-ci. En ce qui concerne les effectifs, ils insistent sur la nécessité d'avoir des "recrutements de personnels à la hauteur des besoins identifiés par les équipes, services par services". Enfin, ils exigent l'amélioration de leurs conditions de travail. Selon eux, leurs métiers font face "à une vague de suicides sans précédent". Pour cette raison, le collectif demande "la création d'un observatoire des conditions de travail à l'hôpital" ainsi qu'une enquête annuelle "sur la qualité de vie au travail de tous les soignants" et sa publication. 

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La semaine dernière, un préavis de grève aux urgences du CHU de Strasbourg a été déposé pour le 6 septembre prochain. A Lille, une manifestation a rassemblé une centaine de personnes protestant contre le manque de moyens. De l'autre côté de l'Atlantique, en Guadeloupe, les négociations sont au point mort, et désormais ce sont les médecins urgentistes qui "menacent" de se joindre officiellement au mouvement. Sur le territoire français, près d'un service sur deux est mobilisé. 

Les 70 millions d'euros annoncés en juin dernier ne satisfont pas

Pourtant, en juin dernier, Agnès Buzyn et son cabinet avaient tenté de soigner le malaise en injectant 70 millions d'euros répartis ainsi : 55 millions pour le financement des primes de 100 euros pour les soignants et 15 millions pour embaucher du personnel en renfort dans les établissements en tension. Un traitement efficace ? Force est de constater que non : le mouvement atteint désormais une ampleur inédite et le collectif InterUrgences affirme que le nombre de services en grève pourrait atteindre les 250 dans les prochains jours. Initialement, le collectif réclamait 10.000 postes créés et une augmentation de salaire de 300 euros. 

Les Ehpad vont-ils rejoindre le mouvement ?

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Sur le terrain les soignants déplorent que les primes ne leur aient toujours pas été versées ou attendent toujours les renforts estivaux. L'enveloppe destinée aux moyens humains, de 15 millions d'euros, "a été découpée et négociée entre les ARS du territoire et ensuite, celles-ci choisissaient la répartition sur les différents services", expliquait Orianne Plumet, membre du collectif InterUrgences à LCI. "Globalement, ça fait moins d’un demi-poste par service. En région, les moyens des ARS ne sont pas les mêmes qu'à Paris", analysait-elle. 

Dans les faits, cet été, à Mantes-la-Jolie, Pithiviers, Lens, Thouars et Parthenay, les interventions des ambulances du Smur ont du être suspendues à plusieurs reprises, faute de personnel. A Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, et à Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde, les urgences ont même été fermées la nuit jusqu'à nouvel ordre. 

Fort de ces problématiques et avec le sentiment de ne pas être entendu depuis des mois, le collectif InterUrgences prédit une rentrée d'ores et déjà musclée avec une assemblée générale le 10 septembre prochain, ainsi qu'une manifestation le lendemain, à l'appel de la CGT. Une convergence des problématiques entourant le secteur de la santé pourrait se mettre en place. Outre les services d'urgences et les médecins urgentistes, les Ehpad pourraient également rejoindre le mouvement. 

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