Ile de la Réunion : un an après la crise sociale, où en est-on des mesures annoncées à l'époque ?

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La colère des Gilets jaunes

Emmanuel Macron entame ce mardi 22 octobre, un déplacement de quatre jours à Mayotte puis à La Réunion : une visite attendue dans ces deux territoires secoués en 2018 par de forts mouvements de contestation populaire. Il y a un an, les Gilets jaunes réunionnais dénonçaient des inégalités sociales et réclamaient une hausse de leur pouvoir d'achat. En novembre 2018, la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin avait annoncé des mesures en matière de logement, d'économie et d'emploi, pour la Réunion. Un an après, où en sommes-nous ? LCI fait le point.

Il y a presque un an, l'Île de la Réunion virait au rouge, vêtue de jaune. Durant trois semaines, les Gilets jaunes réunionnais avaient bloqué l'île et le territoire avait été le théâtre de nombreux affrontements entre forces de l'ordre et et jeunes manifestants. Des militaires avaient même été envoyés en renfort, au plus fort de la colère. Annick Girardin avait fait des annonces pour tenter de calmer la colère. Un an après ces annonces et à la veille de la visite d'Emmanuel Macron, où en est l'Île ? 

Des prix qui ont augmenté de 0.6%

Parmi les mesures annoncées par Annick Girardin, celles qui devaient permettre de lutter contre la vie chère, avec notamment la baisse de 10% du panier "Bouclier qualité prix" : une liste de produit de consommation courante, souvent locaux, vendus à des prix modérés. Autre mesure, l'intégration d'une cinquantaine de citoyens au sein de l'Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) de La Réunion, pour plus de "transparence" sur les prix, et la nomination d'un délégué à la concurrence outre-mer. La ministre avait aussi annoncé la création de 1.500 nouvelles places de crèches, de 15 nouveaux centres sociaux de proximité, ou encore de 5 "points conseil budget" pour accompagner les familles. 

La création d'un "panier péi" dont "la composition changerait tous les mois et qui permettrait à une famille modeste de 4 personnes de préparer un repas péi par jour". Les prix "abusivement" élevés comptaient par les principales revendications des manifestants et nombreux souhaitent la fin de la taxe "octroi de mer'. Sur ce point, l'Etat affirme "apporter son expertise technique et accompagne les collectivités dans leurs réflexions sur l'avenir de ce dispositif fiscal". 

Reste que selon l'Insee, si en septembre 2019, les prix à la consommation ont reculé de 0.6%, sur un an, les prix ont malgré tout augmenté de 0.6%. Globalement, selon l'Insee, le coût de la vie, pour un budget moyen de ménage réunionnais, est de 7,1% plus élevé que dans l'Hexagone, alors que le revenu médian réunionnais est inférieur de 30% au niveau national (AFD, 2015).

Un chômage toujours important

Autre mesure, la mise en place d'un "compteur emploi", pour rendre compte "en toute transparence" des emplois créés grâce aux aides économiques accordées aux entreprises, fait aussi partie des mesures promises. Sur l'Île, près d'un Réunionnais sur 4 est sans emploi. Toujours selon l'Insee, le département affiche un taux de chômage annuel moyen de 24.3%. Selon la Dieccte, direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la Réunion, "au deuxième trimestre 2019, à La Réunion, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s’établit en moyenne sur le trimestre à 138 640. Ce nombre baisse de 0,2 % sur le trimestre (soit - 330 personnes) et de 0,8 % sur un an", indique le dernier rapport d'activité en date du 25 juillet 2019.

D'après le site transparence outre mer, mis en place pour suivre les engagements du gouvernement en faveur de l'Outre-Mer, 1875 CDI ont été signés dans le secteur marchand, et 253 millions d'euros ont été investis dans la formation professionnelle

"L'urgence sociale" se fait encore (un peu) attendre

Elle avait également annoncé "une enveloppe de 1,5 million d’euros en 2019 pour les associations" et un plan de l’économie sociale et solidaire avec "un appel à projets de 2 millions d’euros" à La Réunion. Sur le plan social, Annick Girardin avait annoncé plusieurs mesures dont l'augmentation de l'ASPA, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ex-minimum vieillesse). La ministre des Outre-Mer avait expliqué que celle-ci serait portée à 900 euros par mois dès le 1er janvier 2019, soit plus tôt qu'en métropole en raison de "l'urgence sociale". Elle avait annoncé une mesure similaire pour l'allocation adulte handicapés (AAH). Mais Agnès Buzyn, ministre de la santé avait, de son côté, notifié à Ericka Bareigts, députée PS de la Réunion, que cette augmentation allait être effective courant 2019. 

L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) a bien été augmentée depuis cette annonce, mais de 35 euros uniquement pour un total de 868,20 euros.  Les 903 euros attendus ne devraient être atteints que début 2020. Idem pour l'allocation adulte handicapé (AAH) : elle est toujours plafonnée à 860 euros et son augmentation est programmée au 1er novembre 2019. 

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