Ils se mobilisent dans le sillage des Gilets jaunes : lycéens, ambulanciers, agriculteurs, avocats... Qui réclame quoi ?

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SOCIAL - La crise des Gilets jaunes additionne les mécontentements, parfois pour des raison très éloignées : les lycéens, les ambulanciers ou encore les agriculteurs se greffent désormais au mouvement.

Qu'il semble loin ce 18 octobre où, sur Facebook, une parfaite inconnue – Jacline Mouraud, désormais habituée des médias – publiait sur Facebook une vidéo pour dénoncer une "traque aux conducteurs". Un mois et demi plus tard, ce coup de gueule pour réclamer une baisse des prix du carburant a fait des émules. Et les revendications s'accumulent sur le bureau d'Emmanuel Macron.

Ce que veulent les agriculteurs

Officiellement, ils ne rejoignent pas les Gilets jaunes. Mais depuis ce mercredi, les agriculteurs ont annoncé leur volonté de manifester toute la semaine prochaine, à des dates différentes selon les territoires. Au premier rang des préoccupations : l'"agri-bashing", qualifié par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, de "matraquage des agriculteurs".  Citant notamment la plateforme glyphosate mise en place par le gouvernement, par le biais de laquelle les agriculteurs peuvent déclarer leur sortie des usages de cet herbicide controversé, afin de partager leur expérience, Mme Lambert a estimé que "les agriculteurs se sentent humiliés". Concernant l'annonce par le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume du report des ordonnances de la loi Agriculture et Alimentation, Mme Lambert a prévenu: "c'est reporté mais il ne faut pas qu'il y ait de reculade de la part du gouvernement". 

Ce que veulent les étudiants

Depuis ce mercredi, les perturbations ont atteint des sites universitaires, pour la première fois, à Paris. Des étudiants ont voté un "blocus" des sites de Censier (Paris-3) et Tolbiac (Paris-1). Sur leurs affiches : des protestations contre la hausse des frais d'inscription pour les jeunes venus de pays hors de l'Union européenne. Pour la direction, ces revendications ne tiennent cependant pas la route : le conseil d'administration de Paris-3 s'est prononcé contre l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants extra-communautaires, a précisé ce mercredi son président, Carle Bonafous-Murat.


De son côté, l'Unef, 2e syndicat étudiant, appelle à une journée de mobilisation, jeudi 13 décembre, contre la hausse des frais d'inscription annoncée par le gouvernement, pour les étudiants résidant hors de l'Espace économique européen (EEE). À partir de la rentrée 2019, ces étudiants devront s'acquitter de 2.770 euros en licence et 3.770 euros en master et doctorat, contre 170 euros pour une année de formation en licence, 243 euros en master et 380 euros en doctorat pour les jeunes Européens. 

Cette hausse s'accompagnera d'une hausse des bourses destinées aux étudiants étrangers les plus défavorisés. L'argent récolté doit permettre d'améliorer l'accueil, administratif notamment, de ces étudiants venus de pays étrangers, assure le gouvernement.

Ce que veulent les lycéens

Fraîchement impliqués dans le mouvement, les lycéens ont connu une rapide mobilisation : ce mercredi, plusieurs dizaines d'établissements sont ainsi perturbés voire bloqués. Concrètement, cela représente autour de "200 lycées bloqués sur un peu plus de 4.000" en France, soit "à peu près 5%", selon le ministère de l'Education nationale. Mais la contagion pourrait prendre : les syndicats lycéens comme la Fidl ont appelé les lycéens à maintenir la pression, avant d'intensifier le mouvement jeudi par une "mobilisation générale", davantage par des blocages d'établissements que par des manifestations dans la rue. Leurs doléances ? L'abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle et de la loi ORE, introduite l'an dernier pour l'entrée à l'université.

Ce que veulent les ambulanciers

Quelque 800 manifestants avec 600 véhicules : lundi matin, la place de la Concorde était totalement bloquée. En cause ? Un mouvement des ambulanciers. Les manifestants, gérants ou employés de petites et moyennes entreprises de transport sanitaire, protestent contre l'article 80 du projet de budget de la sécurité sociale 2017, entré en vigueur le 1er octobre 2018. Cette mesure a renversé les règles des transports entre établissements de santé : désormais, hôpitaux et cliniques choisissent leurs ambulances par appel d'offres et en assument directement le coût, y compris pour les ambulances privées, auparavant réservées par les patients.

Ce que veulent les transporteurs routiers

Les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé à la grève à partir de dimanche soir 22H00 et pour une durée indéterminée. Objectif ? Défendre le pouvoir d'achat, qualifiant de "miettes" les mesures annoncées mardi par le Premier ministre. Les deux syndicats sont par ailleurs mécontents d'une récente décision du Conseil d'État qui a annulé les dispositions d'un décret de 2016 fixant des majorations de 25% et 50% aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers et réclament "une réunion en urgence" au ministère des Transports, dans un communiqué commun.

Les avocats aussi

Dans certains tribunaux, les avocats se mobilisent contre le projet de loi de la réforme de la justice et notamment la fusion annoncée entre les tribunaux d'instance et les tribunaux de grande instance . Les grévistes redoutent une refonte de la carte judiciaire où certains tribunaux, vidés de leurs substance, finiraient par fermer.  En Normandie, au TGI de Rouen, le mouvement est particulièrement suivi avec même une grève "totale" du barreau. 29 avocats ont refusé d'être commis d'office jeudi matin pour défendre des accusés (voir la série de messages twitter ci dessus). 

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