INFO LCI – Paris : en 2019, baisse record du nombre de manifestations déclarées

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POLICE – La préfecture de police a recensé 2093 manifestations revendicatives déclarées en 2019, un niveau au plus bas depuis une décennie…

Les chiffres ont, de prime abord, de quoi étonner. Alors que l’activité de maintien de l’ordre a été soutenue à Paris l'année dernière en raison du mouvement des Gilets jaunes, le nombre de manifestations déclarées, lui, est paradoxalement en baisse. Selon nos informations, la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police a recensé 2093 manifestations revendicatives déclarées en 2019. Depuis dix ans, ce chiffre est le plus faible. Il était de 2974 en 2009 et de 2444 en 2018, soit une baisse de 16,77% en un an.

Mutation de la mobilisation à Paris

Ces chiffres illustrent la mutation des problématiques liées au maintien de l’ordre à Paris. Le mouvement des Gilets jaunes a fait émerger un nouveau visage de la mobilisation dans la capitale, avec des groupes peu structurés, sans représentant désigné, parfois sans déclaration préalable ou trop tardive. "Alors qu’auparavant, certains collectifs déclaraient les manifestations, le mode d’action plus radical de certains les a poussés à s’affranchir de cette obligation", explique une source policière.

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A l’inverse, des mouvements de sans-papier ou revendicatifs sur le mal-logement ou la pauvreté, régulièrement dans les rues de Paris ces dix dernières années, ont été aspirés, voire éclipsés, par le quasi-monopole des Gilets jaunes. "Il y a sans doute eu un effet sur d’autres mouvements qui n’auraient pas eu l’écho médiatique escompté et qui donc ont moins manifesté"», entrevoit une source policière.

"Ce n’est pas qu’on a moins manifesté. Mais on a constaté l’année dernière une convergence. Nous avons co-déclaré des manifestations avec des Gilets jaunes, parce que les Gilets jaunes ont repris certaines de nos thématiques", nuance Jean-Baptiste Eyraud, le président de l'association Droit au logement (DAL). Autre explication, avancée par cet habitué du pavé parisien, qui dénonce une supposée "répression policière", régulièrement dénoncée par les manifestants : "Les gens ont peur, on le voit bien", affirme-t-il.

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Les services de renseignement se sont adaptés

Depuis plusieurs années, la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) a ses entrées au sein des collectifs de sans-papier, associatifs, communautaires ou encore syndicaux. Les relais au sein de ces structures lui permettent d’anticiper les déclarations de manifestations ainsi que la participation afin de calibrer au mieux l’engagement des forces mobiles sur l’encadrement des manifestations.

Face à cette activité revendicative plus hybride, le renseignement a dû s’adapter. "Nous avons réinvesti le suivi de groupuscules en milieu fermé", glisse un policier. A l'inverse, auparavant, un simple coup de téléphone, en source dite "ouverte", à un membre d’un collectif, suffisait à un agent de la DRPP pour avoir une estimation du nombre de manifestants présents.

"On a désormais une très bonne connaissance des liens entre les différents groupes parisiens issus du mouvement des Gilets jaunes grâce à un recentrage rapide et efficace des services sur cette thématique qui, reconnaissons-le, avait été mise de côté en raison de la menace terroriste", poursuit une source au sein des services de renseignement. Le retour en fin d’année 2019 à la manifestation traditionnelle syndicale, déclarée - celle contre la réforme des retraites - n’a pas contrebalancé cette tendance à la baisse constatée en 2019 du nombre de manifestations déclarées.

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