Interdire les Gilets jaunes sur les Champs-Élysées : mauvaise idée en novembre, bonne idée en mars ?

Social
ORDRE PUBLIC - Après les violences qui ont émaillé la manifestation des Gilets jaunes du samedi 16 mars, Edouard Philippe a annoncé l'interdiction des manifestations de Gilets jaunes dans plusieurs quartiers, dont les Champs Élysées en cas de présence "d'éléments ultras". En novembre dernier pourtant, après les premières violences, le gouvernement avaient justifié de ne pas fermer les Champs-Elysées. "C'est à peu près la moitié de la capitale qui aurait été fermée pour 8000 manifestants" avait alors dit Christophe Castaner.

Après des mois de manifestations, le gouvernement a décidé de ne plus laisser les Champs Élysées aux Gilets jaunes en cas de présence "d'éléments ultras". Cette annonce du Premier ministre Edouard Philippe sonne comme un virage à 180 degrés par rapport aux premières semaines de mobilisation, déjà marqués par des violentes échauffourées sur la célèbre avenue. La fermeture des Champs-Élysées avait même été présentée comme contre productive aux débuts du mouvement.

"Nous interdirons les manifestations se revendiquant des 'Gilets jaunes' dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser. Je pense bien évidemment aux Champs-Élysées à Paris, à la place Pey-Berland à Bordeaux, à la place du Capitole à Toulouse", où "nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements", a annoncé lundi le Premier ministre lors d'une déclaration à Matignon.

Si nous avions fermé les Champs-Élysées ainsi que l'intégralité des rues adjacentes, c'est à peu près la moitié de la capitale qui aurait été fermée pour 8000 manifestantsChristophe Castaner, le 24 novembre

Quatre mois plus tôt, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner livrait une toute autre conclusion, après des scènes de violences qui avaient émaillé la manifestation des Gilets jaunes du 24 novembre. "Nous aurions pu interdire complètement les Champs-Élysées et fermer Paris mais nous n'avons fait pas ce choix-là. Nous avons appelé à la responsabilité de chacun", avait déclaré Christophe Castaner, interrogé sur le fait que le gouvernement n'ait pas interdit purement et simplement l'avenue parisienne pour cette manifestation. "Si nous avions fermé les Champs-Élysées ainsi que l'intégralité des rues adjacentes, c'est à peu près la moitié de la capitale qui aurait été fermée pour 8000 manifestants", ajoutait-il, affirmant que les forces de l'ordre ont pour habitude de "gérer très bien des cortèges de centaines de milliers de personnes".

Une amende de 135 euros en cas d'attroupement non autorisé

De nombreuses critiques avaient été formulées après les images spectaculaires du 24 novembre : mobilier urbain détruit, barricades, terrasses de café dévastées et devantures incendiées... À l'époque, les manifestants avaient refusé de se rendre sur le Champ-de-Mars, comme leur avait proposé le ministère de l'Intérieur, mais s'étaient dirigés vers les Champs-Élysées sans avoir déclaré officiellement un trajet. Le bas des Champs-Élysées ayant été bouclé par un important dispositif de sécurité, les manifestants avaient convergé vers le haut de la célèbre avenue, avant que la situation ne se tende.

En vidéo

Amende de 135 euros en cas de manifestation interdite : Castaner décrypte la mesure

Jusqu'en soirée, un jeu du chat et de la souris s'était joué entre manifestants et forces de l'ordre, ces derniers tentant de contenir les premiers sur l'avenue. La stratégie de la place Beauvau était alors de se concentrer sur ce périmètre délimité pour encadrer le mouvement, mais le gouvernement avait été accusé d'avoir protégé les environs des lieux de pouvoirs au détriment des Champs-Élysées. À l'en croire désormais, on ne l'y reprendra plus.


Lundi, sur LCI, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a précisé la nouvelle mesure d'interdiction mise en oeuvre. "Les Français attendent de nous que nous soyons plus offensifs." En cas "d'attroupement", et après une sommation des forces de l'ordre, les personnes qui se prêteront à un attroupement seront contrôlés et verbalisés d'une amende de 135 euros. (voir la vidéo ci dessus).

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter