"L'Homme qui répare les femmes", le film qui illustre le travail du Dr Mukwege auprès des femmes violées

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CINÉMA - Le docteur Denis Mukwege est internationalement connu comme "l'homme qui répare les femmes". Prix Sakharov 2014, il met sa vie au service des habitantes de la République Démocratique du Congo, victimes de viols massifs à l'est du pays. Le film "L'homme qui répare les femmes. La colère d'Hippocrate" de Thierry Michel retrace le parcours de ce chirurgien-féministe qui répare l'âme et le corps des femmes.

Formé à la gynécologie au CHU d'Angers, le docteur Mukwege ne voulait pas grossir les rangs des services gynécologiques des hôpitaux occidentaux. Les femmes du Sud-Kivu avaient trop besoin de lui. En 1994, cette partie de la République démocratique du Congo, située à la frontière avec le Rwanda et le Burundi, a permis le passage de milliers de Tutsis tentant d'échapper aux miliciens hutus auteurs du génocide. Un peu plus tard, elle a vu l'arrivée de centaines de milliers de Hutus fuyant à leur tour le Rwanda à l'arrivée au pouvoir de Paul Kagame à Kigali.

C'est ainsi que l'est du Congo a été le théâtre, pendant une vingtaine d'années, de plusieurs guerres. La population civile et en particulier les femmes n'ont pas été épargnées. Des milliers d'entre elles ont été victimes de viols et de destruction volontaire et planifiée de leurs organes génitaux.

 

Le film de Thierry Michel et Colette Braeckman, "L'homme qui répare les femmes. La colère d'Hippocrate", retrace l'histoire du docteur Denis Mukwege, qui a fait découvrir au monde entier la barbarie sexuelle dont sont victimes ces femmes. On le suit dans ses déplacements à travers le Sud-Kivu et au sein de l'hôpital de Panzi qu'il a créé pour accueillir et opérer ses patientes, parfois âgées de quelques mois seulement. Il y vit sous la protection des Casques bleus de l'Onu depuis qu'il a été victime d'une tentative d'assassinat.

Des femmes "incapables de procréer ou même incontinentes à vie"

Outre le portrait de Denis Mukwege, le film dresse également celui de ses patientes ou ex-patientes, celles qu'il a réparées et qui se reconstruisent, celles qu'il a espoir de guérir physiquement et psychologiquement. "Nous avons choisi de filmer des témoignages de femmes violées. Certains sont accablants, émouvants car certaines femmes sont désormais incapables de procréer ou même incontinentes à vie" explique Thierry Michel. 

Les témoignages forts, parfois insoutenables, s'enchaînent. Les femmes comprennent en côtoyant le docteur qu'elles ont elles-mêmes un rôle à jouer dans le rétablissement de la paix et le bon fonctionnement de la justice pour punir les auteurs de ces crimes trop souvent impunis. Ce sont elles qui, aujourd'hui, font avancer Denis Mukwege et le poussent à continuer son activité dans cette région du monde.

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