La future réforme des retraites inquiète les Français

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RETRAITES - Une consultation citoyenne conduite par le gouvernement auprès des Français a dévoilé les "inquiétudes" parmi "beaucoup de participants" pour la réforme, qui doit passer devant le Parlement d'ici le milieu de l'année 2019. Ils redoutent notamment la baisse des pensions.

Les contribuables français s'inquiètent pour leurs retraites, dont le système va être profondément réformé dans les prochains mois. La grande consultation citoyenne lancée fin mai par le gouvernement a mis au jour les "inquiétudes" de "beaucoup de participants", notamment sur le "niveau des pensions", selon un bilan présenté jeudi 13 décembre au ministère des Solidarités. En cinq mois, plus de 35.000 contributions et plus de 200.000 visiteurs ont été recensées sur la plateforme internet dédiée, tandis que le Haut-Commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, avait convié quelque 800 citoyens à une série d'ateliers organisés en région cet automne.

Mais les "principes énoncés de la réforme" - système universel de retraites au lieu des 42 régimes existants, où un euro cotisé donnerait les mêmes droits,  quel que soit le statut du cotisant - "ne lèvent pas tous les doutes chez les participants", peut-on lire dans le compte-rendu du gouvernement. "Possible baisse des pensions", "nivellement des droits par le bas" ou encore "impossibilité à aller jusqu'au bout des objectifs" font partie des craintes identifiées et ce, même "si les participants sont très favorables au projet de simplification et d'universalité du système". "Globalement le futur système de retraite est considéré comme une formidable opportunité pour plus d'équité et d'égalité, même si sa mise en oeuvre est source d'inquiétude pour beaucoup de participants", assure le gouvernement.

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Qu'attendent les retraités du chef de l'Etat ?

Un projet de loi courant 2019 ?

Pérennité d'un système par répartition (les actifs cotisent pour les retraités, ndlr), transition entre les deux systèmes et capacité à tenir le cap au fil des alternances politiques font également partie des inquiétudes relevées. "Le sujet le plus clivant" concerne "l'harmonisation de tous les régimes versus la prise en compte des spécificités (pénibilité, horaires de nuit, etc.)".  La CGT, elle, craignait par exemple que la réforme mette les pensions à "un niveau proche du seuil de pauvreté" pour la première, faute pour les futurs retraités d'avoir atteint un niveau de cotisation suffisant. Ce qui avait poussé l'ex-patron de FO, Pascal Pavageau à dire ainsi tout le bien qu'il pensait de ce nouveau système : "Retraite par ponts, travail sans fin."

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En revanche, "la simplification du système, la recherche d'équité entre les actifs, le maintien du principe de répartition et de solidarités intergénérationnelles, interprofessionnelles et intersectorielles" et "la compensation des inégalités salariales femmes-hommes au moment de la retraite" font consensus. Pour rappel, aucun citoyen né avant 1963 ne sera concerné par ces bouleversements. Jean-Paul Delevoye a entamé en octobre une deuxième phase de négociations avec les partenaires sociaux sur le futur régime pour parvenir à un projet de loi courant 2019. La réforme devrait être appliquée en 2025, a indiqué le Haut-Commissaire.

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