VIDÉO : "Aidez-nous !" : le témoignage de deux professionnels de la nuit

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TÉMOIGNAGE - Les boites de nuit, qui devaient rouvrir le 10 juillet, puis le 1er septembre, resteront fermées pour une durée indéterminée. Beaucoup d'entre elles commencent à déposer le bilan. Pour LCI, deux patrons racontent l'impact de la crise sur leur activité et sur le métier.

"Nous faisons les choses, nous respectons, alors aidez-nous !  Ne nous laissez pas au bord de la route, sans eau". Jérôme Calatraba, patron du High Club de Nice, est à bout.  Son établissement, "créé avec ses propres deniers", pourrait bientôt disparaître. Si bien qu'aujourd'hui, avec le spectre d'un dépôt de bilan qui plane sur toute la profession, cet ancien joueur de football "se fait peur"

Depuis la mi-mars, la fête est finie et la musique ne résonne plus à l’intérieur de la discothèque, réduite au silence comme 1600 autres établissements en France. Et ce, pour une date indéterminée. À la fin du mois de juillet, 300 établissements avaient déjà déposé le bilan. 

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"Chiffre d'affaire : zéro" résume Philippe Seither, directeur général de Dynaprod. Son agence s'occupe de la direction artistique de plusieurs boites de nuit à Paris. Son activité est totalement à l’arrêt depuis le début de la crise sanitaire. Jérôme Calatraba, lui, affirme avoir perdu plus d'1 million d'euros... rien qu'en électricité au moment où il nous parle. Pour les discothèques, la survie dépendrait donc, c'est son souhait, de la prise en charge par l'Etat de la totalité de leurs charges fixes : loyers, assurances, EDF, eau, téléphone, honoraires comptables et juridiques, congés payés à charge, etc... 

La réouverture n'est pas envisageable

Lundi 13 juillet, le conseil d'État avait estimé, en rejetant un recours du Syndicat National des Discothèques & Lieux de Loisirs (SNDLL), que la fermeture prolongée des boîtes de nuit n'était pas "disproportionnée" eu égard "au caractère clos des établissements en cause, à la nature d'activité physique de la danse ainsi qu'à la difficulté de garantir le port du masque ou le respect des règles de distanciation sociale dans un contexte festif". Les syndicats avaient donc réfléchi à la manière dont ils pourraient s'adapter : des tables sur la piste de danse - comme cela se fait dans d'autres pays-, et l'utilisation de l'application StopCovid par exemple. En vain. 

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"Un coup de poignard" pour Philippe Seither, alors que les bars ont pu rouvrir, et que des soirées privées se tiennent régulièrement sur le territoire. Jérôme Calatraba ne souhaite pas spécialement rouvrir, "se souciant de la santé des personnes". Mais sans aides, ni accompagnement du gouvernement, l'avenir de son établissement est plus qu'incertain. Alain Griset, le ministre délégué aux Petites et Moyennes entreprises (PME), a indiqué que l'Etat prendrait en charge une partie des frais fixes des établissements de nuit s'élevant à 15.000 euros par mois, pendant trois mois. 

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