Les auto-écoles manifestent pour dénoncer "l'ubérisation" de la profession

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GRÈVE - Les auto-écoles manifestent ce lundi dans plusieurs villes françaises pour protester contre un rapport parlementaire qui menace, selon elles, leurs établissements de proximité, au profit des plateformes en ligne mettant en relation professeurs et élèves.

C'est un rapport parlementaire visant à diminuer de façon significative le prix du permis de conduire qui a mis le feu aux poudres. Pour y arriver, la députée LaREM du Gard, Françoise Dumas, conseillerait au Premier ministre d'"ubériser" l'activité des auto-écoles. 

Les trois organisations de la profession (CNPA, Unidec, Unic) redoutent notamment  la mise en place d'un agrément qui deviendrait national et abandonnerait l'obligation d'avoir un local, privilégiant ainsi les plateformes de mise en relation entre élèves et moniteurs synonymes. Une concurrence déloyale aux yeux des syndicats du secteur. Ils s'opposent également à la  généralisation des inscriptions à l'examen par l'élève lui-même, en candidat libre.

Pour défendre leur "savoir-faire au service de la sécurité routière", ils mènent ce lundi différentes opérations à Paris, sur le périphérique, mais aussi à Bordeaux, Nice ou encore Marseille. 

"Nous ne sommes pas des auto-écoles de l'ancien monde, comme on nous présente parfois, mais des auto-écoles de proximité. Et l'exécutif voudrait désormais créer un système hors-sol", s'indigne Patrice Bessone, président du CNPA-Education routière, syndicat majoritaire parmi les 10.000 auto-écoles (soit 40.000 salariés): "Ça va à l'inverse des déclarations du président suite à la colère des Gilets jaunes, qui disait qu'il fallait remettre du territoire, que le territoire a un sens".

   

Pour lui, "tuer la proximité, c'est tuer la qualité. Et quand la qualité de l'enseignement du permis de conduire est bradée, ça devient un permis de tuer". "On ne veut pas que la formation au permis de conduire soit associée à des formations low-cost. On n'est pas contre les nouveaux arrivants mais tout le monde doit être soumis aux mêmes règles", abonde le président de l'Unidec, Patrick Mirouse.

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Grève des auto-écoles : le "rapport fait la part belle aux plateformes (en ligne) au détriment des auto-écoles de proximité"

Les organisations de la profession s'étaient déjà alarmées en novembre des déclarations d'Emmanuel Macron annonçant une "baisse drastique" du coût du permis. Selon l'UFC - Que choisir, le permis de conduire coûte en moyenne 1800 euros, une somme considérable pour les jeunes, notamment les étudiants. Pour faire baisser ce prix, les syndicats proposent plutôt de diminuer la TVA, de développer des cours collectifs et des simulateurs de conduite et de mieux  orienter les candidats vers les dispositifs d'aide (compte personnel de formation, permis à un euro, etc.).

Ils estiment également que les plateformes en ligne ne sont que faussement moins chères, car "des élèves mal préparés vont rater l'examen, devront le repasser et paieront au final plus cher qu'annoncé", souligne le président du CNPA-Education routière.

Pas de permis au rabais

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a assuré sur LCI que le gouvernement resterait à l'écoute de leurs propositions, soulignant que le rapport ne serait publiquement remis que ce mardi. "On cherche les solutions qui facilitent la vie des Français, c’est un peu ce qu’on attend de nous", avance-t-elle. "Il faut que (le permis) soit plus accessible aux jeunes", affirme la ministre, sans pour autant instaurer "un permis de conduire au rabais".

Emmanuel Macron a indiqué jeudi que d'autres pistes étaient sur la table. Face à 1.000 jeunes, il a notamment évoqué la possibilité de passer "l'intégralité" du permis dans le cadre du futur Service national universel.

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