Les Gilets jaunes sur les Champs-Elysées : qu'ont retenu les forces de l'ordre de l'acte II ?

Les Gilets jaunes sur les Champs-Elysées : qu'ont retenu les forces de l'ordre de l'acte II ?
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MANIFESTATION - Alors que les Gilets jaunes souhaitent manifester de nouveau sur les Champs-Elysées, le ministre de l'Intérieur a ordonné une fermeture partielle de l'avenue ce samedi, avec des fouilles et des contrôles d'identité stricts. Les forces de l'ordre conservent un mauvais souvenir de l'acte II.

Les annonces d'Edouard Philippe et la rencontre avec François de Rugy n'y changeront rien : les Gilets jaunes sont déterminés à se faire entendre à Paris, une nouvelle fois. Mardi 27 novembre au soir, au sortir de la réunion avec le ministre de la Transition écologique et solidaire, Eric Drouet, l'un des porte-paroles des Gilets jaunes a confirmé qu'une nouvelle manifestation sur les Champs-Elysées se tiendrait ce samedi 1er décembre.  

"Il y aura le rendez-vous, comme samedi dernier, aux Champs-Élysées. Le souhait de tous les gilets jaunes c'est de continuer chaque samedi comme ça, aux Champs-Élysées", a-t-il déclaré, aux côtés de sa comparse Priscillia Ludosky. Sauf que la perspective d'un 24 novembre bis avec son cortège de violences emmené par des casseurs fait craindre le pire, du côté des syndicats de police et des autorités. Au point que Christophe Castaner, ce jeudi, a opté pour une fermeture partielle des Champs-Elysées. La circulation y sera donc interdite et les piétons - dont les manifestants - devront montrer patte blanche. Des accès très hermétiques avec des contrôles systématiques des documents d'identités et des sacs seront mis en place par les policiers.

Une initiative qui doit réjouir Philippe Capon, secrétaire général d'Unsa Police, qui nous confiait mercredi que "revenir sur les Champs-Elysées, c'est une très mauvaise idée [...] Prendre ce risque avec les mouvements extrêmes, c'est risqué".

Une manifestation sur les Champs-Elysées est risquée

La manifestation des Gilets Jaunes, samedi 24 novembre, a laissé des traces. Pour l'image de la France tout d'abord : les images des affrontements ont fait le tour du monde, mais aussi dans les chairs. Selon les chiffres de la préfecture de Police de Paris, 31 personnes ont été blessées, dont 24 parmi les manifestants et 7 parmi les forces de l'ordre, dont un très sérieusement. Ces violences ont été attribuées à "l'ultra-droite" par Christophe Castaner, mais cette "particularité" n'est pas apparue lors des comparutions immédiates, cette semaine, devant le tribunal.

Du côté des forces de l'ordre, la journée avait forcément été difficile : "Les collègues en ont pris plein la gueule, certains n'ont pas pu manger de la journée. Aucun policier n'est content de ce qu'il s'est passé samedi. Cela n'a pas été une manifestation bon enfant. Pour nous, une bonne manifestation, c'est lorsqu'il n'y a pas de blessé", explique Philippe Capon. "Tout a été mal géré sur les Champs-Elysées. On ne peut pas avoir de manifestations sur toute une journée où, à 23h, on court encore après les casseurs. Cette gestion n'était pas rationnelle. Cela a duré beaucoup trop longtemps". 

"Samedi dernier, rien n'avait été préparé ou enlevé. La préfecture de police aurait dû s’en charger. Le matériel de chantier n'avait pas été dégagé et des choses ont atterri sur les forces de l'ordre, regrette le syndicaliste. Il y avait des éléments d'échafaudage entier qui ont été utilisés comme des armes. Il y avait de quoi démonter les pavés, fracasser les magasins..." relate Philippe Capon. 

Il y a une fatigue physique et sociale, chez les forces de l'ordre - Philippe Capon, secrétaire général d'Unsa Police

"L'impréparation en amont du 24 novembre a posé souci. Les Champs n'ont pas été dégagés ni bloqués", abonde Denis Jacob d'Alternative Police. "La priorité était le périmètre de l'Elysée, le ministère de l'Intérieur et l'Assemblée nationale", dit-il. Mais d'observer toutefois que malgré les violences, "le maintien de l'ordre a été plutôt bien géré, puisque nous avons évité des dommages collatéraux en nombre important, même s'il y a des blessés dans nos rangs". Des blessés et des forces de l'ordre fatiguées qui devront une fois encore assurer un maintien de l'ordre, samedi prochain. 

"Entre les manifestations et les commémorations, une fatigue physique et sociale s'est installée, chez les collègues, indique Philippe Capon. Certains collègues enchaîneront leur quatrième week-end de travail. Certains ne sont pas chez eux depuis un mois. Forcément, cela crée une usure et une fatigue. Une manifestation comme ça, c'est du travail en plus. On continue les interventions police-secours, par exemple. Ce sont des missions supplémentaires pour des personnels que l'on ne peut pas employer à l'infini", plaide-t-il. 

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A quoi doit-on s'attendre, samedi 1er décembre prochain ? Denis Jacob estime qu'il s'agit d'une nouvelle journée à haut risque, avec, espère-t-il, "les leçons tirées des erreurs du 24 novembre dernier, en matière de sécurisation des Champs Elysées". Le filtrage, annoncé ce 29 novembre par Christophe Castaner, en est une. 

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Pour l'heure, les services sont en ordre de marche, 4.000 policiers devraient être déployés sur place pour assurer la sécurité, soit 1000 de plus que le 24 novembre. "Les renseignements travaillent et on remet en mission opérationnelle les moyens qui sont les nôtres", explique Philippe Capon. "Mais on peut imaginer que les groupuscules seront encore présents en plus des manifestants. Nous sommes sur des manifestations dures, avec des situations de guérilla", conclut-il. 

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