Les huit "communicants officiels" ne font - déjà - pas l'unanimité chez les Gilets jaunes

Social
CONTESTATION - Huit "communicants officiels" des Gilets jaunes se sont fait connaître, lundi 26 novembre, au moyen d'un communiqué où ils affichaient également leurs revendications. Au fil de la journée, certains activistes du mouvement ont manifesté leur désaccord avec ce choix, aussi bien pour des questions de méthode que de légitimité.

Lundi 26 novembre, le mouvement des Gilets jaunes a pris un nouveau tournant en désignant huit "communicants officiels" chargés d’"engager une prise de contact sérieuse et nécessaire avec les représentants de l'Etat et de son gouvernement". Le communiqué portait également des revendications plus étoffées, parmi lesquelles "deux propositions principales" : "revoir à la baisse toutes les taxes" et créer "une assemblée citoyenne", où serait traitée la question cruciale de la transition écologique. Seulement, depuis quelques heures, une grogne monte progressivement contre cette désignation, considérée par certains comme non légitime et peu représentative du mouvement.

Dans un communiqué publié plus tard dans la journée, l'association "Gilets-Jaunes Le Mouvement", créée par une dizaine de Gilets jaunes lyonnais le 24 novembre dernier, conteste cette désignation : "Nous apprenons que 8 personnes seraient élues par les Gilets Jaunes pour représenter la mobilisation citoyenne et les revendications. Nous dénonçons cette information et affirmons qu’aucune consultation large et transparente n’a été organisée pour désigner qui que ce soit."


"Personne ne peut aujourd’hui prétendre à parler au nom de ceux qui ne l’ont pas désignés de manière transparente" poursuit le communiqué, alors que l'association "Gilets-Jaunes Le Mouvement", a lancé dans le même temps une pétition en réponse à la nomination des huit communicants officiels. Les huit "communicants" se gardent bien de prétendre remplir un autre rôle que celui de relayer les revendications de la base du mouvement : "Nous sommes des porte-parole, pas des décisionnaires", assure Julien Terrier sur LCI, qui anticipait déjà que ses camarades et lui "ne feraient pas l'unanimité". "On a fait une visio-conférence avec les différents représentants régionaux, une trentaine de délégués, qui ont élu la délégation."

Ce n’est pas un mouvement apolitique, il y a des gens de gauche, de droite, des abstentionnistes.Benjamin Cauchy, représentant des Gilets jaunes en Haute-Garonne.

Un processus insuffisant pour Benjamin Cauchy, membre très médiatique du mouvement venu de la Haute-Garonne mais écarté de la liste des huit "communicants". Interrogé sur LCI sur ce sujet, ce dernier, dont France 3 Occitanie a dévoilé les accointances avec différentes mouvances de droite plus ou moins extrémistes, dénonce notamment le virage politique que prend une partie du mouvement : "J’ai eu un mandat électoral il y a une dizaine d’années sur une liste UMP, j’ai des convictions gaullistes et les organisateurs, entre eux, ont décidé qu’être gaulliste n’était pas compatible avec la représentativité des Gilets jaunes. (...) Je regrette aussi que cette délégation auto-proclamée de huit communicants n'ait pas vraiment de légitimité."


"Les Gilets jaunes ont créé leur force dans la pluralité et il est important que tous les spectres politiques soient représentés au sein de ces Gilets jaunes. Ce n’est pas un mouvement apolitique, il y a des gens de gauche, de droite, des abstentionnistes. Du coup, le fait d’évincer des gens comme moi et d’autres, je trouve cela un peu sectaire" ajoute-t-il, sous-entendant que la majorité des représentants choisis ce lundi étaient plutôt issus de La France Insoumise (LFI).

"De simples messagers"

Des critiques qui semblent avoir été entendues. Reçus par François de Rugy ce 27 novembre, Eric Drouet et Priscilla Ludosky ont tenu à préciser face caméra. "Il faudra convaincre les Gilets jaunes dans leur totalité, nous on est juste des messagers", "aujourd'hui, ce n'était pas une question d'obtenir quelque chose, c'était plus de passer un message".


"Un certain nombre de personnes nous envoient des propositions, on n'est pas là pour dire si c'est bien ou pas bien, mais d'en faire part au ministère", a ainsi expliqué Priscilla Ludosky. "Ils ont entendu qu'il y a une colère, une souffrance, un besoin de se faire entendre. On leur a dit qu'il y avait besoin d'augmenter le pouvoir d'achat par une baisse des taxes et qu'il y a une volonté de créer une assemblée citoyenne pour que les gens puissent s'exprimer, que leurs avis comptent. Il y a beaucoup de personnes qui ont le sentiment que leur avis ne comptent pas".


Ils appellent maintenant les Gilets jaunes à désigner des responsables régionaux pour poursuivre le dialogue avec le Premier ministre.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter