Les policiers et gendarmes français soumis à un questionnaire sur leurs conditions de travail

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ENQUÊTE – À la demande de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, les membres des forces de l’ordre peuvent répondre à 37 questions portant sur l’état de leurs locaux, de leurs matériels et, plus largement, sur leurs conditions de travail.

C’est un des nombreux dommages collatéraux de la crise des Gilets jaunes, qui a notamment mis en lumière le travail parfois difficile de nos policiers et nos gendarmes. En conséquence de quoi, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale, créée en février 2019 pour se pencher sur le sujet, a entrepris de sonder, via un grand questionnaire comptant 37 interrogations spécifiques, les forces de l’ordre au sujet de leurs conditions de travail. Quelque 250.000 personnes sont concernées. Ledit questionnaire garantit leur anonymat.

Un questionnaire que le ministère de l'Intérieur n'a pas validé

Selon nos informations, ces 37 questions portent sur la qualité et la quantité du matériel, l’état des locaux, leur temps de travail ou encore leur moral, sans oublier quelques interrogations politiques, concernant la généralisation des caméras piétons ou l’âge de la majorité pénale. L’idée des administrateurs étant de sonder les problématiques concrètes de terrain. 

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Quelques exemples de questions posées :

- Quelles sont les améliorations que vous avez constaté dans la simplification des procédures ?

- À partir de quel âge, selon vous, un mineur devrait être traité comme un majeur ?

- Quelle est la part approximative de votre équipement individuel que vous avez acheté vous-même ?

- Trouvez-vous la procédure suffisamment décentralisée en matière d’entretien des bâtiments ?

- Vous sentez-vous assez nombreux pour effectuer les missions qui vous sont confiées ?

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La commission a déjà procédé à une centaine d’auditions, et affirme avoir reçu plus de 10.000 questionnaires remplis. Diffusé depuis lundi, le questionnaire sera ouvert jusqu’au 28 juin. Le rapporteur de cette commission, le député Christophe Naegelen (UDI), nous a, par ailleurs, indiqué qu’il avait dû passer par les syndicats de policiers et associations de gendarmes pour le diffuser largement, parce que le ministère de l’Intérieur n’a pas validé l’initiative, au motif que "ce questionnaire n’entre pas dans les prérogatives de la commission d’enquête", au nom de "la séparation des pouvoirs"...  Ce rapport doit être présenté à ladite commission le 3 juillet, puis à la presse le 12 ou le 13 juillet.

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