Loi "anti-casseurs" : Castaner défend le texte controversé avant un vote solennel à l'Assemblée nationale

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La colère des Gilets jaunes

BLACK BLOC- Interdictions administratives de manifester, délit de dissimulation du visage : l'Assemblée doit adopter, ce mardi, la proposition de loi Les Républicains, décriée par l'opposition et une partie des députés de la majorité. Le ministre de l'Intérieur a pris la plume pour défendre ce texte.

Dans l'hémicycle feutré du Palais Bourbon, la loi anti-casseurs devrait être solennellement adoptée, dans l'après-midi du 5 février. Approuvée par les sénateurs, en octobre, cette proposition de loi Les Républicains, déposée par le sénateur Bruno Retailleau vise à encadrer les violences éventuelles lors de manifestations. Décriée par la droite qui juge que le texte a été détricoté, elle fait aussi craindre à gauche une atteinte aux libertés individuelles. Du côté de La République en marche, certains élus ne voteront pas le texte en l'état. Sonia Krimi (Manche) et Aurélien Taché (Val d'Oise) ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne voteraient pas le texte.

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" Elle vise à protéger les manifestations "

En cause : une série de mesures qui facilitent l'interdiction de manifester. Inspiré des textes anti-hooligans - eux-mêmes particulièrement critiqués par les associations de supporters - cette proposition de loi va permettre des comparutions immédiates facilitées, une interdiction administrative de manifester, mais aussi la possibilité de fouilles pour trouver des "armes par destination", sur réquisition du procureur. Il intègre aussi le principe du "casseur-payeur".

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"Cette loi ne vise pas à empêcher, au contraire, elle vise à protéger les manifestations", a assuré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, dans une tribune parue sur Facebook, dans la soirée du 4 février. "Car trop souvent, quelques brutes mettent en péril notre droit à manifester. Depuis le début du mouvement dit des Gilets jaunes, plus de 1200 policiers, gendarmes et pompiers et près de 1900 Gilets jaunes ont été blessés. Les centres-villes sont parfois pillés, le mobilier urbain ravagé, les symboles de la République visés. Ce sont aussi des salariés empêchés et au chômage partiel. A Paris, ce sont plus de 1900 magasins attaqués."

Cette proposition de loi portée par le sénateur LR Bruno Retailleau est décriée par une partie des députés LREM. Une vingtaine d'entre eux devraient s'abstenir lors du vote. C'est la règle au sein du groupe : "abstention péché véniel, vote contre péché mortel" c'est-à-dire exclusion, comme l'a expérimenté Sébastien Nadot lors du vote du budget en fin d'année 2018. La proposition de loi retournera ensuite au Sénat le 12 mars pour une deuxième lecture. Le gouvernement, qui l'a reprise à son compte début janvier sur impulsion d'Edouard Philippe, souhaite une adoption définitive rapide pour cause de manifestations récurrentes des Gilets jaunes.

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