Deux lycéens gravement blessés par des tirs de flashball, des dizaines de lycées perturbés

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MANIFESTATIONS - Dans le Loiret et dans le Val-d'Oise, deux lycéens ont été grièvement blessés par des tirs de flashball. Selon nos informations, 29 personnes ont été interpellées ce mercredi en région parisienne. 23 d'entre elles ont été placées en garde à vue. Plusieurs dizaines de lycées ont été perturbés ou bloqués dans tout le pays au troisième jour de la mobilisation contre les réformes dans la foulée de la contestation des Gilets jaunes.

La colère des Gilets jaune s'étend au monde étudiant. Deux lycéens ont été blessés par des tirs de flashball ce mercredi devant deux établissements distincts, à Saint-Jean-de-Braye (Loiret) et Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise). Dans le reste de la France, des dizaines de lycées restent perturbés ou bloqués mercredi et plusieurs manifestants ont été interpellés


Dans le Loiret, devant le lycée Saint-Jean-de-Braye, un lycéen a été touché à la tête en début de matinée. Selon nos informations, les policiers ont fait usage de flashball en réponse à des tirs de mortiers. Le lycéen, en classe de seconde, serait dans un état grave mais son pronostic vital n'est finalement pas engagé. Il est soigné à l'hôpital d'Orléans.  Selon un lycéen contacté par LCI, le blocage a débuté peu avant 8h00, et les forces de l'ordre sont arrivées une heure plus tard pour disperser les nombreux étudiants présents devant l'entrée de l'établissement. "Ils ont tiré des lacrymogènes pendant que O. était encore au sol", a raconté ce témoin, qui précise que ce sont les lycéens qui ont appelé les pompiers.

A Garges-lès-Gonesse, un autre lycéen a été gravement blessé à la gorge, là encore par un tir de flashball en réponse à des jet de mortiers devant le lycée Simone-de-Beauvoir. Son pronostic vital était engagé lors de sa prise en charge par le Samu.

29 interpellations en région parisienne

Le mouvement lycéen a été émaillé d'autres incidents. Selon nos informations, 29 personnes ont été interpellées ce mercredi en région parisienne. 23 d'entre elles ont été placées en garde à vue alors que des dizaines de lycées ont été perturbés ou bloqués en France. 


Et certaines académies sont plus impactées que d'autres. "C'est tendu dans celle de Marseille, avec 20 lycées bloqués ou perturbés, et Créteil avec 24 perturbés dont 8 complètement bloqués", a-t-on indiqué au ministère, en faisant état d'autres perturbations notamment dans l'académie de Lyon (16 lycées perturbés dont deux bloqués).  En Ile-de-France, 58 établissements sont touchés. Des perturbations plus légères sont également observées dans les académies d'Amiens, Nantes et Bordeaux, selon le ministère. A Bordeaux, plus de 300 lycéens ont de nouveau manifesté dans le centre-ville mercredi, certains mettant le feu à quelques poubelles, avant d'être dispersés par les CRS.


Les lycéens contestataires et leurs représentants syndicaux appellent à  l'abandon des réformes du lycée, du bac, de la voie professionnelle et de la  loi ORE, introduite l'an dernier pour l'entrée à l'université.  "Tout en comprenant parfaitement l’inquiétude légitime de la jeunesse pour son avenir, la Peep condamne fermement tout acte de violence, à ses yeux inacceptable. Elle dénonce les amalgames faits entre les différentes revendications, des Gilets jaunes et des lycéens, qui n’ont aucun lien les unes avec les autres", a condamné la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) ce mercredi après-midi.

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Les lycéens joignent leur colère à celle des Gilets jaunes

Du côté de l'exécutif, on estime cette révolte étudiante n'a pas lieu d'être. "Ils se mettent en danger" alors que "la révolte des gilets jaunes n'a aucun rapport avec les réformes scolaires", a estimé Jean-Michel Blanquer.  Selon nos informations, les services de renseignements ont relevé que "lors des rassemblements, à aucun moment les revendications lycéennes n’ont été affichées. La très grande majorité des lycéens ne s’est mobilisée que pour bloquer leur établissement et éventuellement en découvre avec les forces de l’ordre." Les autorités ont par ailleurs constaté que le mouvement pourrait faire tâche d'huile, puisque trois nouvelles dates de mobilisation ont d'ores et déjà été actées : jeudi, vendredi, ainsi que mardi prochain. 

Les parents d'une ado blessée portent plainte

Par ailleurs, les parents d'une lycéenne de Grenoble ont porté plainte après que leur fille a été selon eux gravement blessée au visage au cours d'une manifestation mardi. Selon la famille de l'adolescente, qui a témoigné de l'incident au Dauphiné Libéré, la lycéenne âgée de 16 ans aurait été atteinte "par un tir de flash-ball venant d'une unité de CRS" aux prises avec de jeunes manifestants sur un carrefour du centre-ville.


Suite à la déposition du père de la jeune femme mardi soir au commissariat de Grenoble, le parquet a indiqué avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour mener une enquête de flagrance et déterminer les circonstances de l'incident. "La jeune fille présente des blessures graves au visage qui vont occasionner une incapacité de travail supérieure à trois mois", a précisé à l'AFP le procureur de la République de Grenoble.


Scolarisée en classe de première dans un lycée grenoblois, la jeune fille a été hospitalisée mardi soir pour de "sérieuses lésions à la mâchoire inférieure, avec des fractures et des dents cassées", ont précisé ses proches au quotidien régional.

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La colère des Gilets jaunes ne s'éteint pas

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